Même si pleins de petits détails permettent au Nissan Ariya de se distinguer, il s’attaque à l’un des segments où la concurrence est rude. Son design et surtout son intérieur ne seront peut-être pas suffisants pour marquer le coup en France. Voici notre essai de ce nouveau crossover électrique.

Avec un peu de retard sur le planning initialement prévu par la marque, le Nissan Ariya arrive enfin en concession. Après le succès de la Leaf, le constructeur japonais compte beaucoup sur ce crossover pour se relancer sur le marché de la voiture électrique. Ce nouveau modèle est en tout cas un gros changement pour la marque. Du design extérieur, à l’originalité de l’intérieur, en passant par le choix des motorisations, Nissan sort de sa zone de confort. Le pari sera-t-il payant ? Rien n’est moins sûr face à la concurrence.

Nous avons eu l’occasion de tester le Nissan Ariya avec sa petite batterie de 63 kWh sur les routes de Suède. Découvrez ce que nous avons pensé de cette nouveauté.

Un design extérieur très fluide

Pour son Ariya, Nissan a opté pour une nouvelle approche côté design. Les courbes de ce nouveau modèle électrique sont très fluides. Il y a bien quelques arêtes un peu saillantes pour structurer les lignes du Nissan Ariya. Reste que dans l’ensemble, on a quand même beaucoup de surfaces assez planes, ce qui dénote avec les tendances établies ces dernières années.

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La face avant de l’Ariya détonne. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Côté gabarit, Nissan Ariya fait 4,59 m de long pour 1,66 m de haut. C’est 38 cm plus long que la Mégane e-Tech, dont il partage la plateforme CMF-EV.

Ariya est à la fois suffisamment imposant pour flirter avec l’univers du SUV, tout en restant assez élégant pour s’intégrer comme crossover. C’est en tout cas un drôle de mélange des styles qui apporte à l’Ariya une certaine singularité, plutôt bienvenue au milieu de la concurrence actuelle.

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L’arrière du Nissan Ariya est plus musclé. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

On se demande presque si, sans son bouclier avant, ses arches de roues noires, ses bas-de-caisses proéminents et son extracteur arrière imposant, il n’aurait pas été encore mieux. Bien sûr, il aurait perdu ce qui lui permet d’affronter les SUV de la concurrence, mais il aurait peut-être encore gagné en finesse à la façon du design du Tesla Model Y. Le même look, dans un format comparable à la Nissan Leaf, pourrait certainement plaire à la clientèle européenne.

Nissan a mis le paquet sur l’intérieur

Nissan a vraiment cherché à se démarquer sur l’intérieur de son Ariya. Si certaines innovations peuvent paraître gadgets, cela a le mérite de sortir un peu du lot.

Parmi les originalités, Nissan Ariya propose une console centrale à réglage électrique. Cet îlot central flottant peut s’avancer ou se reculer pour s’aligner sur votre position de conduite. Nissan n’est pas le seul à proposer une console centrale mobile, mais rares sont ceux à le proposer de manière électrique.

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Intérieur du Nissan Ariya avec sa console flottante. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Pour rester dans le domaine du gadget électrique, la boite à gant s’active également électriquement par un bouton sur la console centrale. Comme avec Tesla, il faut prendre l’habitude du fait que ces rangements ne sont pas tout simplement manuels. Ils ont l’avantage de ne pas être ouvrables par d’éventuels voleurs, sans les clés.

Ce qui marquera vraiment la singularité dans l’intérieur de l’Ariya, ce sont les commandes à retour haptiques qui ne sont ni vraiment des boutons, ni vraiment une commande purement digitale. Il est assez déroutant de commander la clim ou le mode e-pedal directement à même le matériau, imitation bois, qui compose la planche de bord. Cette nouveauté soulève quand même la question de la longévité de la commande, à la fois concernant son fonctionnement que sur la qualité du marquage des touches qui pourrait disparaître au fil des ans.

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Nissan Ariya : les commandes à retour haptique. // Source : Nissan

Comme quasiment tous les véhicules électriques, Nissan Ariya est équipé de deux écrans 12,3 pouces pour l’instrumentation et l’infodivertissement. Il s’inscrit donc parfaitement dans la tendance du moment. Les acquéreurs du modèle peuvent aussi disposer (en option sur l’entrée de gamme) : d’un affichage tête-haute, du système audio Bose et du rétroviseur central caméra. Ce rétroviseur caméra est d’ailleurs un plus, comme sur Mégane e-Tech, car la visibilité arrière est un peu limitée.

L’intérieur du Nissan Ariya offre en tout cas beaucoup de confort et d’espace à bord, aussi bien pour les places avant qu’à l’arrière. Le coffre permet jusqu’à 468 litres de contenance, mais chute à 415 litres avec la version à 4 roues motrices.

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Coffre du Nissan Ariya. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Plusieurs petits détails de finitions, comme le double vitrage, ainsi que le choix des matériaux en font un environnement flirtant avec le premium. Nissan semble avoir vraiment pris soin de son intérieur. Il est assez qualitatif, agréable et pratique.

Comportement routier : Ariya fait le job !

Nissan Ariya est proposé à la vente avec 3 motorisations différentes. Nous avons eu l’occasion de tester la version de base équipée d’une batterie de 63 kWh et d’un moteur électrique de 160 kW (218 ch).

Voici les différentes déclinaisons disponibles pour le Nissan Ariya :

VersionTransmissionPuissanceCouple
Ariya 63 kWhTransmission2 roues motricesPuissance160 kW / 218 chCouple300 Nm
Ariya 87 kWhTransmission2 roues motricesPuissance178 kW / 242 chCouple300 Nm
Ariya 87 kWh e-4orceTransmission4 roues motricesPuissance225 kW / 306 chCouple600 Nm

Dans cette version entrée de gamme, il n’y a pas vraiment de reproche à apporter à la combinaison batterie/moteur. Le modèle invite à une certaine zénitude à son volant. Si vous cherchez quelque chose qui offre plus de performances, il faudra probablement regarder du côté de la version 4 roues motrices avec ses 306 ch.  

Si l’on se penche sur le comportement routier, ce Nissan Ariya n’apporte ni bonne ni mauvaise surprise. Sur route humide, on a pu constater que la gestion du couple du moteur électrique limitait presque trop le patinage. Cela casse un peu le côté fun des motorisations électriques et de leur couple immédiat, on se sent comme bridé.

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Le Nissan Ariya est déjà d’un bon gabarit sur route. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

La direction d’Ariya est assez directe, les suspensions sont réglées pour offrir un bon compris entre le confort et le dynamisme. Cela entraînera forcément un peu plus de prise de roulis, quand on pousse un peu le véhicule, mais cela permet d’avoir quelque chose de plus confortable pour tous les occupants. Ce n’est pas forcément du luxe face à d’autres concurrents au confort très, voire trop ferme, comme Volkswagen ID.5 ou Tesla Model Y.

Il y a quand même un changement de taille chez Nissan, c’est l’évolution du système e-Pedal. Sur la Nissan Leaf, la conduite à une pédale allait jusqu’à l’arrêt complet du véhicule. Ce n’est pas le cas sur l’Ariya. On a aussi un peu de mal à comprendre l’intérêt du mode B sur le sélecteur de vitesse, qui semble redondant avec le e-Pedal. Le freinage régénératif n’est pas vraiment géré de la même manière, mais la navigation entre les deux, et les différents modes de conduite embrouillent un peu le conducteur qui devra prendre ses repères.

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Des boutons qui n’en sont pas sur la planche de bord. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Nissan Ariya est également livré avec les aides à la conduite, dont le système ProPilot qui permet : le maintien dans la voie, le freinage anticipé dans les courbes (selon les indications GPS), l’assistant de conduite en embouteillage et l’ajustement de la vitesse aux limitations.

Une relative sobriété, à confirmer

Notre modèle, avec sa batterie de 63 kWh, est donné pour une autonomie de 398 à 403 km (wltp). Cela donne une consommation moyenne en cycle mixte compris entre 17,6 et 17,8 kWh/100 km. Vu le gabarit et le poids (près de 2 tonnes) du Nissan Ariya, cela n’est ni bon ni mauvais, c’est parfaitement dans la norme.

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Pack batterie sur le Nissan Ariya. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

L’essai de ce modèle s’est déroulé sur les routes de Suède, un pays où les autoroutes sont limitées à 110 km/h et le réseau secondaire à 70 km/h. Comme il y a un radar tous les 10 km sur les routes suédoises, nous avons surtout roulé de manière assez cool. Il faut dire que la météo pluvieuse n’invitait pas à trop d’extravagance. Notre consommation moyenne sur le trajet s’est stabilisée à 15,7 kWh/100 km, un bon résultat pour l’Ariya. Surtout que nous avions une bonne partie du temps la climatisation pour désembuer l’habitacle, à cause de la pluie, et les sièges chauffants activés pour se sécher. Si dans ce contexte, notre consommation est inférieure à la norme wltp, en France, il faut s’attendre à s’en approcher beaucoup plus.

