Dans une publication sur LinkedIn le 2 février 2026, Vincent Salimon, le CEO de BMW Group France, ne se contente pas de commenter la transition électrique. Il met ses résultats sur la table et interpelle directement les pouvoirs publics pour qu’ils se montrent beaucoup plus ambitieux sur les objectifs chiffrés du marché français de la voiture électrique. Une prise de position qui tranche avec le discours dominant du secteur.
À l’heure où certains acteurs majeurs, Stellantis en tête, continuent de douter de l’existence d’une « demande naturelle » pour les véhicules électriques, BMW adopte une posture inverse : celle d’un constructeur qui assume ses choix industriels et demande un cadre politique à la hauteur de ses ambitions.
BMW avance ses chiffres et assume une ambition claire
Vincent Salimon part d’un constat simple : chez BMW Group France, l’électrification progresse vite. En 2024, le groupe visait une croissance de 50 % des ventes électrifiées. Le résultat a été presque un doublement. En 2025, l’objectif annoncé était une croissance à deux chiffres : BMW a réalisé +23 %.

En 2025, la marque BMW a vendu 28 % de ses voitures en électrique, soit 16 798 unités. Pour Mini, c’est même 44 % des immatriculations qui sont 100 % électriques sur l’année, avec 11 558 véhicules. Si une marque du premium allemand arrive à de tels résultats pour le marché français, pourquoi les autres constructeurs n’en seraient-ils pas capables ?
Un défi lancé au gouvernement français : 442 000 voitures électriques pour 2026
« Nous voulons tous électrifier le parc automobile ? Alors arrêtons d’avancer à pas de fourmi ! », déclare-t-il en introduction de sa déclaration. Fort de ces résultats pour le groupe BMW, le dirigeant souhaite encourager le gouvernement français à viser des objectifs audacieux pour l’ensemble du marché national.
Il cite notamment le chiffre de 442 000 véhicules électriques immatriculés, soit +35 % par rapport à 2025, et 26 % de part de marché sur un volume total estimé à 1,7 million de véhicules. Un chiffre qui n’est pas choisi au hasard : il correspond au nombre de véhicules électriques immatriculés par le groupe BMW dans le monde en 2025. Le chiffre est symbolique, mais peu réaliste par rapport à la progression du marché. Il faudrait une sacrée prise de conscience du public pour atteindre cet objectif.

Pour y parvenir, Vincent Salimon identifie des leviers précis avec une vision à long terme : prolongation de l’abattement fiscal sur les avantages en nature pour les véhicules électriques non éco-scorés, ouverture du bonus aux véhicules électriques d’occasion, et extension du leasing social aux véhicules électriques de seconde main. Une approche cohérente, qui relie explicitement les marchés du neuf et de l’occasion. Ces deux marchés ne peuvent fonctionner l’un sans l’autre, or il y a des craintes et des freins à lever sur les véhicules électriques d’occasion.
À l’opposé, Stellantis invoque encore le doute
Cette prise de position contraste fortement avec le discours tenu par d’autres acteurs majeurs du secteur. Chez Stellantis, plusieurs dirigeants continuent d’affirmer qu’il n’existerait « pas de demande naturelle » pour les véhicules électriques, pointant des objectifs réglementaires jugés trop déconnectés du marché réel. Un discours qui préfère pointer les limites du marché et des règles plutôt que de questionner la compétitivité réelle de l’offre électrique proposée. BMW veut tordre le cou à cette idée.
Côté pouvoirs publics, le message reste lui aussi ambigu. Entre ajustements successifs du bonus, hésitations sur la fiscalité et annonces parfois contradictoires, le cap manque de lisibilité. Là où BMW demande des règles claires et durables, l’État avance encore à petits pas.
La déclaration de Vincent Salimon met donc en lumière une réalité simple : la transition électrique progresse surtout là où elle est assumée comme une stratégie, pas comme une contrainte. Les chiffres de BMW n’ont rien d’un miracle. Ils sont le résultat d’un choix industriel, d’une gamme cohérente et d’un discours qui ne cherche plus d’excuses. Un résultat que l’on peut également observer chez Renault, mais aussi au sein du groupe Volkswagen, après un démarrage chaotique.
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