L'engouement Pokémon Go est passé. Il n'empêche qu'avec la dernière mise à jour de l'application, Niantic montre qu'il prend toujours soin de son bébé. Peut-on retomber dedans pour autant ? Cela dépend.

Pokémon Go, en tant que phénomène, est passé. À l’été 2016, le jeu vidéo de Niantic avait créé un raz-de-marée comme nous n’en avions pas vu depuis l’invention des applications mobiles. Des milliers de joueurs, de tous les âges et de tous les horizons, passaient les beaux jours à arpenter les rues des villes pour chasser les Pokémon. L’effervescence autour du titre aura duré au moins autant que les rayons du soleil et le nombre de joueur a commencé à baisser au moment où le froid a touché les territoires où l’application cartonnait.

De notre côté, il faut avouer que nous avons très peu ouvert l’application depuis août dernier : comme des joueurs qui ne sont pas des fans hardcore de la licence, une fois les subtilités du titre démasquées, nous nous sommes lassés. De même, phénomène communautaire avant tout, Pokémon Go prenait toute sa grandeur quand on pouvait y jouer entre amis : quand une personne arrête, les autres suivent bien souvent.

Nous avons pourtant relancé l’application avec la grosse mise à jour de la semaine dernière. Voir de nouvelles bouilles de Pokémon apparaître un peu partout dans les rues virtuelles de Paris et de la banlieue nous a motivé. L’occasion, après ces quelques jours à retrouver Pokémon Go, de faire un bilan sur les évolutions de l’application.

Une vraie interface dans un jeu toujours bugué

En allumant l’application pour la première fois depuis six mois, on retrouve vite nos repères. Pokémon, œufs et objets n’ont pas changé de place. Cela dit, on remarque également que Niantic a bien travaillé sur l’intégration générale de l’interface de Pokémon Go. Les menus sont plus fluides, plus jolis et (ce n’était pas difficile), plus pratiques. La possibilité de choisir ses Pokéball directement depuis une barre plutôt que depuis un onglet est bienvenue. Les icônes pour trier les Pokémon sont également plus claires et mieux définies pour les nouveaux utilisateurs.

On se plaît également à constater les différentes améliorations du jeu depuis l’été :  la mécanique basée sur les séries (une action à faire tous les jours) rapporte pas mal d’expérience (même si la méthode Roucool est invaincue). Même chose du côté des lags généraux et ses incohérences qu’on constatait il y a quelques mois : le jeu est maintenant beaucoup moins aléatoire sur les Pokémon qui apparaissent ou sur les distances parcourues. C’est beaucoup moins rageant qu’au lancement du jeu où l’application ne prenait en compte que des lignes droites.

Pokémon Go reste encore une application bourrée de bugs

Cela dit, Pokémon Go reste encore une application buguée. Sur l’iPhone 7 Plus de la rédaction, c’est pire qu’avant : l’application crash systématiquement depuis la mise à jour. Le lieu et l’action importent peu et nous n’avons pas trouvé de schéma reproductible. L’application décide de se fermer et nous laisse que le choix de la relancer (entre temps, elle peut en revanche crasher plusieurs fois au lancement). Étrange, mais Niantic n’a pas habitué sa communauté à des jeux irréprochables.

Le radar sert enfin à quelque-chose

L’amélioration la plus radicale de Pokémon Go depuis quelques mois, c’est probablement le radar à Pokémon. D’abord sorti en bêta pour quelques utilisateurs, il a été diffusé à tout le monde par la suite. Ce n’est pas une nouveauté de la dernière version, mais le nouveau radar est exactement ce qu’il aurait dû être depuis le début : un outil au service du gameplay.

Désormais, les Pokémon aperçus sur le radar ne sont pas positionnés n’importe où dans un rayon de plusieurs centaines de mètres. Votre radar de poche vous donne le Pokéstop le plus proche. Il faut ensuite regarder le nombre de pattes pour estimer la distance : bien mieux fichu que l’ancien radar qui ne marchait tout simplement pas. Et cela rend un poil inutile les applications et autres services qui essayaient de résoudre ce souci de gameplay du jeu original.

Cela dit, l’apparition des Pokémon semble être revenue un cran un arrière depuis la mise à jour. Alors que Niantic avait fait des efforts de diversification sur les premiers Pokémon, on a l’impression que les Fouinette ont remplacé les Roucool et les Rattata. On trouve ces Pokémon de deuxième génération littéralement partout. Il est possible que Niantic ait de nouveau modifié les paramètres de son jeu pour que les dresseurs les plus chevronnés ne trouvent pas tous les nouveaux Pokémon en quelques heures de jeu.

Fouinette is the new Roucool

Va-t-on y rejouer pour autant ?

Toute la question est de savoir si ces améliorations significatives, qui auraient pour la plupart dû être implantées dès le lancement du jeu, vont permettre de faire revenir des joueurs après la phase de découverte. Dans les rédactions de FrAndroid et de Numerama, la réponse à un petit sondage est négative : tout au plus les curieux testent les nouveautés rapidement quand ils y pensent. Les autres passent leur chemin.

Pour des personnes qui n’ont pas été des fans de Pokémon mais qui ont simplement suivi le phénomène de loin, la deuxième génération déployée avec la mise à jour est déjà une langue étrangère. Si Pikachu est une icône presque universelle de la pop culture, comme peuvent l’être quelques autres Pokémon des premiers jeux et des premières saisons, il faut s’être passionné pour l’univers des petits monstres japonais pour connaître les créatures suivantes. Dès lors, pour celui ou celle qui a rapidement décroché, les nouveaux Pokémon ne touchent plus aucune fibre nostalgique. Au mieux découvre-t-on, des années après tout le monde, de nouvelles créatures étranges.

Pour ceux qui ne sont pas fans, la deuxième génération est une langue étrangère

Pour le fan de la série et de l’univers Pokémon, il manque encore et toujours un point clef pour rendre le jeu vraiment passionnant : les interactions entre les joueurs. Échanger des Pokémon, créer des guildes ou combattre au tour par tour comme dans le jeu original : voilà autant d’actions dont la communauté rêve et que Niantic tarde à développer. Les systèmes d’arènes, certes améliorés depuis la première version, restent des combats d’agilité tactile un brin confus — loin du jeu de combat tactique originel.

Alors non, le Roucool aux œufs d’or Pokémon Go n’est pourtant pas prêt de s’arrêter. Les finances sont toujours au beau fixe pour Niantic et il reste au studio des tas de générations à sortir dans son application pour arriver à la vision de son fondateur. Une fois que cela sera terminé, peut-être que le studio tournera la page. Mais quand on voit que Rovio continue à sortir des Angry Birds, on se dit que cela n’est pas pour demain.

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