Marre d'aller à la pompe à essence ? On vous comprend. Après des mois à tester les voitures électriques disponibles en France, nous sommes en mesure de vous proposer un tour d'horizon de ce secteur d'avenir.

Si vous suivez un tant soi peu l’actualité automobile, vous n’êtes pas sans savoir que l’électrique est dans tous les communiqués de presse. La motorisation thermique, si elle ne disparaîtra pas à court terme, a clairement du plomb dans l’aile et, passées quelques réticences, les constructeurs commencent à évoquer une électrification de toutes leurs gammes dans un délai de cinq ans maximum.

On ne va pas se mentir : pour l’heure, opter pour une voiture électrique plutôt qu’un modèle essence vient avec quelques désagréments. C’est soit cher (Tesla), soit pas suffisamment généreux en autonomie (tous, sauf Tesla), sans parler des stations de recharge encore peu présentes en France (si vous vivez en appartement, vous n’avez pas. nécessairement le choix) et de l’offre rachitique des constructeurs.

Pour autant, certains constructeurs ont déjà pris le pli depuis plusieurs années et proposent déjà des solutions intéressantes pour peu que l’on accepte certaines contraintes et que l’on soit prêt à mettre un peu plus cher au moment de l’acquisition (même avec le bonus écologique). En plus, pour certains trajets et dans certaines conditions, l’électrique est déjà un must-have.

Suivez le guide !

Les véhicules haut de gamme

Tesla Model S

Le futur, dès maintenant

Il suffit de monter dans une Tesla, d’attacher sa ceinture et de rouler quelques minutes avec pour se rendre compte ô combien la firme d’Elon Musk a un train d’avance sur la concurrence. Un avantage qui s’explique par une conception entièrement articulée autour de la motorisation électrique : là où certains adaptent (la eGolf), Tesla est parti d’une feuille blanche. C’est ce qui explique par exemple son choix d’installer les batteries sur le plancher, là où il y a le plus de place (autonomie de 400 km minimum).

En prime, les voitures américaines sont de vrais ordinateurs sur roues : elles sont régulièrement mises à jour pour accueillir/rectifier certaines fonctionnalités et se pavanent déjà avec de la conduite semi-autonome très fonctionnelle, sinon pratique, dans certaines situations.

La conduite d’une Model S : un bonheur inégalé

Du point de vue de la conduite, on nage dans le bonheur : une Model S 100D offre des performances assez inouïes et sportives malgré son look imposant et ses allures de grosse berline de luxe. Collée au bitume (gros plus pour la sécurité), elle revendique des accélérations franches et des reprises d’excellente tenue après un virage. Seul hic ? Dans l’habitacle, les finitions — hormis cet immense écran attirant le regard — trahissent le manque d’expérience de Tesla en la matière et contrastent avec le reste.

Bien sûr, il faut garder à l’esprit qu’une Model S arbore un prix qui n’est pas à la portée de toutes les bourses. En attendant le Model 3 en France (on ne connaît toujours pas son tarif d’ailleurs), elle représente aujourd’hui le meilleur de la mobilité électrique.

Tesla Model S, à partir de 80 200 euros.

Jaguar I-Pace

La féline électrique

 

Pas la plus technologique de cette sélection (elle n’a aucune assistance de conduite avancée), la Jaguar I-Pace est sans aucun doute celle qui a le plus de cachet. Pour son premier essai sur le marché 100 % électrique, le constructeur prestigieux ne se trompe pas. La I-Pace se destine moins aux technophiles qu’aux amoureux d’automobile pure. C’est sur ce point qu’elle fait toute la différence. 

Esthétiquement réussie avec ses lignes félines, la Jaguar I-Pace est un réel bonheur à prendre en main. Offrant la liberté d’opter pour les caractéristiques électriques vues ailleurs (frein moteur puissant pour récupérer un peu de batterie) ou pour une conduite plus typée thermique, la voiture est d’une polyvalence bienvenue. Une polyvalence qui permettra à certains de, peut-être, franchir le pas en douceur. 

Bien évidemment, la I-Pace se pare de finitions exemplaires et tout juste pourra-t-on rire de ce bruit artificiel dont on cherche encore l’utilité. 

Jaguar I-Pace, à partir de 78 380 euros.

BMW i3

La griffe BMW

Avec 100 000 voitures électrifiées vendues en 2017, BMW est loin d’être en reste sur le segment. Outre la sportive et très chère i8, on retrouve la plus abordable i3 dans sa gamme. En l’occurence un SUV compact et spacieux — même pour les grands gabarits — au look très futuriste et que vous avez déjà sans doute croisé dans nos rues. En termes de finitions, on navigue en terrain connu pour les amoureux de la marque : les matériaux inspirent la confiance et le confort s’en ressent.

La BMW i3 propose aussi une conduite très agréable et douce, notamment avec un frein moteur puissant. Pour pallier l’autonomie encore faible, la firme allemande propose une version avec un prolongateur. Il s’articule autour d’un petit moteur essence conçu pour recharger la batterie (il fonctionne comme un générateur). Avec lui, on passe de 200 à un peu plus de 300 kilomètres.

BMW i3 avec prolongateur d’autonomie, à partir de 42 950 euros.


Les reines de la ville

Nissan Leaf

Belle évolution

La première Leaf était moche et limitée. La deuxième génération vient gommer pas mal de ces défauts, à commencer par une silhouette beaucoup plus élégante. La berline 100 % électrique de Nissan ressemble enfin à quelque chose et les ingénieurs se sont retroussés les manches pour apporter des évolutions probantes à leur véhicule.

À l’instar des autres voitures électriques, la Leaf repose sur une accélération franche au démarrage et une conduite hyper fluide. Elle se distingue par sa technologie e-Pedal, offrant la possibilité de se passer totalement de la pédale de frein dans 90 % des situations. En prime, il existe une option ProPILOT ressemblant à un ersatz un peu moins poussé de l’Autopilote de Tesla. L’autonomie est en hausse — 250 kilomètres environ selon notre essai d’une semaine — mais pas encore suffisante pour partir en vacances l’esprit libre. À réserver aux trajets urbains et péri-urbains.

Nissan Leaf, à partir de 33 900 euros.

Renault ZOE

La Clio propre

Comme nous l’avons déjà évoqué, la Renault ZOE est la plus petite du lot. Elle ressemble à une Clio avec des formes un peu plus arrondies. À l’instar de la Leaf, les différentes améliorations intégrées au fil des ans concernent d’abord l’autonomie. Sur les modèles récents, elle atteindrait les 300 kilomètres en utilisation réelle. Sur le modèle que nous avons loué pendant trois ans, quand nous avions 150 kilomètres en réserve, nous étions heureux, mais la petite Zoé a fait des progrès depuis. À noter que Renault propose désormais la possibilité d’acheter la batterie. Auparavant, la location était imposée.

Point de vue confort et conduite, la ZOE va à l’essentiel et fait ce qu’on lui demande sans sourciller et sans jamais être prise à défaut (nous n’avons eu qu’un seul micro bug en trois ans). Contrairement aux autres, Renault ne pousse pas (encore ?) la conduite autonome sur sa voiture 100 % électrique.

Renault ZOE, à partir de 23 200 euros (hors location/achat de la batterie).

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