Hasard du calendrier ou magie printanière : Netflix nous réserve pour avril un mois chargé en nouveautés qui donnent envie. Nouvelle saison de nos saisons préférés et diffusion + 24 de nos shows US préférés en streaming : préparez-vous à binger même pendant les beaux jours.

Binger ou ne pas binger ? La question risque d’en titiller plus d’un devant les riches nouveautés de Netflix pour le mois d’avril. Alors même que les beaux jours arrivent, la plateforme de streaming joue aux tentatrices en essayant de nous happer par des programmes que nous attendions depuis longtemps. Plusieurs séries que l’on aime déjà reprendront dès le début du mois sur le service et des nouveautés bienvenues viendront compléter le tableau de chasse de Netflix.

Comme tous les mois, les retardataires peuvent consulter le programme des nouveautés de mars, mais notons-le : nous animons désormais cette chronique de suivi des sorties Netflix depuis déjà une année, tous les guides depuis mars 2016 peuvent être trouvés sur notre page le meilleur de la SVoD. Enfin, petite innovation éditoriale : depuis 2017, nous suivons également le calendrier des départs sur la plateforme de streaming et vous pouvez le retrouver ici.

Séries

Chewing Gum, saison 2 — 4 avril

Coup de cœur anglais de la rédactionChewing Gum nous avait dérouté, surpris et finalement séduit avec une première saison rythmée, déjantée et éclectique. Toujours en immersion dans la drôle et folle vie de banlieusarde londonienne, notre Tracey continue sa découverte de la vie sans pudeur, ni malveillance : tout n’est ici que candeur absurde et naturalisme kitsch.

Mais pour ce second round, Michaela Coel — l’auteure et comédienne du show — avoue avoir voulu transgresser : «  [dans la comédie] Il y a une ligne jaune à ne pas franchir… mais j’en suis dangereusement proche. Dans la saison 2, qui sera diffusée début 2017 en Angleterre, je marche carrément dessus.  »

À savourer comme une pastille détonante et vivifiante !

The Get Down, partie 2 — 7 avril

Autre série appréciée par votre serviteur, l’épique rap-opéra The Get Down revient dès le 7 avril pour terminer l’aventure débutée lors de sa première partie diffusée en août dernier. Série la plus chère jamais produite par Netflix et pilotée par le truculent Baz Luhrmann, The Get Down donne à voir le parcours musical, social et politique du jeune Ezekiel futur icône du rap de la côte Est.

Toujours portée par une jeune génération d’acteurs spontanés et pertinents, cette partie deux ne fera ni l’impasse sur la musique (GrandMaster Flash est toujours au générique), ni sur le contexte social qui poussera notre bande d’artistes dans les méandres du Bronx et ses violences.

Designated Survivor, saison 1 — 5 avril

Déjà introduite plus tôt dans l’année, la diffusion +24h de Designated Survivor reprendra ce mois-ci avec un épisode tous les mercredi. Mélodrame politique réalisé par ABC, cette série s’inspire très librement de l’actualité pour construire une intrigue où terrorisme rime avec complots et politique avec thriller de gare. Pas bien brillant, mais divertissant, les fans de Shonda Rhymes et de Scandal adorent déjà.

Dear White People, saison 1 — 28 avril

En 2014, Justin Simien prenait tout le courage nécessaire à un jeune réalisateur afro-américain pour réveiller Hollywood et écrivait le film qui allait changer sa vie : Dear White People. Acclamé à Sundance, rare oasis pour le cinéma afro-américain, cette satire du monde universitaire et son racisme mettait les pieds dans le plat avec authenticité.

Lionsgate et Netflix ont donc décidé de prolonger l’aventure en travaillant avec le cinéaste à une dizaine d’épisodes de 30 minutes, même thème, même décor mais nouveau format : les université de l’Ivy League n’ont pas fini d’en découdre avec les clichés et les racismes en tout genre.

 Girlboss, saison 1 — 21 avril

Sophia Amoruso a 22 ans lorsqu’elle lance sa ligne de vêtement vintage sur eBay. C’était il y a dix ans. Depuis, elle a fondé sa marque, Nasty Gal, qui est devenue une des marques en ligne le plus rentables de ces dernières années. Un destin aux frontières de la blogueuse et de la créatrice que raconte une comédie produite par Charlize Theron dans laquelle Britt Robertson (Tomorrrowland) interprète la créatrice alors âgée d’une vingtaine d’années.

Librement inspirée de l’autobiographie de la créatrice, Girlboss reprend le créneau du livre : comment Sophia est passée de jeune femme turbulente, anticonformiste à dirigeante de maison.

Las Chicas del Cable, saison 1 — 28 avril

Première série issue de la nouvelle politique créative européenne de Netflix, Las Chicas del Cable a été écrite, produite et tournée en Espagne. Naturellement destinée à un public hispanique, ce mélodrame revient sur l’histoire de quatre femmes au cœur de Madrid en 1928. La showrunner, Teresa Fernandez-Valdes, est déjà à l’origine de Grand Hôtel un autre soap historique aux faux airs de Downton Abbey.  Vous voilà prévenus.

Better Call Saul, saison 3 — 11 avril

Le très inspiré show judiciaire d’AMC revient à nouveau sur Netflix France. Chaque semaine, à partir du 11 avril, vous retrouverez un nouvel épisode après sa diffusion aux États-Unis. Maintenant que Breaking Bad est définitivement terminé, le spin-off Better Call Saul prend ses libertés et continue d’explorer les personnages et l’univers des deux séries. Attention spoiler : Gus Fring, patron de la meth, sera officiellement de la partie de cette troisième saison.

Fargo, saison 3 — 20 avril

Fargo, la toujours réussie adaptation de l’univers des frères Cohen, reprend du flambeau pour une saison très attendue. Diffusée vingt-quatre heures après FX sur Netflix, la série vous permettra de retrouver dès la fin du mois Ewan McGregor qui incarnera deux rôles à la fois, celui de deux frères peu fraternels qui s’apprêtent à vivre dans l’œil du cyclone d’un meurtre…

Série d’anthologie oblige, Fargo qui s’était arrêté à la fin des années 1970 lors de sa deuxième saison nous plongera cette fois dans les années 2010.

American Horror Story, saison 5 — 1er avril

Autre grande série FX, American Horror Story, ou AHS pour les intimes, se complète sur Netflix de sa cinquième saison datant de 2015. Première saison sans Jessica Lange, Hotel introduit au casting Lady Gaga qui tente, avec difficulté, de reprendre la tête d’affiche du show d’épouvante.

Moins efficace et moins charismatique qu’une Lange, Gaga parvient à convaincre seulement grâce à un décor magique et un rôle taillé sur mesure : une épouvantable et hédoniste vampire. Enfin Hotel reste une bonne saison malgré ses faiblesses de casting — nous ne nous remettrons jamais vraiment du départ de Jessica Lange.

Gotham, saison 2 — 6 avril

DC par la Fox, ça semble improbable, et pourtant. La chaîne américaine produit depuis désormais plusieurs années Gotham un spin-off sur l’univers de Batman. On y retrouve Bruce Wayne, à peine plus âgée qu’un collégien, qui se noue alors d’une amitié profonde pour la vraie star du show, James Gordon. Soutenu par un casting impliqué, l’univers polar de Gotham est très factice, trop familial, sans doute, peu inspiré, mais toujours moins horrible que les franchises DC de CW… (The Arrow, Legends of Tomorrow etc.)

Films

Dallas Buyers Club — 1er avril

Avec son Dallas Buyers Club, Jean-Marc Vallée (C.R.A.Z.Y.) signe du cinéma québécois dans toute son étrangeté : dramatique certes mais nonchalamment cynique. Ici, on trouve Matthew McConaughey, transformé, affaibli et rongé par le SIDA de son personnage.

Ce dernier, texan, aussi beauf qu’homophobe, est frappé par le cancer homosexuel alors qu’il pensait ronronner dans les États-Unis de Reagan, assoupi dans un univers working class de Dallas. Il ne reste à ce filou qu’une trentaine de jours à vivre, ce qui lui apparaît suffisant pour changer la vie des autres en fondant les buyers club, des associations de malades qui dealent des médocs contre le virus.

Écrit à partir d’une histoire vraie, le long-métrage de Vallée n’est pas qu’une chronique sur la maladie, c’est tout autant un instantané fidèle, utile, complexe et humain sur les années 1980. Devant la mort, jaillit toujours la vie, semble nous dire le réalisateur.

Win It All — 7 avril

Joe Swanberg, petit père du mumblecore, enfant chéri de la scène indé américaine, récidive avec Netflix. Après avoir réalisé Easy avec le géant, une série sur l’intimité paradoxalement dotée d’un casting hollywoodien, Swanberg signe là une comédie sur la lose, l’argent et la vie qui ne vaut pas grand chose. Accompagné à l’écriture et sur le plateau par Jake Johnson (Nick dans New Girl), Win It All suit les déboires d’Eddie, un mec un peu dépressif qui préfère les mauvaises décisions aux bonnes, surtout au poker.

El faro de las Orcas — 7 avril

Film agentino-espagnol, El faro de las Orcas, Le Phare des Orques en français est un voyage initiatique vécu à travers les yeux d’un jeune enfant autiste. Sujet encore rare au cinéma, l’espagnol Gerardo Olivares l’a choisi pour réaliser un drame traitant de la famille, de la nature mais surtout sur de la différence et de la subjectivité, matière première du film.

Sandy Wexler — 14 avril

Comédie avec Adam Sandler : Sandy Wexler pourrait se résumer ainsi. Steven Brill, réalisateur chouchou de Ted Sarandos — avec qui il avait collaboré sur le très moyen The Do Over — reprend la caméra pour une énième comédie avec Sandler qui, surprise, campe un loser jusque qu’à qu’il rencontre une femme comme on en rencontre qu’une fois…

Slam — 15 avril

Nick Hornby est un investissement peu risqué qu’éditeurs comme producteurs aiment faire. Ni brillante, ni puissante, la littérature de Hornby semble parfois sortie du petit écran, et ce n’est pas un compliment. Romancier de la vie pavillonnaire, des petites déceptions et des coming of ages story, Hornby écrit vite et bien des romans insipides. Ça se complique encore davantage lorsqu’il prend sa plume pour écrire pour les adolescents Slam. Un roman sur la paternité, sur fond de skateboard, qu’adapte l’italien Andrea Molaioli à l’écran pour Netflix.

Premier film italien de Netflix, Slam  s’adresse d’abord aux adolescents à défaut de célébrer la grande tradition du cinéma transalpin que l’on préfère véritablement littéraire et pasolinien.

Sand Castle — 21 avril

Dans la veine du très bon Billy Lynn’s Long Halftime Walk, Hollywood continue de se pencher et s’épancher sur la seconde guerre du Golfe en écrivant les États-Unis face à l’absurdité du conflit en Irak. Sand Castle, dirigé par Fernando Coimbra (Narcos), suit les hésitations, les peurs et les traumatismes d’une jeune recrue qui doit ouvrir les yeux pour comprendre que les Irakiens n’attendaient pas les américains pour les sauver du Mal absolu.

Film de guerre gros budget, Netflix espère marquer avec ce Sand Castle qui réunit Nicholas Hoult et Henry Cavill (Superman).

Tramps — 21 avril

Adam Leon est un gamin du Greenwich Village, baignant dans le cool new yorkais depuis le berceau. Ce jeune réalisateur s’aventure dans l’écriture d’un cinéma indépendant ni pompeux, ni mielleux, juste cool (il faut le dire avec ce petit pincement qui sied si bien aux habitants de la grosse pomme).

Les jeunes filles y rencontrent, sous un soleil plombant, des jeunes graffeurs plus rêveurs que voyous, dans un monde où le temps n’existe pas — toujours en été. Tranche de jeunesse, cure de jouvence, dénué de pudeur, paré de vraisemblance : le style Leon avait même séduit les européens avec Gimme the Loot, déambulations à-la-Antoine Doinel new age, présenté sur la croisette pour la sélection Un certain regard.

