Ford discuterait avec Geely d’un accord industriel, permettant d’assembler des voitures électriques chinoises dans les usines européennes du constructeur américain. Un scénario plus crédible que les rumeurs d’un partenariat avec Xiaomi.

À chaque jour sa rumeur d’un partenariat entre Ford et un constructeur chinois. Après les démentis autour d’une éventuelle alliance avec Xiaomi, une autre rumeur publiée par Reuters le 4 février 2026 attire l’attention. Ford et Geely seraient en discussions depuis plusieurs mois autour d’un partenariat industriel et technologique.

Au cœur des discussions, figurerait la possibilité pour Geely d’utiliser des usines Ford en Europe, afin d’assembler des véhicules électriques destinés au marché régional, et ainsi éviter les surtaxes douanières.

Une rumeur crédible concernant la production en Europe pour Geely

La partie la plus avancée de ces discussions concerne la fabrication. Trois sources proches du dossier, citées par Reuters, indiquent que Ford discute avec Geely de l’utilisation de capacités industrielles européennes, notamment l’usine de Ford à Valence (Espagne). Déjà présent en Europe avec Volvo, Polestar, Lynk & Co et Lotus, le groupe Geely a également lancé sa marque propre, Geely, sur le marché européen.

Les marques Geely  // Source : Geely
Les marques Geely. // Source : Geely

Ce scénario permettrait à Geely d’éviter les droits de douane européens sur les voitures électriques importées de Chine, qui incluent des surtaxes défensives élevées de l’ordre de 28,8 %. La marque pourrait exploiter des chaînes de production déjà existantes sans avoir à construire de nouvelles lignes de production coûteuses dans un premier temps. Enfin, cela rendrait Geely pleinement opérationnel en Europe dans un délai raccourci.

Ford, de son côté, rentabiliserait ses usines, dont certaines sont menacées par une sous-exploitation coûteuse de son outil de production.

Un second volet sur un partenariat technologique

Dans le même temps, Ford et Geely discutent également d’un partage de technologies, notamment dans les domaines de la conduite autonome et des systèmes connectés, deux axes sur lesquels les constructeurs occidentaux accusent encore un retard face aux acteurs technologiques chinois. Même s’il convient d’avancer avec prudence sur cette affirmation : le marché européen autorise pour l’instant des technologies moins autonomes, ce qui explique en partie le retard. Ces discussions seraient moins avancées, selon les sources citées par Reuters.

Dans tous les cas, ce rapprochement industriel entre Ford et Geely apparaît beaucoup plus concret que la rumeur d’accord avec Xiaomi, qui a été démentie catégoriquement par les deux parties (Ford parlant de fausses allégations). Néanmoins, lorsque les deux entreprises ont été interrogées par Reuters pour confirmer les discussions en cours, Geely n’a pas souhaité commenter, tandis que Ford a déclaré : « Nous avons constamment des discussions avec de nombreuses entreprises sur divers sujets. Parfois, cela se concrétise, parfois non. »

Ford -production des premiers F-150 lightning // Source : Ford
Jim Farley sur le site de production des F-150 lightning. // Source : Ford

Il est vrai que l’accord entre Ford et Renault dévoilé début décembre avait réussi à surprendre l’industrie automobile. Il reste un peu déroutant que Ford multiplie aussi rapidement les partenariats. Les discussions autour du partenariat technologique avec Geely semblent un peu moins solides.

Ford – Geely, un accord potentiellement sensible pour les États-Unis

Même si les discussions en cours semblent concerner essentiellement l’Europe, avec une branche Ford Europe relativement indépendante de la maison mère, cet accord pourrait faire des vagues outre-Atlantique.

Le groupe Geely est toutefois l’un des seuls constructeurs chinois à avoir un pied sur le territoire américain grâce à Volvo. Mais les constructeurs chinois sont presque totalement interdits d’accès direct au marché américain, faute d’une levée des barrières tarifaires et de restrictions liées à la sécurité des données. Toute entrée de technologie chinoise sur les marchés américains attirerait un examen réglementaire intense, justement à cause des inquiétudes sur la sécurité nationale autour des logiciels et de la collecte de données dans les véhicules connectés.

Intégrer de la technologie chinoise serait un pari risqué pour Ford, même si cet accord ne concerne que l’Europe et d’autres marchés internationaux hors des USA. C’est un développement qu’il faudra suivre pendant les prochains mois.  

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