Les incendies violents en Californie sont le résultat du réchauffement du climat, provoqué depuis plusieurs années par les activités humaines.

Dans la nuit du 9 au 10 septembre 2020, le hashtag «  apocalypse2020 » est devenu numéro 1 des tendances sur Twitter. En cause : les incendies qui ravagent la Californie, sur des dizaines de milliers d’hectares, et notamment autour de la baie de San Francisco. Ils ont lieu depuis plusieurs semaines maintenant, mais les images qui sont sorties cette semaine sont marquantes. On y voit l’air et le ciel devenus orange, au point que la lumière du Soleil soit totalement masquée par les fumées.

Pour les riverains sur place, mais aussi pour les internautes du monde entier qui regardent ces photos, effarés, les scènes dégagent une sensation de fin du monde, d’autant plus que cela s’ajoute à une année où, confinement et pandémie obligent, cette sensation a été régulièrement assez présente chez beaucoup de gens. Certains ont même comparé les images de la Californie avec Blade Runner 2049 (ou Mars) : et effectivement, la colorimétrie comme l’atmosphère sont très proches.

Tweets au sujet des incendies partagés par les internautes.

Cela dit, ce n’est heureusement pas l’apocalypse. Mais ce n’est pas non plus de la science-fiction. Ces images sont une réalité, et elle est importante, tant pour les personnes qui sont en danger en raison de ces incendies, que pour ce qu’impliquent ces incendies. Ces derniers sont le résultat du changement climatique et de la détérioration des écosystèmes.

L’influence du réchauffement d’origine humaine sur la Californie

Les dizaines de départs de feux quasi simultanés en Californie, en août 2020, proviennent d’une vague de chaleur historique dans la région. La Vallée de la Mort, désert nommé ainsi pour ses températures extrêmes, a atteint un nouveau record à 54,4 degrés Celsius. Dans le Los Angeles Times, journal californien, le climatologue Flavio Lehner explique que « le changement climatique augmente certainement la fréquence, la gravité et la durée des chaleurs extrêmes et des nuits chaudes ». Il ajoute qu’il est assez évident que le réchauffement du climat terrestre a «  contribué à la nature extrême des événements récents » (il fait référence aux feux, mais aussi à la recrudescence de cyclones).

La Californie est une région qui a toujours été soumise à des feux de forêt. C’est une zone sèche, composée de broussailles très inflammables, et il pleut très peu, alors lorsque la chaleur pointe, la moindre étincelle peut déclencher un large incendie. Mais depuis quelques décennies, ce phénomène s’est amplifié. Cette amplification s’explique par le réchauffement global du climat, qui induit un emballement dans cette région : davantage de sécheresse et de chaleur génèrent davantage de feux, les forêts récupèrent moins, les broussailles sèches sont plus nombreuses sur des zones toujours plus larges, ce qui laisse davantage de combustibles propices aux feux, ainsi de suite.

Une étude scientifique intitulée « Les impacts observés du changement climatique anthropogénique [d’origine humaine] sur les feux de forêt en Californie », publiée en 2019, conclut bel et bien que cette amplification des feux dans la région est liée sans ambiguïté au réchauffement causé par les activités humaines. «  Le lien le plus évident entre les incendies forestiers en Californie et le changement climatique anthropogénique a été jusqu’à présent l’augmentation de l’aridité atmosphérique due au réchauffement, qui contribue à sécher les combustibles et à favoriser les feux de forêt en été », développent les auteurs. Ils indiquent également que « compte tenu de la réponse exponentielle de la Californie à l’aridité », l’influence du réchauffement climatique anthropogénique sur les incendies en forêt deviendra toujours plus importante au cours des prochaines décennies.

Face à la crise climatique

Ce qu’il se passe en Californie est donc bien plus important que des images impressionnantes. Comme lorsque les canicules à 40 degrés se répètent ; comme lorsqu’on se rend compte qu’il y a encore 15 ans des insectes s’écrasaient sur notre pare-brise quand on partait en vacances et que ce n’est plus le cas ; comme quand une espèce disparaît définitivement et qu’on ne la reverra plus jamais : ce sont les conséquences de la crise climatique et environnementale qui prennent corps à côté de nous, sous nos yeux. Ce n’est plus une notion abstraite, lointaine.

Des conséquences bien réelles en Californie, que le New York Times résume ainsi : « Si le changement climatique était une notion quelque peu abstraite il y a dix ans, il est aujourd’hui bien trop réel pour les Californiens. Les feux de forêt intensément chauds chassent non seulement des milliers de personnes de leurs maisons, mais ils provoquent aussi l’écoulement de produits chimiques dangereux dans l’eau potable. […] Les chaleurs excessives ainsi que l’air étouffant et enfumé ont menacé la santé de personnes qui luttaient déjà contre la pandémie. Et la menace de nouveaux incendies a conduit les compagnies d’assurance à annuler les polices d’assurance des propriétaires de maison, et [a conduit aussi] la principale compagnie d’électricité de l’État à couper l’électricité à des dizaines de milliers de personnes de manière préventive. »

Crédit photo de la une : Extrait de la vidéo partagée par @frazierarchive + images satellite

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