Le succès de la plateforme de SVOD de Disney est indiscutable, et elle n'a pour l'instant été lancée que dans cinq pays. Elle arrive en France et d'autres pays d'Europe le mois prochain.

Disney+ a 28,6 millions d’abonnés dans le monde à la date du 3 février 2020, a dévoilé Bob Iger, le CEO de Disney, au cours de l’appel aux actionnaires du résultat trimestriel au Q1 2020, le 4 février. La plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) a « dépassé toutes les attentes » du patron, peut-on lire dans le rapport trimestriel. Au cours de son coup de fil, il a vanté à la fois les « contenus géniaux » de son catalogue, le « grand portfolio de marques » de son groupe et « une plateforme technologique robuste ».

À titre de comparaison, Netflix, qui est installé depuis des années sur le marché, a 167 millions d’abonnés dans le monde, dont 64 millions en Amérique du nord et 26 millions en Amérique latine (18,6 % du total d’abonnés dans le monde).

L’effet Baby Yoda, mais pas seulement

Après avoir fait parler de lui pendant plusieurs mois, Disney+ a attiré 10 millions d’abonnés seulement 24 heures après son lancement, le 12 novembre dernier. La plateforme est jusqu’ici disponible uniquement aux États-Unis, au Canada, aux Pays-Bas, au Nouvelle-Zélande et en Australie, pour 6,99 dollars par mois. Avant la sortie de Disney+, les analystes prévoyaient que le service attirerait au maximum 18 millions d’abonnés payants à la fin 2020 — des données que la plateforme a déjà largement dépassées alors que l’année est à peine entamée.

À noter que l’opérateur Verizon offre à tous ses clients américains un an d’abonnement gratuit à Disney+. Selon Bob Iger, ils représenteraient environ 20 % des abonnés actuels à Disney+, soit environ 5,7 millions. Le CEO de Disney a également précisé que la grande majorité des 28,6 millions d’abonnés venaient des États-Unis.

Baby Yoda dans le Mandalorian // Source : Disney+

Bob Iger a vanté les mérites de The Mandalorian, la série originale de l’univers Star Wars qui a contribué à faire parler de Disney+, mais aussi de l’incontournable « Baby Yoda » : « Je serais négligeant si je ne mentionnais pas un certain ‘Child’ qui a fait l’effet d’une tornade sur le monde entier. Je pense que la réponse sensationnelle autour de ce personnage montre tant sur Disney+ et notre capacité à nous connecter au public. » Et de souligner le fait que de nombreux nouveaux produits dérivés de cette petite bête seraient mis en vente sur l’année à venir.

Disney+ est pour l’instant constitué en grande partie de contenus de son catalogue déjà très fourni en films et séries existantes, entre les dessins animés Pixar, les super-héros Marvel et des franchises fortes comme Star Wars. Mais pour rester puissant sur le marché de la SVOD, la plateforme doit également avoir des contenus originaux, qu’elle compte diffuser de manière hebdomadaire pour ne pas risquer de perdre ses abonnés payants. Bob Iger a ainsi confirmé que deux séries Marvel sortiraient en 2020, The Falcon and The Winter Soldier en août et WandaVision en décembre.The Mandalorian aura une deuxième saison en octobre.

Une donnée permet toutefois de constater que Disney+ attire des abonnés au-delà de ces rendez-vous hebdomadaires. À la fin du mois de décembre, qui est concomitant avec la diffusion du dernier épisode de la saison 1 de The Mandalorian le 27 décembre, le service avait 26,5 millions d’abonnés, comme on peut le lire dans son rapport trimestriel. Or la plateforme a ensuite gagné encore 2,1 millions en un mois, alors même qu’aucune nouvelle grosse série n’a été lancée, et qu’elle n’avait plus de nouvel épisode de la série Star Wars en stock. « Environ 65 % des personnes qui ont regardé The Mandalorian ont regardé au moins 10 autres contenus sur Disney+ », a commenté Bob Iger, cherchant à nuancer l’idée selon laquelle la série originale porterait toute l’audience de Disney+.

Evolution des abonnés Disney+ depuis son lancement

Reste à voir si cette tendance se prolongera sur les deux prochains mois avant le 24 mars prochain, lorsque Disney lancera sa plateforme de SVOD en France et dans plusieurs autres pays d’Europe. Ce nouveau marché, occupé principalement par Netflix (et, dans une autre mesure, Amazon Prime avec son offre « bonus » Prime Video) actuellement, représente une source potentielle de nouveaux abonnés très conséquente. Actuellement, la zone « Europe, Moyen-Orient, Afrique » représente 30 % de tous les abonnés mondiaux de Netflix (47 millions), dont 6,7 millions rien qu’en France.

Partager sur les réseaux sociaux