Après le SUV XC40, Volvo décline son premier modèle 100 % dans une version SUV Coupé nommée C40 Recharge. Cette nouveauté au catalogue du constructeur en est-elle réellement une ? Nous l’avons essayé pour en avoir le cœur net.

Rares sont les constructeurs à ne pas décliner leurs SUV dans une version Coupé. Volvo n’échappe pas à cette tendance forte du marché des SUV avec son nouveau C40. Simple déclinaison ou vraie nouveauté ? Ce modèle est dans tous les cas la deuxième étape de la marque dans son ambitieux programme d’électrification qui vise à ce que Volvo devienne 100 % électrique d’ici à 2030.

Le Volvo C40 n’est pas qu’un nouveau design extérieur, c’est aussi le premier crossover de la marque, le premier modèle disponible uniquement en motorisation électrique (BEV) et le premier à se passer complètement de cuir animal. Ceci dit une fois installé à son bord, on retrouve bien l’esprit Volvo, et surtout celui du Volvo XC40.

Quels changements au niveau du look ?

Crossover ou SUV Coupé, pas vraiment évident de faire la distinction entre ces deux appellations dont la définition varie sensiblement d’une marque à une autre. L’essentiel à retenir sur ce nouveau Volvo C40, c’est sa ligne de toit plongeante qui le différencie du XC40. C’est la caractéristique principale de ce modèle, même si les changements stylistiques ne s’arrêtent pas à cela.

Volvo C40 de profil // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
Le Volvo C40, de profil. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

On retrouve à l’avant la calandre fermée inaugurée sur le XC40 Recharge, mais les pare-chocs ont été modifiés pour intégrer de nouvelles entrées d’air et de nouveaux feux antibrouillard. Le travail sur les phares est une autre nouveauté du C40 Recharge sur lesquels on peut s’attarder un instant. Pour la partie esthétique, les feux avant et arrière reprennent la forme du marteau de Thor, une des signatures de la marque Volvo. Mais la nouveauté réside surtout dans la technologie employée sur les feux avant : chaque phare est composé de 84 pixels LED qui améliorent grandement la vision de nuit sans éblouir les autres usagers de la route (une technologie que l’on retrouve entre autres chez Audi). Petite coquetterie de cette technologie, les illuminations animées au déverrouillage du véhicule font toujours sensation.

Feux avant Pixel LED du Volvo C40 // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
Les feux avant de type Pixel LED du Volvo C40. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

À l’arrière, le travail sur l’aérodynamisme de cette version permet d’abaisser le coefficient de traînée (Cx) à 0,32. Pour donner un élément de comparaison, un Tesla Model Y est annoncé avec un Cx de 0,23. Alors même si l’aérodynamisme a été amélioré sur le C40, on est loin derrière d’autres références électriques, ce qui va jouer forcément sur les autonomies du modèle.

Enfin, le nouveau Volvo C40 inaugure une nouvelle teinte de lancement, un coloris bleu fjord que nous avions à l’essai, et qui réussit plutôt bien à ce Volvo C40 Recharge.

Volvo C40 // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
Une autre vue extérieure du Volvo C40. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Et à l’intérieur ?

Les changements reposent surtout sur les matériaux employés au sein de l’habitacle. On y retrouve plus de matériaux recyclés, notamment pour les moquettes au sol, les contreportes, mais aussi l’incrustation visible côté passager au niveau de la planche de bord, qui sont tous les trois composés de bouteilles plastiques recyclées.

Intérieur du Volvo C40 // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
L’intérieur du Volvo C40. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Les confortables sièges du C40 Recharge n’offriront plus d’option cuir animal, mais la finition en suédine est largement aussi plaisante au toucher. Là aussi, Volvo suit le mouvement de fond, et il est fort probable que l’ensemble de la gamme voit disparaître le cuir progressivement.

En dehors de ces deux nouveautés, l’esprit scandinave du design intérieur reste fidèle aux autres modèles du catalogue, les amateurs du XC40 ne seront pas dépaysés par l’environnement intérieur. Reste que la ligne de toit plongeante a une incidence sur la visibilité arrière qui se réduit drastiquement pour le conducteur, heureusement que les caméras 360° seront là pour aider à la manœuvre. Pour les occupants des places arrière, l’espace semble suffisant, mais il faut dire que notre version d’essai disposait d’un toit panoramique qui lève l’impression de confinement que l’on peut avoir à l’arrière de certains SUV Coupé.

Intérieur du Volvo C40 // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
Vue sur le siège conducteur du Volvo C40. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Ce qui ne change pas par rapport au XC40 : la taille du coffre (413 litres), le système audio haut de gamme « Harman Kardon », le système infotainment signé Google que l’on prend relativement vite en main, et les mises à jour « over the air » (à distance).

Les performances du C40

Les premiers modèles livrés le seront avec la motorisation la plus élevée (408 chevaux, ch) à transmission intégrale et en finition « First Edition » (toutes options). Courant 2022, une seconde motorisation traction sera proposée avec 231 ch.

L’essai de la motorisation nommée Twin Recharge nous a permis d’apprécier que la puissance de 408 ch était bien là lors des phases d’accélération appuyées. Mais, à vrai dire, même si le C40 peut se montrer vif, on apprécie plus largement de le conduire d’une manière plus apaisée, afin de profiter pleinement de son confort.

Avec 150 kW (204 ch) sur chaque essieu, cette motorisation conviendra à ceux qui cherchent plus spécifiquement un modèle disposant d’une transmission intégrale pour une adhérence maximale, peu importe les conditions météo. Si vous recherchez un modèle pour rouler de manière douce et avec une meilleure efficience, il semble plus intéressant d’attendre la seconde motorisation de 231 ch qui arrivera en 2022.

Au volant du Volvo C40 // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
Au volant du Volvo C40. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

Il n’y a pas de gros défauts dans le comportement routier du C40 Recharge, le confort prime, mais le modèle garde suffisamment de dynamisme pour être agréable sur des petites routes. Il ne faudrait quand même pas trop le pousser vers une conduite sportive, sinon on peut avoir l’impression que le véhicule prend du roulis.

Son gabarit de 4,44 mètres n’est pas trop déroutant pour une prise en main au milieu du trafic dense de Paris et ses environs, en tout cas, comme souvent dans les modèles Volvo, on se sent en sécurité à bord du véhicule.

Autonomie et recharge du Volvo C40

Si jusque là on avait peu à lui reprocher, la question de l’autonomie et de la consommation apporte quand même un bémol sur le portrait de ce C40. La batterie du Volvo C40 est pourtant théoriquement suffisante avec 78 kWh (75 kWh utiles). Mais, on a ici un véhicule premium, bien équipé et donc lourd (près de 2,2 tonnes), s’ajoute à cela un aérodynamisme moyen, pour un véhicule puissant avec ses deux moteurs offrant 300 kW (ou 408 ch).

Essai du Volvo C40 // Source : Raphaelle Baut pour Numerama
Vue arrière du Volvo C40. // Source : Raphaelle Baut pour Numerama

En conséquence, la norme WLTP donne une consommation de 20,7 à 22,3 kWh/100 km sur le cycle mixte, soit une autonomie de 441 km. Sur notre essai, dans des conditions hivernales et avec quelques accélérations, la consommation a vite flirté avec les 25 kWh/100 km au bout de la première partie de notre boucle de test. On a retrouvé la fourchette de la norme WLTP sur le retour en jouant sur une conduite plus écologique. C’est toujours mieux que sur le XC40, mais c’est quand même beaucoup pour pouvoir se lancer dans de longs trajets routiers sans avoir une petite anxiété quant à l’autonomie.

Si le système « one pedal » permet de récupérer un peu plus d’énergie à la décélération sans avoir à utiliser le frein, il sera surtout adapté dans une circulation urbaine. Le système de régénération ne sera pas suffisant pour rendre le véhicule réellement plus efficient. Volvo passe à côté de modes de régénération plus intelligents et qui pourraient vraiment apporter un plus à la conduite en termes de confort, à défaut de permettre de faire baisser les consommations.

Mode One Pedal du Volvo C40 // Source : Volvo
Le mode One Pedal du Volvo C40. // Source : Volvo

Pour la recharge, le Volvo C40 accepte jusqu’à 150 kW sur les bornes rapides, et 11 kW pour la charge à domicile. Une charge de 10 à 80 % sur une borne 11 kW se fait en 6 heures, et le 0 à 80 % sur une bonne rapide en 40 minutes environ, ce qui est globalement dans la moyenne.

Notre version d’essai « First Edition » est commercialisée à 62 250 €, il faudra attendre courant 2022 pour que d’autres motorisations et finitions rendent le modèle un peu plus accessible, et surtout éligible au bonus écologique.

Le verdict

Le Volvo C40 Recharge apporte son lot de nouveautés que ce soit au niveau du design extérieur avec sa ligne de toit plongeante et ses nouveaux phares, qu’à l’intérieur qui intègre plus d’éléments recyclés, tout en gardant le style scandinave apprécié des clients. L’ADN Volvo n’est pas dénaturé, le Volvo C40 est confortable et sûre. L’ensemble est assez réussi, mais si le confort est très appréciable à son bord, les consommations et donc l’autonomie nous déçoivent un peu, même si le C40 fait mieux que le XC40 en la matière. C’est sûrement l’élément qui tempère notre enthousiasme sur cette nouveauté.