Au sein du système HR 6819, des scientifiques ont rapporté cette année avoir découvert le trou noir le plus proche connu. Mais cette interprétation n'est pas la seule possible, selon d'autres chercheurs.

Il y a quelques mois, on apprenait la découverte du trou noir le plus proche de la Terre connu. Mais s’agit-il vraiment d’un trou noir ? Depuis, d’autres travaux de recherche ont mis en doute l’idée que le système, nommé HR 6819, abrite bien un trou noir, a repéré ScienceAlert ce 20 octobre 2020. Une étude est notamment parue début septembre dans Astronomy & Astrophysics.

Ses auteurs proposent une autre explication sur la nature de HR 6819 et de ses composants. « Ce travail montre que le système HR 6819 peut être expliqué sans invoquer la présence d’un trou noir de masse stellaire », écrivent les auteurs. L’hypothèse selon laquelle ce système abrite un trou noir avait déjà été remise en question dans une publication parue dans The Astrophysical Journal Letters (fin juillet) et dans une prépublication déposée sur arXiv (fin juin).

Localisation du système HR 6819, dans la constellation du Télescope. // Source : ESO, IAU and Sky & Telescope

Les scientifiques qui ont annoncé la découverte en mai ont avancé que le trou noir était logé dans ce système triple, et qu’il était associé à deux étoiles compagnons. Leur étude de HR 6819 laissait soupçonner qu’un objet invisible composait le système, et que l’étoile située la plus à l’intérieur du système était en orbite autour de ce trou noir, avec une période de 40 jours. La masse du trou noir a alors été estimée à 4 fois celle du Soleil. Le calme apparent de cet objet, n’aspirant pas de matière, a particulièrement étonné les chercheurs.

HR 6819 pourrait être un système binaire

Mais le raisonnement qui soutient de telles conclusions est-il assez robuste ? Pour les chercheurs à l’origine de l’étude parue dans Astronomy & Astrophysics en septembre, HR 6819 serait plutôt un système binaire, c’est-à-dire composé de deux corps. Il y aurait d’un côté une étoile principale de type B (très lumineuse et chaude) et de l’autre une étoile Be (à très grande vitesse de rotation). « Dans le cadre de cette interprétation, HR 6819 ne contient pas de trou noir », notent les scientifiques.

La question n’est donc pas tranchée. « Un test final pour révéler la configuration du système et la nature de ses composants ne peut être donné que par une mesure indépendante de la séparation entre les composants visibles », estiment ces auteurs. Pour tester les scénarios envisagés, les scientifiques pensent qu’il faudrait utiliser l’interférométrie, une technique de mesure qui exploite les interférences lumineuses. Ainsi, il sera peut-être possible de cerner enfin « la nature de ce système intrigant ».

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo