La chaîne Téléfoot, lancée au début de la saison pour diffuser les principaux matches de Ligue 1, va s'arrêter. Le groupe Mediapro et la LFP, qui gère les droits, étaient arrivés à un point de non retour concernant le paiement des droits.

Cette saison 2020/2021 de football aura été marqué par deux choses : la pandémie de coronavirus qui a bousculé le calendrier et l’arrivée de Mediapro, groupe espagnol qui s’était accaparé les droits de diffusion de Ligue 1 pour un montant record (830 millions d’euros par saison). En plus de beIN Sports, RMC Sport et Canal+, les amateurs de foot devaient s’abonner à Téléfoot pour ne rien louper de leur sport favori. Mais, en proie à des difficultés financières et à des défauts de paiement, Mediapro va annoncer l’arrêt de la chaîne, rapporte l’Équipe dans un article publié le 11 décembre.

L’issue était inévitable puisque Mediapro a failli à ses engagements financiers, refusant de payer certaines échéances qu’il doit à la LFP (à compter de celle d’octobre pour un montant de 172,3 millions d’euros) et mettant en péril l’économie si fragile du football français. Pour le moment, on ne sait pas quand la chaîne Téléfoot cessera d’émettre et si, par exemple, elle s’offrira une dernière danse avec le choc entre le PSG et Lyon prévu ce dimanche à 21h.

La chaîne Téléfoot // Source : Téléfoot/Mediapro

Triste sortie pour la chaîne Téléfoot

Mediapro était arrivé avec des ambitions sans doute un peu trop élevées : mettre beaucoup d’argent sur la table pour la Ligue 1, pensant rentabiliser très vite l’investissement avec un prix d’abonnement très élevé (25,90 euros par mois). On y a même cru, au début, quand il s’est allié à RMC Sport pour co-diffuser la Ligue des Champions et a signé un partenariat avec le groupe TF1 pour utiliser la marque iconique Téléfoot. On a même trouvé le rapprochement avec Netflix malin. En termes de recrutement, Mediapro n’a pas hésité à engager des pointures de beIN Sports, qui ne propose plus que les championnats étrangers à ses abonnés (Liga, Serie A, Bundesliga).

Le 21 octobre, alors que la situation commençait sérieusement à se fragiliser, Jaume Roures, président de Mediapro, indiquait dans les colonnes de l’Équipe : «  Nous avons en ce moment autour de 600 000 abonnés, sans connaître tous les abonnements des opérateurs. » Un nombre insuffisant pour une chaîne qui visait les 3,5 millions d’abonnés à terme, un objectif basé sur «  une équation économique périlleuse  » selon Les Échos. Quand on s’intéresse à la situation financière de beIN Sports, qui revendiquerait 4 millions d’abonnés, on se rend compte qu’un bouquet de chaînes thématiques est très difficile à rentabiliser

Il reste désormais plusieurs choses à définir :

  • La date d’arrêt de diffusion ;
  • L’identité de celui ou ceux qui vont récupérer les droits (Canal+ et beIN Sports sont en pole position) ;
  • La gestion de la résiliation pour l’abonné, un dossier compliqué selon les cas (abonnement sans engagement, pack avec un opérateur, abonnement d’un an payé en une fois…).

 

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