D’ailleurs, en prenant le volant de notre modèle d’essai avec sa batterie chargée à 100 %, l’ordinateur de bord indiquait une autonomie de 431 km. Ce qui signifiait que le groupe d’essayeurs de la veille avait dû également réaliser une consommation assez basse.

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Nissan Ariya. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Pour la recharge, là encore, le Nissan Ariya ne fait pas vraiment d’étincelle, mais il n’est pas non plus à la traine. Il accepte jusqu’à 130 kW sur les bornes rapides (DC). Pour profiter de la puissance maximale de charge, il vaut mieux avoir pensé à préconditionner sa batterie avant d’arriver à la borne, surtout en hiver. Sauf que sur l’Ariya, c’est une fonction à déclencher manuellement. Ce n’est pas forcément évident pour tous les conducteurs d’y penser les rares fois où ils ont besoin de la charge rapide. Pour la recharge à domicile, le modèle est équipé de série d’un chargeur 7,4 kW. Un chargeur AC 22 kW existe en option sur les finitions supérieures nommées Evolve.

Un positionnement tarifaire sans grande surprise

Si Nissan espère beaucoup revenir sur le devant de la scène avec son Ariya en France, la tâche s’annonce quand même assez ardue. Peu de monde l’attend les bras ouverts. Il en aurait peut-être été autrement si le modèle était sorti un an plus tôt.

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Une signature lumineuse reconnaissable pour l’Ariya. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

En tout cas, si la marque mise sur le même succès que celui de la Leaf, 10 ans plus tôt, le réveil des Japonais pourrait être un peu difficile. Ils se sont lancés sur un des créneaux où la concurrence est une des plus féroces. Si au niveau européen, certains pays sont assez friands de cette catégorie de véhicules, la France n’est pour le moment pas vraiment le marché le plus réceptif à ces modèles qui débutent autour de 50 000 €.

Ariya 2 roues motrices – 63 kWhà partir de 47 300 €
Ariya 2 roues motrices – 87 kWhA partir de 54 400 €
Ariya 4 roues motrices – 87 kWhA partir de 57 400 €

Pour ne citer que quelques-uns de ses concurrents, on peut positionner le Nissan Ariya face à : Kia EV6, Hyundai Ioniq 5, Volkswagen ID.5, Skoda Enyaq iV coupé, Toyota bZ4x et forcément le Tesla Model Y, même s’il est un peu plus grand. Tous chassent à peu près la même clientèle sur la même fourchette de prix. Ce n’est pas tant que le Nissan Ariya est plus cher que d’autres modèles, ce n’est pas le cas à caractéristiques équivalentes. Par contre, il n’a rien à offrir de mieux que ses concurrents, si ce n’est des capacités supérieures et un peu d’originalité. C’est un avantage pour certains, mais cela ne fera pas tout pour séduire la clientèle.

Le verdict

Nissan Ariya // Source : Nissan
7/10

Nissan Ariya

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Si l’on ne devait juger le Nissan Ariya que sur son design extérieur et intérieur, on aurait pu lui attribuer une note supérieure. Sauf que dans cet essai, on dresse le portrait du véhicule dans son ensemble (motorisations, comportement routier, recharge, technologie embarquée, etc.) et on le compare à ce que propose la concurrence. Dans ce contexte, l’enthousiasme baisse, car l’Ariya n’a pas ce petit truc en plus qui pourrait marquer la différence. L’Ariya est un crossover électrique intéressant, agréable et confortable. Il n’a pas vraiment de défaut rédhibitoire. Il n’est juste pas forcément ce qu’on attend du constructeur japonais en France. Avec son positionnement tarifaire, le Nissan Ariya devient le véhicule haut de gamme du constructeur.

Est-ce qu’avec des batteries un peu plus petites (que 63 et 87 kW) et un budget du coup plus serré, il aurait pu marquer des points ? C’est possible. Sa fourchette tarifaire l’invisibilise, car il se retrouve noyé au milieu d’autres références qui ont déjà fait leur trou sur le marché. Il n’en reste pas moins que Nissan nous propose un grand crossover familial quasi premium, quand le marché français vibre pour des compactes ou des petits crossover à budgets raisonnables que la marque sait très bien produire : Leaf, Juke, Quashquai…