2020 a été riche en découvertes et événements dans le domaine de l'astronomie. Voici les actualités les plus marquantes que l'on retiendra probablement de cette année.

Le tout début de la décennie restera inévitablement associé à la pandémie mondiale de coronavirus. Néanmoins, on pourra se souvenir de l’année 2020 pour d’autres raisons : dans le champ de l’astronomie, notamment, plusieurs événements notables se sont produits au cours de ses 366 jours.

Voici ceux que la rédaction de Numerama a suivis avec attention, enthousiasme ou émotion, cette année.

15 février :  la « mini-lune » 2020 CD3

Un satellite temporaire de la Terre, aussi surnommé « mini-lune », a été découvert le 15 février. Le Centre des planètes mineures a officialisé son existence quelques jours plus tard, le 25 février. 2020 CD3 est le deuxième astéroïde connu en orbite autour de la Terre (après 2006 RH120 en 2006-2007). On estime qu’il a dû être capturé en 2016 par la Terre et qu’il a dû la quitter en 2020. Même après son départ, les données qui avaient été collectées ont été exploitées pour mieux cerner les caractéristiques de l’objet.

27 mars : la comète C/2020 F3 (NEOWISE)

La superbe comète C/2020 F3 (NEOWISE), découverte le 27 mars, n’est pas passé inaperçue cette année. Elle a offert un spectacle saisissant au cours de l’été en devenant visible à l’œil nu. À un certain moment, elle est même devenue visible tout au long de la nuit. Son passage au plus près de notre planète a eu lieu le 23 juillet. Sa visite dans les environs terrestres était un spectacle rare, car C/2020 F3 (NEOWISE) ne reviendra pas avant plus de 6 000 ans.

20 avril : la fusion de trous noirs de masses très différentes

C’était une première, annoncée le 20 avril : l’année précédente, une fusion entre deux trous noirs de masses sensiblement différentes a pu être observée grâce à un signal d’ondes gravitationnelles. D’un côté, un trou noir pesant environ 30 fois la masse du Soleil ; de l’autre, un trou noir « d’à peine » 8 masses solaires. La découverte de cet événement est importante, car il conforte les scientifiques dans l’idée que de tels systèmes de trous noirs avec des masses différentes pourraient être assez courants.

27 avril : un sursaut radio rapide détecté dans la Voie lactée

Avant ce jour-là, le 27 avril, jamais un sursaut radio rapide n’avait été détecté à l’intérieur de la Voie lactée. Découverts en 2007, les sursauts radio rapides sont des sortes de rafales lumineuses, associées à des ondes radio dont la durée s’exprime en millisecondes. Quelques mois après la détection d’avril, rapportée par plusieurs observatoires, des scientifiques sont arrivés à plusieurs conclusions importantes : non seulement c’est le premier sursaut radio rapide détecté à l’intérieur de la Voie lactée, mais c’est aussi le premier sursaut radio rapide associé à un magnétar (des étoiles à neutrons possédant un champ magnétique très puissant).

6 mai : le trou noir le plus proche de la Terre connu

La découverte d’un trou noir situé à seulement 1 000 années-lumière de notre planète a été annoncée le 6 mai. Il s’agit du trou noir le plus proche de la Terre détecté jusqu’alors. En plus de sa proximité, l’objet présente la particularité de ne pas avoir d’interaction avec son environnement, ce qui laisse soupçonner qu’il y a peut-être une population entière de trous noirs calmes à découvrir. Néanmoins, vers la fin de l’année d’autres scientifiques ont remis en cause l’hypothèse selon laquelle ce trou noir existerait bien.

21 juin : une éclipse annulaire de Soleil

La première éclipse solaire de 2020 était aussi la quinzième éclipse annulaire du 21e siècle. Elle s’est produite le 21 juin. Son maximum était observable depuis l’Asie. Le Soleil, la Lune et la Terre se sont alignés, et les observateurs ou observatrices les mieux placés ont pu voir le disque solaire pas totalement occulté par la Lune, formant une sorte d’anneau brillant pendant quelques instants.

Éclipse solaire du 21 juin 2020. // Source : Flickr/CC/DraconianRain (photo recadrée)

2 septembre : les trous noirs intermédiaires

Le 2 septembre, la connaissance des trous noirs a encore progressé : l’existence de trous noirs de masse intermédiaire a enfin été prouvée directement. Ces objets sont plus lourds que les trous noirs stellaires, nés de l’effondrement d’étoiles, et plus légers que les trous noirs supermassifs, au centre de grandes galaxies. À nouveau, ce sont des ondes gravitationnelles qui ont été détectées, issues de la rencontre de deux trous noirs intermédiaires. C’est la fusion de trous noirs la plus massive détectée grâce à ce type de signal.

14 septembre : la phosphine sur Vénus

La détection de la phosphine, un gaz, dans l’atmosphère de la planète Vénus annoncée le 14 septembre a été le point de départ d’un véritable « feuilleton » scientifique, riche en rebondissements. Une confusion entre la présence de ce gaz et la présence de « signes de vie » a pu être faite. Or, en aucun cas cette découverte ne peut, en l’état, permettre de tirer la conclusion d’une vie existant sur Vénus. Au cours des semaines suivantes, d’autres travaux ont émergé, remettant en cause la fiabilité de la détection. L’équipe à l’origine de la découverte a répondu aux critiques. Suite au prochain épisode.

6 octobre : l’opposition de Mars et le prix Nobel de physique

La planète Mars n’avait pas été aussi proche de la Terre depuis 15 ans, le 6 octobre. Ce jour-là, les deux planètes étaient séparées de 62 millions de kilomètres. Ainsi, Mars se trouvait très brillante et facile à voir à l’œil nu à cette période. Pour revivre un tel rapprochement entre la Terre et Mars, il faudra attendre 2029.

Le même jour, un autre événement important s’est produit dans l’histoire de l’astronomie : le prix Nobel de physique a récompensé trois scientifiques pour leurs travaux sur les trous noirs : Roger Penrose, Reinhard Genzel ainsi qu’Andrea Ghez.

1er décembre : l’effondrement du radiotélescope d’Arecibo

Un symbole de l’astronomie a disparu dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre : le radiotélescope d’Arecibo, situé à Porto Rico, s’est effondré. Les câbles qui maintenaient la plateforme d’instruments suspendue à 140 mètres au-dessus de l’antenne parabolique ont cédé. Quelque temps plus tôt, la décision de mettre l’observatoire emblématique hors service avait dû être prise, car l’infrastructure avait subi trop de dommages pour espérer pouvoir être réparée. L’émetteur du célèbre message d’Arecibo n’est plus, après presque 6 décennies de fonctionnement.

14 décembre : une éclipse totale de Soleil

La deuxième éclipse solaire de l’année a eu lieu le 14 décembre. Il s’agissait d’une éclipse totale. La phase de totalité a pu être observée depuis le Chili et l’Argentine, malgré quelques aléas météorologiques. Pour assister à une éclipse de Soleil, il faut non seulement être en journée, mais aussi se trouver à l’intérieur de la bande étroite formée par le passage de l’ombre de la Lune, projetée à la surface de la Terre.

21 décembre : la grande conjonction de Jupiter et Saturne

Quelques jours avant Noël, une conjonction très serrée entre Jupiter et Saturne s’est produite, le 21 décembre. En tout début de nuit ce soir-là, la distance apparente entre les deux planètes était minimale. Cet événement est rare : il ne se reproduira pas dans les mêmes conditions avant plusieurs décennies.

Crédit photo de la une : Flickr/CC/MotloAstro & Flickr/CC/Kevin Gill, images recadrée et montage Numerama

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