La chaîne Amazon Prime Video Ligue 1 émet depuis bientôt un mois. Et elle réalise un quasi sans-faute sur la diffusion. La marge de progression reste néanmoins énorme.

Dimanche 1er août, soir de grande première pour Amazon Prime Video Ligue 1. Ce jour-là, la multinationale diffuse le choc entre le PSG et Lille, coup d’envoi d’une saison 2021/2022 dont elle s’est adjugée l’essentiel des droits de diffusion du championnat de France (ceux qu’avait abandonnés Mediapro/Téléfoot en cours de route).

On aurait pu craindre un baptême compliqué (souvenez-vous de RMC Sport) mais la rencontre a été proposée sans encombre.

Un mois plus tard, Amazon Prime Video Ligue 1 est toujours là. Ces dernières semaines, la plateforme a proposé un total de 32 matches (8 par journée) et il n’y a pas l’ombre d’un reproche à l’horizon. Malgré son statut de nouvel entrant sur un marché très scruté (car très populaire), Amazon s’est semble-t-il suffisamment armé pour tenir la comparaison avec les chaînes historiques (Canal+, beIN Sports). Et réussir là où Téléfoot s’est copieusement planté.

L’interface (datée) de Amazon Prime Video Ligue 1 // Source : Capture d’écran

Ce qui va avec Amazon Prime Video Ligue 1

La proposition éditoriale de Amazon Prime Video Ligue 1 est claire : pour 12,99 € par mois (en plus de l’abonnement Prime), le fan de foot a accès à 8 des 10 matches de chaque journée — en intégralité (multiplex au choix, le dimanche à 15h) et sans aucune publicité. Pour assurer une couverture de qualité, Amazon a recruté des pointures — que ce soit aux commentaires, à la présentation ou aux postes de consultant (il y a même Thierry Henry, qui avait accepté un pont d’or pour Sky Sports en 2014). C’est un gage de qualité, en plus d’assurer une légitimité certaine à la chaîne, qui adore assurer des plateaux sur le bord du terrain (pour plus de proximité avec le stade).

Ce faisant, l’avant-match et l’après-match sont intéressants à suivre (et sans publicité !), avec une belle mise en avant de l’ambiance — retrouvée — dans les stades. Pour la ou le supporter, c’est un vrai bonheur. Le concerné pourra même découvrir des images inédites : des séances d’entraînement d’après-match, des caméras plus proches des joueurs (dans le couloir qui mène aux vestiaires par exemple), davantage d’interviews à chaud, entre autres séquences qu’on voit plus rarement.

Sur la diffusion pure et dure, on peut mettre en avant la très bonne réalisation, dynamique comme il faut (on ne loupe rien des actions essentielles) — sachant que Canal+ est reconnu dans ce domaine (grâce à Jean-Jacques Amsellem). La qualité d’affichage est également au rendez-vous : malgré l’absence d’un flux en 4K, la définition HD est d’excellente facture (l’image semble même belle que sur Canal+ et beIN Sports, à définition pourtant égale). On note aussi un accès rapide aux replays (y compris l’avant-match et l’après-match).

Enfin, on n’a déploré aucun bug depuis le lancement de Amazon Prime Video Ligue 1 : aucun écran noir, aucun gel d’écran, aucune interruption indésirable… Dimanche 29 août, Lionel Messi faisait sa grande entrée avec le maillot du PSG sur le dos (face à Reims). Et la chaîne a brillamment résisté à ce crash-test, alors qu’on aurait pu craindre une forte affluence fatale.

L’écran de fin de Amazon Prime Video Ligue 1 // Source : Capture d’écran

Ce qui ne va pas avec Amazon Prime Video Ligue 1

Amazon Prime Video Ligue 1 impose des barrières auxquelles certains aficionados ne sont pas préparés. Les personnes les moins au fait de la tech d’aujourd’hui peuvent vite ne rien comprendre au fonctionnement d’une application. En prime, comme nous le soulignions dans un article dédié, l’inscription à Amazon Prime Video Ligue 1 est loin d’être une sinécure : il y a le côté double abonnement, mais aussi l’interface poussiéreuse d’Amazon.

Pour les habitués, il est plus simple de se rendre à Darty pour s’abonner à Canal+, que d’installer une application. La liste des appareils compatibles est immense (les box FAI le sont), mais, pour certains, appuyer sur la touche ‘4’ de sa télécommande (Canal+) reste un réflexe un peu trop ancré. En somme, Amazon Prime Video Ligue 1 impose une nouvelle routine qui pourrait être rédhibitoire pour un public moins averti. Une solution simple serait de proposer un flux linéaire — lire : une chaîne — sur toutes les box du marché (exemple : canal 67 sur celle de SFR).

La catégorie Amazon Prime Video Ligue 1 est logiquement intégrée à la plateforme Amazon Prime Video, laquelle donne aussi accès à des films et des séries (le catalogue évolue chaque semaine). Force est de reconnaître qu’on est loin d’une ergonomie à la Netflix ou à la Disney+. Trop datée, l’interface n’est pas un modèle de praticité et n’est pas très jolie. Elle manque aussi de fonctionnalités : une alerte but sur les autres matches diffusés en même temps (c’est le cas sur RMC Sport) et un changement automatique de chaîne quand la diffusion est terminée (plutôt qu’un simple message). Techniquement, Amazon a encore des points à améliorer.

Il y a enfin la question de la diffusion en 4K : Canal+ propose des événements sportifs avec cette qualité depuis déjà quelques années (Formule 1, football…) tandis que les grandes compétitions — Euro, Coupe du monde — en bénéficient également. Il est dommage de voir Amazon Prime Video Ligue 1 s’en priver, au moins pour ses plus belles affiches (celle du dimanche soir). Ce n’est pas un problème technologique, plutôt de coûts : certains films sont en 4K et en HDR sur sa plateforme Prime Video. Et ce serait une autre belle évolution pour l’avenir.

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