Volkswagen a tenté de faire croire qu'il allait se renommer Voltswagen aux États-Unis, en référence à une stratégie davantage axée sur la mobilité électrique.

Non, Volkswagen of America ne deviendra pas Voltswagen of America. L’hypothèse avait pourtant été évoquée par CNBC puis reprise massivement par plusieurs médias, après la fuite d’un communiqué le 29 mars. Elle a même été confirmée après un tweet de Volkswagen, dont le compte a changé de nom (en Voltswagen, donc). Sauf qu’il s’agit d’une blague, rapportent Reuters et le Wall Street Journal le 30 mars.

« Nous ne voulions pas induire en erreur. C’était juste une action marketing pour parler du ID.4  », a confirmé un porte-parole du constructeur allemand, forcé de rétropédaler dans les médias.

Le constructeur allemand s’était dit qu’un (mauvais) poisson d’avril pour mettre en avant son SUV compact 100 % électrique serait une bonne idée. Le mot Voltswagen est en effet un habile (ou pas) jeu de mot avec « volt », l’unité de mesure de la tension électrique.

« On sait, 66 ans, c’est un âge inhabituel pour changer de nom, mais nous avons toujours été jeunes dans notre cœur. Voici Voltswagen. C’est comme Volkswagen, mais avec une focalisation sur la conduite électrique. Ça commence par notre nouveau SUV ID.4, disponible dès aujourd’hui  », affichait le tweet de la multinationale, dans un sérieux le plus total, le 30 mars.

Le poisson d’avril discutable de Volkswagen

Volkswagen aura au moins réussi une chose avec ce poisson d’avril (un porte-parole a confirmé qu’il s’agissait bien d’essayer de jouer avec la date du 1er avril pour appuyer l’effet comique) : la firme a fait parler d’elle pendant plusieurs jours, ce qui est toujours positif pour soutenir le lancement d’un produit. Mais Volkswagen est sans aucun doute allé un peu loin. Pour preuve, Barron’s, site spécialisé dans l’information financière, s’est fendu d’une tribune expliquant pourquoi ce changement était très important. On n’ose imaginer la réaction de son auteur quand il a découvert que c’était un vaste canular.

L’avant du SUV Volkswagen ID.4 // Source : Volkswagen

En s’intéressant à la blague au timing raté, il est difficile de ne pas la trouver d’un goût discutable. Quand on est un constructeur historique, changer une lettre de son nom revient à entacher une partie de son héritage, perpétré depuis des décennies. En prime, miser sur un jeu de mots pour asseoir sa nouvelle stratégie ne fait pas très sérieux. Beaucoup trop installé sur son marché (numéro 2 mondial en 2020), Volkswagen ne peut toutefois pas tout se permettre.

Si la bourse a été plutôt clémente avec l’entreprise, certains internautes n’ont pas goûté à ce poisson d’avril. « C’est pire que le dieselgate  », lance Ryan Miller. « Si vous êtes sérieux avec ce changement de nom, pourquoi n’est-il pas global ? On dirait du greenwashing. J’espère que les Américains ont oublié votre trahison du dieselgate  », souligne Techgnostik. En somme, dès que Volkswagen fait un pas de travers, il y aura toujours quelqu’un pour lui rappeler le scandale ayant sérieusement écorné son image.

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo