Vous n'avez jamais conduit de scooter mais vous voulez vous laisser tenter par un deux-roues électrique ? Vous conduisez un thermique mais souhaitez passer à une alternative moins polluante ? Voici nos conseils pour bien choisir votre scooter électrique.

Le marché du scooter électrique est en pleine expansion et il devient de plus en plus difficile de s’y retrouver. Que vous ayez envie de délaisser votre deux-roues thermique pour une alternative (un peu) moins polluante ou que vous débutiez complètement, il y a plusieurs informations qu’il est bon de connaître pour trouver le modèle adapté à vos besoins.

Quelle est l’autonomie minimum acceptable d’un scooter électrique ? Une batterie non amovible est-elle rédhibitoire ? Faut-il privilégier un équivalent 50 ou 125 ? Quel montant est-il raisonnable de dépenser pour un deux-roues électrique ?  On fait le point.

Le Niu M+ // Source : Louise Audry pour Numerama

Un beau scooter électrique, ça existe ?

Vous le pensez très fort et vous avez raison : les scooters électriques se ressemblent beaucoup. C’est notamment le résultat d’une grosse mobilisation de la Chine, qui est un acteur majeur du secteur : de nombreuses entreprises chinoises fabriquent des modèles bruts en marque blanche et les revendent ensuite à des constructeurs qui les améliorent à leur sauce — c’est pourquoi peut par exemple retrouver des modèles quasi similaires au scooter Emma de Easy-Watts, vendus à des prix différents.

Globalement, il y a trois types d’esthétique des scooters électriques :

  • Petit gabarit et gros phare avant. Niu, le leader chinois (en termes de volume) sur le marché, a imposé une mode du « petit scooter avec un gros phare avant » qui est désormais partagée par de nombreux autres fabricants.
  • Imitation Vespa. Évidemment, il y a la Vespa Elettrica. Mais pour celles et ceux qui n’ont pas 6 000 euros à mettre dans un scooter électrique équivalent 50cc, il y a aussi les imitations plus ou moins réussies, comme le e-swan ou l’econeco Revival.
  • L’urbain « stylé ». C’est le modèle popularisé par Unu avec son premier modèle classique, ses formes arrondies, son gros phare et ses clignotants ronds saillants. Il est aussi beaucoup imité pour viser un public urbain ou « féminin » (insérer ici : yeux levés vers le ciel). Paradoxalement, Unu a préféré délaisser ce look pour se rapprocher de celui du Niu avec son nouveau modèle, moins chargé.
Le modèle Unu classique // Source : Julien Cadot pour Numerama

Il faut bien sûr des exceptions pour confirmer ces règles, comme le Doohan iTank avec ses deux roues avant ou les scooters Askoll qui assument leurs différences. Vous vous fondrez moins dans le paysage, mais est-ce un problème ?

Équivalent 50 ou 125 ?

La première chose à savoir, c’est à quelle vitesse maximale vous souhaitez pouvoir rouler. Il y a une grande différence entre un scooter équivalent 50, qui sera plafonné à 45km/h, et d’autres qui peuvent atteindre facilement les 80km/h.

Tout le monde peut conduire un équivalent 50, il suffit d’avoir le BSR ou le permis B. En revanche si vous souhaitez viser plus haut, il faudra passer la « formation 125 » obligatoire depuis 2011. L’attestation est délivrée par les auto-écoles après 7 heures de formation et une facture qui peut monter jusqu’à 300 euros.

Au-delà des autorisations légales, il convient ensuite de réfléchir à l’utilisation du véhicule : un équivalent 50 cc vous restreindra à une conduite 100 % urbaine, tandis qu’un scooter plus puissant vous permettra d’emprunter le périphérique, les départementales et nationales. Pour rouler en ville, les scooters limités à 45km/h sont suffisants, mais il faut vérifier qu’ils atteignent bien cette vitesse ; les scooters électriques « premiers prix » comme le EcoNeco S1 ou le Emma, peu chers, plafonnent par exemple à 41km/h, ce qui peut être légèrement frustrant si vous avez l’habitude de conduire un deux-roues en ville.

Le S1 de EcoNeco // Source : Marie Turcan pour Numerama

Certains scooters, comme le Askoll eS3, se situent entre les deux avec une vitesse maximale de 65km/h, et c’est une solution alternative intéressante pour ne pas avoir l’impression d’être constamment dépassé sur le côté en ville.

Bruit artificiel

Oui, un scooter électrique fait beaucoup moins de bruit qu’un thermique, mais ça ne veut pas dire qu’il est totalement silencieux. Lorsque vous essayez l’appareil, prêtez l’oreille : il peut y avoir plusieurs sources de bruit extérieures, et certaines peuvent être agaçantes si vous n’y êtes pas préparés.

  • Le bruit artificiel de l’accélération : Si vous avez l’habitude d’emprunter des scooters en libre-service, le modèle Gogoro de la startup COUP est un bon exemple. Lorsque vous accélérez, le deux-roues émet une sorte de bruit métallique qui s’amplifie à mesure que vous prenez de la vitesse. Il n’est pas « naturel », mais il permet d’avoir conscience que l’appareil avance. Certains modèles sont plus bruyants que d’autres : c’est à vous de voir si vous préférez être rassurés et entendus de loin, ou si vous privilégiez le silence complet.
  • Le bruit des clignotants : Là encore, le choix revient entièrement au constructeur : certains préfèrent incorporer un bruit sourd et répétitif (c’est le cas des COUP, justement), d’autres sont entièrement silencieux.
  • Le bruit de « veille » : C’est étrange, mais ça existe : certains scooters électriques émettent un « bip » régulier pour signifier qu’ils sont en marche. Nous l’avons notamment constaté sur sur le Askoll eS3, un scooter bonne facture, mais qui peine à se faire discret à cause de ce petit son redondant.
Scooter Askoll eS3 // Source : Marie Turcan pour Numerama

Batterie amovible ou non ?

Un scooter électrique a forcément, au minimum, une batterie. Elle peut être amovible ou non, alors faites-y attention : il n’y a rien de plus frustrant que de tomber sur un scooter qui vous plaît, aussi bien au niveau du prix, de sa vitesse et de son look, et de réaliser qu’il n’a pas de batterie amovible, alors que vous ne disposez pas d’un garage ou d’une prise accessible chez vous.

En général, les scooters équivalents 50 sont pourvus d’une batterie qu’il est possible de retirer, mais les branchements sont plus ou moins instinctifs : si certains misent sur la praticité (comme le prochain Unu prévu pour 2020), d’autres ont encore des câbles et connexions assez rudimentaires qui demandent un temps d’adaptation (ce point a par exemple été modifié dans la nouvelle version du scooter Askoll).

Reste une caractéristique importante : le poids de la batterie. Au-delà de 15kg, le bloc va être très difficile à transporter — c’est le cas du scooter e-presto 125, qui a de nombreuses qualités à l’exception de son imposante batterie de 17 kg, quasiment impossible à porter sur plusieurs étages sans frôler la crise d’asthme à chaque voyager. En moyenne, les batteries des équivalents 50cc pèsent rarement moins que 9 kilos, et leur forme joue beaucoup dans la répartition du poids. Certains préfèrent un bloc vertical (comme le Niu ou le LVE S5), d’autres une répartition plus horizontale (comme le Super Soco).

Les deux batteries du scooter électrique LVE S5 // Source : Louise Audry pour Vroom/Numerama

Plusieurs deux-roues disposent de deux batteries (en option ou non), à l’image du LVE S5. C’est utile lorsque vous partez pour un long trajet : il suffira de faire une pause sur le bas-côté, débrancher le câble de la batterie vide pour se connecter à celle qui est encore pleine. Mais attention au niveau de la recharge, car si vous abusez trop de ce système, vous devrez recharger les deux batteries en même temps (on vous rappelle le poids de la bête : c’est à éviter).

Plus la vitesse du scooter et son autonomie augmentent, plus il y a des chances que la, ou les batteries, ne soient pas amovibles : c’est le cas du Français eccity 125 par exemple, qui est rechargeable sur certaines bornes AutoLib’ (R.I.P.) ou sur prise électrique classique.

Quelle autonomie attendre d’un scooter électrique ?

L’autonomie du scooter est très importante, et elle sera directement impactée par votre choix de vitesse maximale. Si votre engin va très vite, il va consommer plus d’énergie et donc son autonomie sera moindre. C’est pour cette raison que sur certains véhicules, le niveau de la batterie affiché sur le compteur baisse lorsque vous passez au mode de vitesse supérieure (c’est le cas sur la moto Super Soco TC Max) — un peu comme si votre voyant d’essence baissait lorsque vous passez la cinquième en voiture.

Des scooters comme le ePresto 125 contrebalancent ce phénomène en ayant une batterie très lourde, d’autres avec plusieurs batteries amovibles, d’autres encore en ne proposant des batteries fixes, uniquement rechargeables sur secteur.

Globalement, une autonomie inférieure à 50 km de route n’est pas recommandable : il vous faut quand même un minimum de liberté pour pouvoir vous déplacer sans recharger la batterie tous les jours, et pouvoir absorber les imprévus. On commence à parler d’une bonne autonomie à partir de 80 km. Au-delà de 100 km, c’est une belle performance.

Le e-presto de easy-Watts // Source : Marie Turcan pour Numerama

Prix et bonus écologiques

Au niveau des tarifs, voici une fourchette grossière des montants que nous estimons, chez Numerama, être acceptables — il faut bien sûr regarder au cas par cas les performances fournies, en fonction de tout ce que nous avons détaillé ci-dessus.

  • Équivalent 50cc : Entre 1 500 et 2 500 euros
  • Équivalent 125cc : Entre 2 000 et 4 500 euros
  • Entre les deux (60km/h) : Pas plus de 3 500 euros

Mais le grand avantage de l’électrique, c’est que l’État français et les collectivités distribuent de nombreuses primes écologiques qui amortissent une partie du coût du scooter. Le montant du bonus gouvernemental, par exemple, varie beaucoup en fonction de la puissance du scooter électrique. C’est pour cela que vous devez être très vigilants et vigilantes lorsque vous choisissez un deux-roues. En dessous de 2 000 watts, vous ne serez éligibles qu’à peu de prime (un maximum 100 euros).  Par exemple :

  • Un scooter comme le Emma (1 500 watts) est à 1 599 euros et ne bénéficie donc que de 100 euros de prime,
  • Un scooter plus cher comme le Super Soco Cu-x (2 800 watts) est à 2 690 euros mais permet d’avoir une prime jusqu’à 700 euros, ce qui réduit considérablement le coût du véhicule.
Scooter électrique Super Soco Cu-x // Source : Julien Cadot pour Numerama

De plus, les bonus de l’État sont parfois cumulables avec ceux de la région. Si vous êtes autoentrepreneur, c’est le jackpot : vous pouvez avoir 1 500 euros de prime écologique en profitant de la prime aux professionnels.

N’hésitez pas à consulter tous les tests de véhicules électriques effectués par la rédaction de Numerama pour cette rubrique Vroom ainsi que sur notre chaîne YouTube Vroom par Numerama. Nous essayons de couvrir un très large panel de scooters et moto électriques afin vous donner un maximum d’informations pour que vous puissiez faire des choix éclairés : n’hésitez pas à nous demander des tests !

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