Réchauffement, montée des mers, rôle des gaz à effet de serre, impact sur la biodiversité et les humains : voici quelques repères pour bien comprendre tous les enjeux du dérèglement climatique.

La Conférence de Glasgow de 2021 sur les changements climatiques —  la « COP26 » — se tient du 31 octobre au 12 novembre 2021. Cet événement est attendu au tournant : ce serait l’occasion de fixer non seulement de nouveaux objectifs plus contraignants, mais aussi de mettre en place des mesures concrètes pour faire face à l’urgence climatique.

Cette urgence est aujourd’hui actée. Voici ce que l’on sait sur le dérèglement climatique.

Quelle est la cause du changement climatique ?

Le changement climatique actuel est causé par les activités humaines. Il a donc des origines dites « anthropiques ».

Bien que de précédents changements du climat dans le passé aient été naturels, le dérèglement en cours est bel et bien provoqué par l’humanité — depuis l’ère industrielle (et même encore avant). C’est un état de fait sur lequel il y a consensus : 99,9 % des études climatiques publiées depuis 2012 s’accordent sur cette origine humaine.

L’augmentation des gaz à effet de serre

Si la présence de gaz à effet de serre est essentielle à la vie sur Terre, les activités humaines sont à l’origine d’un excès dans les émissions de ces gaz, dont la concentration augmente donc dans l’atmosphère, ce qui accentue l’effet de serre et provoque un réchauffement de la planète.

Pour comprendre le phénomène, il faut imaginer l’atmosphère comme une baignoire. Les gaz à effet de serre s’y accumulent jusqu’à en déborder. Vider la baignoire est plus long que de la remplir. Plus tôt on stoppe la source des émissions (l’eau pour la baignoire ; les gaz pour l’atmosphère), plus tôt on freine le débordement et l’on permet à la vidange de s’accomplir.

Deux gaz en particulier sont problématiques : le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane.

Le dioxyde de carbone

Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) sont la principale cause du réchauffement planétaire. Elles proviennent de l’activité industrielle dans le secteur énergétique (pétrole, charbon, gaz naturel), mais aussi du défrichage des forêts telles que l’Amazonie.

Ce gaz à effet de serre peut rester une centaine d’années dans l’atmosphère.

Le méthane

Le méthane est souvent le gaz oublié, car il ne se maintient qu’environ une décennie. Mais cette temporalité est trompeuse. Son impact sur l’effet de serre est 25 fois plus puissant que le dioxyde de carbone.

Les émissions mondiales de méthane augmentent et ont atteint un niveau historique ces dernières années. S’il y a des origines naturelles à certaines émissions de méthane, ce sont bien les activités humaines qui causent leur hausse historique. Cela provient en grande partie de l’agriculture (notamment la production de viande), mais aussi des énergies fossiles. « L’utilisation du gaz naturel augmente rapidement ici aux États-Unis et dans le monde entier. Il compense le charbon dans le secteur de l’électricité et réduit les émissions de dioxyde de carbone, mais augmente les émissions de méthane dans ce secteur », écrit Rob Jackson, à l’initiative d’une étude publiée en 2020.

Des fuites de méthane dans l’air, invisibles sauf avec une caméra infrarouge. // Source : Clean Air Task Force

En 2021, l’organisation Clean Air Task Force avait filmé de nombreuses fuites de méthane dans des infrastructures européennes. La cause : un manque de régulation, les entreprises ne procédant ni au repérage ni à la résolution de ces problèmes.

Quelles sont les conséquences du changement climatique ?

Les conséquences du changement climatique sont plurielles et, au-delà de l’augmentation des températures, reflètent plus largement un véritable dérèglement du climat et une perturbation des écosystèmes :

Source : Extrait de la vidéo partagée par @frazierarchive + images satellite

Doit-on parler de « réchauffement climatique » ?

L’expression « réchauffement climatique » n’est pas fausse, mais il vaut mieux l’éviter, car elle transmet une conception incomplète de la situation : c’est une mauvaise traduction de l’anglais « global warming ». Il est préférable de parler de changement climatique, de dérèglement climatique, ou bien de réchauffement planétaire. Mais pourquoi une telle subtilité langagière ?

