Le patron de Xiaomi, Lei Jun, n’a rien à cacher concernant ses voitures électriques. Il le prouve une nouvelle fois en répondant aux critiques contre ses produits avec un exercice qu’il maîtrise bien : la discussion ouverte en direct sur les réseaux sociaux. Et parce que certains détracteurs ont accusé la marque de ne pas être d’aussi bonne qualité que promis, il a décidé d’organiser le 3 janvier 2026 un long direct, pendant que des ingénieurs démontaient pièce par pièce un Xiaomi YU7.
Certes, les constructeurs ont l’habitude de présenter des maquettes partielles lors de salons ou auprès de médias. Mais assister au démontage d’un véritable véhicule par la marque elle-même sur les réseaux sociaux, c’est du jamais vu. À quoi sert cette démonstration ?
Répondre aux questions et surtout aux critiques
En Chine, les constructeurs n’hésitent pas à attaquer les comptes qui diffusent de fausses rumeurs et autres propos jugés diffamatoires. La justice chinoise leur donne d’ailleurs régulièrement raison, ce qui a déjà calmé les ardeurs de certains blogueurs sur les réseaux sociaux chinois. La sanction n’efface pas les dégâts qu’une rumeur (même infondée) a pu propager, et même si la marque s’est exprimée publiquement pour corriger le tir, cela n’est pas toujours suffisant pour laver une réputation.

Par souci de transparence, Xiaomi a l’habitude de tenir des sessions d’échanges entre le patron de la marque et les spectateurs, justement pour pouvoir lever le doute sur certaines affirmations. On y apprend d’ailleurs régulièrement des détails techniques sur les modèles de la marque ou sur la stratégie. Mais le direct qui s’est déroulé le 3 janvier est différent des autres, ne serait-ce que par sa durée : un peu plus de 4 heures. Il faut bien ça pour réaliser le démontage d’une voiture.
La marque a ainsi eu l’opportunité de répondre à des critiques sur le choix de ses pneumatiques, des allégations sur l’autonomie ou sur le comportement de la voiture en cas de choc, notamment par rapport à la perte d’une roue dans un accident récent. L’entreprise n’a apparemment rien à cacher et a expliqué la raison de ses choix techniques, en plus d’inviter les spectateurs à vérifier ce que font les autres constructeurs dans la même gamme de prix. Lei Jun a aussi profité de cette tribune pour présenter certaines pièces plus méconnues, expliquant aux clients le rôle de tel ou tel élément spécifique du modèle.

Un clin d’œil de Xiaomi à ses concurrents
Si la diffusion s’adressait surtout aux clients finaux et aux fans de la marque, Xiaomi avait aussi quelques messages à faire passer, notamment aux influenceurs. Lei Jun les a ainsi invités à reproduire le démontage s’ils le souhaitaient, mais surtout à « s’exprimer de manière objective, sans exagérer ni critiquer à outrance dans le seul but de générer du trafic ». Le chef d’entreprise les a également invités à signaler directement à la marque si le design ou les matériaux n’étaient pas satisfaisants.
D’autres messages ont également été passés, mais cette fois à destination des entreprises concurrentes. Pour cette année 2026, Lei Jun a appelé de ses vœux que les constructeurs chinois cessent le dénigrement mutuel et respectent la diversité des idées en matière de design. Au passage, les équipes de Xiaomi challengent les autres constructeurs à faire le même exercice de transparence avec leurs clients. Ils considèrent que le secteur automobile y gagnerait en transparence.
Plusieurs constructeurs (comme Xpeng) avaient répondu au défi du plus grand nombre de kilomètres en 24 heures. En revanche, il n’est pas certain de voir la concurrence se précipiter pour démonter à leur tour l’un de leurs modèles phares.

L’ironie de l’histoire, c’est que de nombreux constructeurs occidentaux (et probablement chinois) ont acheté des Xiaomi SU7, SU7 Ultra et/ou YU7, afin de les étudier et de les démonter pour faire une analyse technique de la concurrence. Même Renault a exposé au Technocentre un exemplaire du YU7 pour que les salariés puissent l’observer de près, et ce, avant qu’il ne soit méticuleusement désossé. Il leur suffisait d’attendre quelques mois pour que l’exercice soit fait publiquement et gratuitement par la marque elle-même.
Et si vous vous demandez ce que deviendra le YU7 démonté : il sera réassemblé, mais ne sera bien sûr pas revendu à un client. Il sera conservé par la marque pour d’autres tests internes.
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