Amateurs de séries en costumes, HBO est là pour vous ! Avec The Gilded Age, qui débute le 25 janvier sur OCS, visitez le New York du XIXe siècle, entre trahisons et histoires d’amour naissantes. À condition de rester éveillé devant ses longs épisodes…

En 2010, Julian Fellowes nous plongeait pour la première fois dans le quotidien des Crawley, de la bourgeoisie anglaise et de leurs domestiques, avec Downton Abbey. Douze ans après le début de cette série aux six saisons restées cultes, son créateur reste prolifique. Docteur Thorne, Belgravia, The English Game… Julian Fellowes a continué de donner vie à des épopées anglaises, toujours en costumes, of course.

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Mais en 2022, il dévoile un projet plus ambitieux et très attendu : The Gilded Age. Cette fois, l’intrigue ne se situe plus au sein de la bourgeoisie en Grande-Bretagne, mais au cœur du New-York de 1882. A l’époque, le pays se remet de la guerre de Sécession lors d’une ère dorée, propice à la reconstruction. C’est dans ce contexte que la jeune Marian fait ses premiers pas dans la haute société de riches industriels.

Coups bas dans la haute société new-yorkaise

Dans cette capitale bouillonnante, deux camps font rage : la vieille école, les héritiers de familles régnant sur le monde depuis des décennies, et les nouveaux riches, d’audacieux entrepreneurs dans le domaine du charbon ou des chemins de fer. Toute la série repose sur cette opposition entre tradition et modernité, entre sagesse ancienne et jeunesse flamboyante. Pour arriver à leurs fins, les protagonistes ne reculent devant rien.

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Louisa Jacobson (Marian) et Denée Brenton (Peggy) sont toutes les deux formidables dans The Gilded Age // Source : Alison Cohen Rosa/HBO

Trahisons, retournements de vestes et hypocrisie sont donc au programme de ce drame en costumes. Les problèmes financiers se multiplient, les histoires d’amour naissent à chaque coin de rue, tandis que les hiérarchies sociales sont exposées au grand jour. The Gilded Age aborde même avec brio le racisme ambiant, à travers le magnifique personnage de Peggy Scott. Incarnée avec force par Denée Benton (Unreal, Hamilton), cette jeune femme noire à l’humour tranchant rêve de devenir autrice. Les thématiques abordées sont toutes passionnantes sur le papier, cela ne fait aucun doute. Mais à l’écran, c’est une autre paire de manches. Les protagonistes sont tous tellement égocentrés que leurs petits arrangements entre amis sont loin de passionner les foules.

Un casting prestigieux

D’autant que The Gilded Age met en scène une galerie de personnages parfois trop étoffée pour susciter un réel attachement. Louisa Jacobson, l’une des trois filles de Meryl Streep, incarne ainsi Marian avec malice et un brin d’impertinence. Orpheline, elle est recueillie par ses tantes, Agnes et Ada, savoureux duo incarné par les géniales Christine Baranski (The Good Fight) et Cynthia Nixon (Sex and the City). La première est renfermée sur elle-même, assistant au progrès d’un mauvais œil, tandis que la seconde se réjouit à la moindre occasion. Face à elles, l’impitoyable famille Russell investit dans les lignes de chemins de fer tout en forçant son entrée dans le haut du panier new-yorkais. A sa tête, la grande Carrie Coon (The Leftovers) ne fait pas de quartier dans le rôle de Bertha Russell : quiconque se met en travers de sa route sera vite balayé.

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L’impitoyable couple Russell ne recule devant rien pour s’intégrer à la haute société // Source : Alison Cohen Rosa/HBO

Toutes ces femmes intelligentes cherchent leur place, sans jamais se laisser faire, et sont incarnées par un casting prestigieux, rigoureusement choisi, et dont chaque membre remplit son rôle à merveille.

Et comme dans Downton Abbey, la sphère des domestiques est également mise à l’honneur. Mais ce parallèle entre le « monde d’en haut » et celui d’en bas complexifie encore davantage la reconnaissance des protagonistes. On finit par ne plus savoir qui est qui et dans quelle maison ils demeurent. Résultat : leurs aventures nous importent peu. On se surprend même à piquer du nez pendant certaines séquences bavardes, à l’effet soporifique.

Un univers parfaitement élégant

Pourtant, tout ce blabla est si élégant que l’on finit par s’y accrocher. La reconstitution d’époque est parfaitement soignée, jusqu’au cirage des meubles et autres dressages de table. Le constat est sans appel sur les cinq épisodes que nous avons pu visionner : tout est beau dans The Gilded Age. Le générique est épique, la musique entraînante, les costumes et les décors sont d’une élégance folle, bref, tout transpire la perfection et le luxe.

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The Gilded Age se concentre également sur le monde des domestiques, tout comme Downton Abbey avant elle // Source : Alison Cohen Rosa/HBO

Quiconque apprécie les drames en corsets et les romances en haut de forme trouvera son bonheur dans cette série d’un raffinement éblouissant (et c’est une fan d’Orgueil et préjugés qui vous parle). Mais cette apparence si minutieuse ne parvient pas à masquer un clair problème de fond.

Bien sûr, Julian Fellowes n’a pas perdu la main et son écriture reste efficace. Mais il manque un brin de folie et d’originalité pour que The Gilded Age ne devienne la nouvelle mine d’or de son créateur. Avec son univers un peu trop lisse pour nous tenir jusqu’au prochain épisode, la série ne sera clairement pas le nouveau Downton Abbey ou Bridgerton tant attendu. On peut tout de même parier qu’au fil des épisodes, l’intrigue se resserrera sur quelques personnages clés et que les rivalités et conflits d’intérêt de la haute société gagneront en intensité.

Le verdict

Douze ans après les débuts de l’anglaise Downton Abbey, son créateur, Julian Fellowes, change de continent pour l’Amérique. C’est au coeur de New York, en 1882, que s’ancre l’intrigue de The Gilded Age. Tout juste arrivée de sa campagne, la jeune Marian Brooks (excellente Louisa Jacobson) découvre la capitale, théâtre de trahisons et d’enjeux financiers majeurs. Autour d’elle, de riches industriels investissent dans des lignes de chemins de fer, tandis que les potins vont bon train dans chaque foyer. Mais c’est bien le problème de The Gilded Age : trop de blabla, pas assez de résultat. L’action est molle, l’intense galerie de personnages est difficile à suivre et les scènes de dialogues s’éternisent. Reste un univers d’une élégance folle, aux costumes et aux décors superbes, peuplé d’un casting prestigieux, de Carrie Coon (The Leftovers) à Christine Baranski (The Good Fight). Un plaisir pour les yeux, moins pour les oreilles en somme.

Source : Montage Numerama

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