Depuis, celui que l’on aime comparer à Larry Clark et ses Kids poursuit son chemin et a suscité avec Tramps un petit jeu de séduction des studios à son égard lors du TIFF. En fin de compte, malgré les propositions de Sony et d’A24,  Netflix a remporté la partie et se paye cette romance spontanée, insouciante et poétique. Selon THR, ce Tramps fleure bon l’innocence gracieuse d’un teen movie mais reste soutenu par une direction et un jeu « irréprochable  ». Bien joué Netflix.

The 101-year-old Man who Skipped Out on the Bill and Disappeared — 25 avril

Après Le Vieux qui ne Voulait pas Fêter son Anniversaire, Felix Herngren et Måns Herngren, duo malicieux de l’humour nordique, réalisent une suite à leur succès. Maintenant que le personnage du centenaire, ancien espion, grincheux mais attendrissant, est posé, le revoilà parti dans de nouvelles aventures.

Cette fois-ci, Allan Karlsson est prêt à tout pour retrouver la recette d’un soda soviétique désormais disparu au profit de nos Cola. Humour nordique oblige, les vieux sont déjantés, la géopolitique une farce, la réalisation bordélique et les relations humaines sont absurdes : à savourer.

Before I Wake — 28 avril

Dernière déclinaison d’un triptyque d’horreur commencé en 2011 avec Absentia puis Oculus en 2014, Before I Wake réunit à nouveau les mêmes comédiens tout en situant chaque film dans un univers différent. Le réalisateur de Ouija, sorti l’an passé, gagne en liberté grâce à Netflix et s’essaie à un genre horrifique difficile : celui des réalités mêlées. Un couple adopte un jeune enfant mais ce dernier, toutes les nuits, transforme ses cauchemars en réalité. Ou bien serait-ce l’inverse ?

Small Crimes — 28 avril

Jaime Lannister (aka Nikolaj Coster-Waldau) incarne dans Small Crimes un flic qui sort de prison et se met en quête de rédemption. Malheureusement pour lui, en retournant sur ses pas, il va devoir faire face aux nombreuses affaires qu’il n’a pas résolues. Thriller rythmé, Small Crimes est le deuxième policier réalisé par E. L. Katz à qui l’on doit aussi Cheap Thrills (2013).

Documentaires 

Hot Girls Wanted : Turned On, saison 1 — 21 avril

Jill Bauer et Ronna Gradus signaient en 2015 un documentaire, sans concessions, sur la pornographie amateure, nommé Hot Girls Wanted. Le succès critique et publique du travail des réalisatrices incitera Netflix à leur proposer une aventure plus importante : une série documentaire toute entière tournée vers le verbe baiser, conjugué au présent. 

Cette fois-ci les réalisatrices ne se limitent pas à la seule pornographie, mais explorent et observent la place du sexe dans notre vie fragmentaire. Elles dissèquent les corps, les pratiques et les images qui font bouillir nos hormones, sur internet et dans nos smartphones.

Casting Jonbenet — 28 avril

Acheté par Netflix au Sundance, ce reportage déroutant, réalisé par Kitty Green, retrace le meurtre d’une reine de beauté de 6 ans dans l’Amérique profonde. Mélange des genres entre reportage policier et critique profonde d’un monde désenchanté, Green signe avec Casting Jonbenet un drôle de document qui laisse peu de place à l’indifférence.

Pour les kids

Peppa Pig, saison 3 et 4 — 1er avril

Le cochon rose préféré des enfants revient sur la plateforme de streaming avec deux nouvelles saisons. Il serait difficile de décrire la recette du succès de Peppa Pig, mais les parents de jeunes enfants connaissent déjà le pouvoir de séduction de ce dessin animé tout en pastel. Bonne nouvelle pour ces parents : ils n’auront plus à s’aventurer sur YouTube où se multiplient les versions frelatées du bon vieux Peppa.

M. Peabody et Sherman, saison 4 — 21 avril

Franchise des années 1960, le duo Peabody et Sherman est redevenu une star des enfants grâce à un film d’animation réalisé par Dreamworks. Le studio — partenaire de Netflix — a donc souhaité tirer du long métrage un spin-off en cartoon. Sous la forme d’un talk-show fictif, les deux amis reçoivent des invités improbables qui les conduisent dans de drôles d’aventures !

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