Sony cherche des moyens de se différencier sur le marché de la voiture 100 % électrique. Ses véhicules pourraient carrément intégrer une PS5.

Sony s’est découvert des ambitions dans le domaine automobile. La multinationale japonaise s’est alliée à Honda pour créer une entreprise chargée de développer, assembler et commercialiser des voitures 100 % électriques à l’horizon 2026 (2025 au plus tôt). Sony ne prend pas ce projet à la légère, à en croire les propos d’Izumi Kawanishi publiés dans le Financial Times le 20 novembre. Le président de la division Mobilité a par exemple teasé l’intégration d’une PS5 — c’est « technologiquement possible ». 

Comme on peut s’y attendre, Izumi Kawanishi a parfaitement décelé les arguments de Sony dans cette association saugrenue. « Sony a du contenu, des services et des technologies de divertissement que les gens adorent. Nous sommes en train d’adapter ces atouts à la mobilité », indique-t-il. Au passage, il en profite pour rappeler qu’il s’agit des principales forces de Sony pour « lutter contre Tesla ». Pour exister sur le marché, la firme nippone va donc mettre l’accent sur les divertissements à bord.

Intérieur de la voiture Sony Vision-S // Source : Sony
Intérieur de la voiture Sony Vision-S // Source : Sony

Une PS5 intégrée dans une voiture ? Oui, si elle est autonome

Si Sony cite ouvertement Tesla, c’est tout simplement parce que le constructeur américain propose déjà des expériences de gaming dans ses voitures. Ses modèles les plus récents — comme la Model S Plaid — seraient même capables de faire tourner des jeux gourmands comme Cyberpunk 2077. Sur son site, Tesla évoque « jusqu’à 10 téraflops de puissance de calcul, pour des jeux embarqués de qualité comparable à ceux des consoles les plus récentes. » La puissance de la PS5 s’établit effectivement à 10,28 téraflops.

Les voitures Tesla offrent aussi des expériences de divertissement comme de la musique (Spotify est intégré, en attendant Apple Music) et de la SVOD (Netflix, Disney+…). En somme, en tant que spécialiste du domaine, Sony peut difficilement arriver sur le marché automobile avec une offre moins qualitative que celle de Tesla. Sur le terrain du gaming, il y a quand même une belle carte à jouer puisque l’écosystème PlayStation existe déjà. Les utilisatrices et utilisateurs d’aujourd’hui pourraient alors retrouver tout leur catalogue de jeux quand ils quitteront leur domicile.

L’idée de voir arriver une voiture intégrant une PlayStation 5 n’est pertinente que si la conduite autonome se développe suffisamment pour qu’on puisse lâcher le volant. Sans quoi, la console n’aurait pas beaucoup d’utilité — sauf pendant les temps de recharge. Izumi Kawanishi en a parfaitement conscience : « Pour apprécier pleinement l’espace à bord de votre voiture, il faut en faire un espace où il n’y a pas besoin de conduire. La solution est la conduite autonome. » Bref, intégrer une PS5 à sa voiture ne doit pas être la priorité de Sony, quand bien même on comprend l’envie de communiquer dessus pour attirer l’attention.