L’augmentation des températures n’est pas linéaire — il peut y avoir des variabilités, cela n’augmente pas constamment, mais cela augmente sur le temps long. Par ailleurs, le changement climatique n’est pas qu’une affaire de réchauffement, mais bel et bien de perturbation du cycle naturel du climat. Cela signifie qu’il y a aussi un impact sur les précipitations, sur les événements météorologiques extrêmes, sur le niveau de la mer.

Quelles sont les solutions ?

Le GIEC — groupe d’experts dédié à l’analyse des recherches scientifiques climatiques — a consacré une grande part de son rapport 2021 aux solutions possibles contre le changement climatique.

Dans ce rapport, il y a quatre axes absolument cruciaux, qui résument parfaitement les enjeux en matière de solutions :

  • L’immédiateté dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre ;
  • L’amplitude de cette réduction, qui « doit être très forte » ;
  • Cette réduction doit être constante et ne pas subir d’arrêt — c’est-à-dire qu’elle ne doit pas freiner pendant 1 ou 2 ans ;
  • Cela doit se faire à grande échelle, sur l’ensemble du globe.
La partie grisée, « near future », correspond à la période à court terme durant laquelle tout se joue. // Source : GIEC

En clair : la solution principale contre le changement climatique est de stopper le plus vite possible, et au maximum, les émissions des gaz à effet de serre. « Il ne faut plus qu’il y ait une seule molécule de CO2 qui s’accumule dans l’atmosphère. On a une bonne compréhension, maintenant, de cette contrainte, qui n’est pas une décision politique : c’est une contrainte physique. Chaque tonne de CO2 est une fraction supplémentaire de température », expliquait le climatologue Christophe Cassou auprès de Numerama.

Il existe par ailleurs des scientifiques qui planchent sur des solutions technologiques innovantes pour freiner le changement climatique. Des chercheurs ont ainsi inventé un matériau efficace et facile d’utilisation pour absorber le dioxyde de carbone, et même le convertir. Mais ces projets ne sont, pour la plupart, pas encore utilisables en pratique.

D’autres scientifiques plaident pour des solutions d’adaptation : par exemple, envisager tout bonnement de déplacer les populations des zones qui risquent de ne plus être vivables en raison de l’augmentation de la température et des mers.

Quel est le lien avec la 6e extinction de masse ?

Le climat a un impact direct sur le corps des êtres vivants. Il y a en premier lieu le stress thermique, c’est-à-dire un excès de chaleur mortel pour l’organisme, et c’est valable pour les humains comme les autres êtres vivants. Mais l’augmentation actuelle des températures provoque également des évolutions de la morphologie chez certains animaux.

Le dérèglement climatique d’origine humaine est extrêmement rapide. Bien trop rapide à l’échelle de l’évolution. Cela signifie que certaines espèces ont du mal à s’adapter à ces changements dans l’écosystème. « Tandis que notre recherche montre que certains animaux s’adaptent au changement climatique, beaucoup ne pourront pas. Par exemple, certains oiseaux doivent suivre un régime alimentaire particulier, ce qui les empêche de modifier la forme de leur bec. D’autres animaux ne seront peut-être tout simplement pas capables d’évoluer à temps », écrivaient des scientifiques en 2021.

Parmi les conséquences du réchauffement planétaire, la fonte des glaces, qui a des conséquences sur la biodiversité locale. // Source : Arturo de Frias Marques / Wikicommons

Résultat : les espèces qui ne peuvent pas s’adapter s’éteignent. Les conséquences du changement climatique s’ajoutent alors à la pollution et à la pression humaine sur les habitats. On parle aujourd’hui de sixième extinction de masse en raison des nombreuses espèces déjà disparues en raison des activités humaines, celles qui sont menacées et celles qui le seront bientôt.

Les ours polaires en sont un bon exemple, mais, rien qu’en France, on compte 2 000 espèces menacées et cela empire.

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo