La mission Mars 2020 a vécu le 18 février son instant le plus critique : l'atterrissage sur la planète rouge du rover Perseverance. Vous pouvez revivre c'est instant intenses — jusqu'aux embrassades du personnel de la Nasa par ici.

L’arrivée de Perseverance en résumé

  • Quoi ? L’arrivée de Perseverance sur Mars, étape-clé de la mission Mars 2020.
  • Quand ? Le 18 février 2021, à partir de 19h45.
  • Où ? Sur Mars pour la mission Mars 2020, sur Terre pour nous.
  • Que verra-t-on ? L’atterrissage à haut risque du rover sur Mars.

Quelle est la mission ?

Il s’agit d’une des grandes missions spatiales de 2021 : l’arrivée de Mars 2020 pour les États-Unis. Il s’agit d’ailleurs de la troisième à arriver en février près de la planète rouge. Il y a eu avant Hope pour les Émirats arabes unis et Tianwen-1 pour la Chine. Ce tir groupé s’explique par les conditions orbitales idéales entre la Terre et Mars, permettant un voyage pas trop long, mais de tout même presque sept mois.

Mais ce voyage interplanétaire était une partie facile de la mission. Le plus dur reste à venir : en effet, Mars 2020 consiste à déposer au sol un atterrisseur, un rover ainsi qu’un drone hélicoptère appelé Ingenuity. Et arriver à se poser sans dégât n’est pas un exercice des plus aisés, d’autant qu’il se fait en aveugle. C’est ce qu’on appelle les sept minutes de terreur, où les opérateurs devront attendre l’acquisition d’un signal.

Il s’agit du moment le plus critique de la mission, puisque les instruments scientifiques et les véhicules (Ingenuity ainsi que le rover Perseverance) seront les plus exposés et les plus vulnérables. Si les États-Unis retiendront leur souffle à ce moment-là, la France aussi : en effet, l’Hexagone est un contributeur important de la mission avec SuperCam, une caméra laser servant à analyser la chimie des roches.

Il faut dire que le niveau de stress est à la hauteur du coût de la mission : 2,44 milliards de dollars. Or pendant ces sept minutes de terreur, Perseverance doit alors décélérer très fort pour atteindre le sol martien en douceur. Cela se fera sur 150 kilomètres. Le vaisseau devra alors passer d’une vitesse de 20 000 km/h (plus de Mach 16) à 2,5 km/h (moins vite que la vitesse moyenne de la marche humaine).

Si tout se passe bien, alors la mission d’exploration de la planète Mars pourra débuter, avec la possibilité d’un possible retour d’échantillons sur Terre dans plusieurs années. À cette occasion, la NASA pourra se féliciter d’avoir déployé un cinquième astromobile sur Mars, après Sojourner, Spirit, Opportunity et Curiosity. Un record. La Chine pourrait devenir la deuxième nation à y parvenir avec Tianwen-1.

Si l’on parle beaucoup de SuperCam, le rover est en fait suréquipé : il accueille 23 caméras, pour explorer les environs, faire de la recherche ou bien s’inspecter pour déceler tout souci, ainsi que 7 instruments scientifiques. Il accueille une station météo, des spectromètres, des lasers et un radar. Principal objectif : sonder la structure géologique du sous-sol et la composition chimique des roches.

Compte tenu des raisons de ce vaste programme d’exploration spatial, un soin tout particulier a été porté sur le site d’arrivée. Celui qui a été retenu est un cratère appelé Jezero. Il présente un profil géologique prometteur pour cette recherche de traces d’une vie passée, puisqu’il accueillait un profond lac à la surface, il y a des milliards d’années.

Illustration de Perseverance et de la « grue volante ». // Source : NASA/JPL Caltech, 2020 (photo recadrée)

Mais ce n’est pas tout : « Mars 2020 a pour mission l’étude géologique d’environnements anciens de Mars, la recherche de trace de vie, la collecte et le stockage des échantillons martiens qui seront ensuite récupérés par une mission future pour les rapporter sur Terre. Mars 2020 a aussi pour mission de préparer l’exploration humaine future », synthétise le Centre national d’études spatiales (CNES).

La recherche de traces de vie est sans doute la plus enthousiasmante, car Mars est depuis longtemps suspectée d’avoir pu accueillir des formes de vie anciennes. L’hypothèse est jugée d’autant plus crédible qu’il a été établi que de l’eau existe sur Mars, dans son proche sous-sol notamment, et qu’elle s’écoulait à l’état liquide à la surface. De plus, de grandes molécules organiques à la surface ont été détectées en 2018.

Mars 2020 est aussi l’occasion de mener une expérience inédite : un drone hélicoptère sur Mars. Baptisé Ingenuity (ou Mars Helicopter Scout), il va essayer de prouver que l’on peut explorer les environs par les airs, malgré une densité atmosphérique bien plus faible que sur Terre. Un succès ouvrirait la voie à des missions d’exploration plus lointaines sans avoir à se soucier du relief extraterrestre.

Mars 2020 a une durée de vie de deux ans pour sa mission (pour l’hélicoptère, sa carrière opérationnelle sera encore plus brève, juste de quelques semaines). Si toutefois la décision est prise de lancer une mission de retour d’échantillons, il faudra patienter jusqu’en 2026, avec l’envoi de deux sondes. Le voyage de retour, lui, s’achèvera en 2031. De quoi laisser le temps de construire les laboratoires d’analyse qui n’existent pas encore.

Date d’arrivée

Le rendez-vous entre Mars 2020 et la planète rouge est fixé au 18 février 2021, en soirée pour ce qui concerne la France métropolitaine, après sept mois d’épopée spatiale — Mars 2020 est partie de la Terre le 30 juillet 2020. Le CNES annonce qu’il organise une soirée spéciale à partir 19h45. Ce sont des conditions idéales pour suivre l’évènement en direct, et pendant quelques heures.

Comment revoir l’arrivée en direct

Le CNES avait prévu une soirée spéciale pour l’occasion, en partenariat avec le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Un plateau animé par la journaliste Sophie Voinis est annoncé, avec à ses côtés plusieurs spécialistes. Son émission sera diffusée sur plusieurs canaux : Twitch et YouTube, Dailymotion et Facebook. Ci-dessous, nous avons intégré la vidéo de YouTube si vous voulez la lancer directement sans quitter cette page.

L’Observatoire de Paris, en partenariat avec la Cité des sciences et de l’industrie, organisait à partir de 19h sa propre couverture de l’événement. Des scientifiques et ingénieurs de Paris, Toulouse et en direct du Jet Propulsion Laboratory sont intervenus lors de cet événement.

En France, les internautes sont aussi invités à se servir du mot-clé #CapSurMars pour suivre les discussions sur les réseaux sociaux et partager leurs impressions sur une mission qui pourrait bien durer dix ans.

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo