En France, comme partout dans le monde, la cadence de la campagne vaccinale accélère. Lancée fin 2020 avec peu de doses disponibles, la vaccination est, au début du mois de mai 2020, bien plus accessible. Quand pourrez-vous vous espérer vous faire vacciner ? Numerama tient le fil des évolutions du calendrier vaccinal dans cet article.

Le vaccin contre le coronavirus est là. La stratégie vaccinale a mis du temps à se lancer en France, mais elle tourne début mai 2021 beaucoup mieux que fin décembre 2020. Le gouvernement a publié les statistiques de vaccination, compilée par l’excellent site Vaccin Tracker. À la fin du mois d’avril, près de 14 millions de premières doses ont été injectées et 6,3 millions de secondes doses de même.

Quand pourrez-vous vous faire vacciner ? Quelles ont été les recommandations de la stratégie vaccinale du gouvernement et de la Haute Autorité de Santé ? C’est ce que nous résumons dans cet article.

À partir du 15 juin 2021, Emmanuel Macron a annoncé que la vaccination serait ouverte à tous les Françaises et les Français de plus de 18 ans. Mais dès le 12 mai 2021, tous les Français et les Françaises sont invitées à prendre des rendez-vous vaccinaux de la veille pour le lendemain, si des créneaux sont inoccupés par les personnes éligibles.

Qui peut se faire vacciner ?

Chronodose : des créneaux ouverts à toutes et à tous

Tous les citoyens majeurs pourront prendre un rendez-vous la veille pour le lendemain, sans condition de santé ni limite d’âge, à partir de la fin de l’après-midi. Cette exception est mise en place pour éviter que des créneaux ne soient pas remplis : l’objectif est d’écouler au plus vite les doses disponibles.

Vous retrouverez toutes les informations pour profiter de ces créneaux dans cet article.

Dès maintenant

Toutes les personnes de plus de 50 ans (vaccins Moderna ou Pfizer).

Toutes les personnes de plus de 60 ans (vaccins AstraZeneca, Janssen, Pfizer ou Moderna).

Toutes les personnes de 55 à 59 ans (vaccins AstraZeneca ou Janssen)

Les personnes de 55 à 59 ans (vaccins AstraZeneca, Janssen, Pfizer ou Moderna après avis du médecin) :

  • Professionnels de santé
  • Proches de personnes immunodéprimées
  • Personnes en situation de handicap hébergées en maison d’accueil
  • Personnes à très haut risque face au Covid-19
  • Résidents d’Ehpad ou d’unités de soin de longue durée

Les personnes de 50 à 54 ans (vaccins Pfizer ou Moderna) :

  • Personnes souffrant de comorbidités
  • Professionnels de santé
  • Proches de personnes immunodéprimées
  • Personnes en situation de handicap hébergées en maison d’accueil
  • Femmes enceintes à partir du deuxième trimestre de grossesse
  • Personnes vulnérables à très haut risque face au Covid-19
  • Professions dites « prioritaires » pour leur contact rapproché avec le public
  • Personnes souffrant de maladies chroniques (insuffisance rénale, cardiaque, obésité, cancers…) dès le 1er mai, comme l’a précisé Olivier Véran sur France Info le 30 avril.

Les personnes de 18 à 49 ans (vaccins Pfizer ou Moderna) :

  • Personnes souffrant de comorbidités
  • Personnes vulnérables à très haut risque
  • Professionnels de santé
  • Femmes enceintes à partir du deuxième trimestre de grossesse
  • Proches de personnes immunodéprimées
  • Professions dites « prioritaires » pour leur contact rapproché avec le public (les centres de vaccination ne pratiquent pas tous la même politique à ce sujet)
  • Personnes en situation de handicap hébergées en maison d’accueil
  • Personnes souffrant de maladies chroniques (insuffisance rénale, cardiaque, obésité, cancers…) dès le 1er mai, comme l’a précisé Olivier Véran sur France Info le 30 avril.

Comment trouver un rendez-vous ?

En plus des standards téléphoniques, la plupart des centres disposent d’outils de réservation en ligne. Des sites internet dédiés, compilant ces ressources, ont été créés par des citoyens.

On peut citer Vite Ma Dose et Covidliste.

La chronologie théorique de la vaccination adoptée par le gouvernement

La France a résumé les résolutions de la Haute Autorité de Santé, en 5 étapes, en trois grands moments. Olivier Véran a affirmé cependant que ces dates pourraient être décalées selon l’arrivée des autorisations. La logistique sera aussi cruciale : les vaccins Pfizer doivent être congelés à -80 degrés.

  • Dès le 27 décembre 2020 et sur tout le mois de janvier  : 1 million de personnes prioritaires seront vaccinées. Il s’agit des personnes âgées en EHPAD ou hébergement collectif ou les personnes âgées avec une comorbidité (diabète, par exemple). À ces personnes prioritaires s’ajoutent dès le lundi 18 janvier une nouvelle vague de citoyens appelés : les personnes de plus de 75 ans et celles et ceux présentant une pathologie pouvant entraîner des risques graves de mortalité du covid 19.En parallèle, le gouvernement a ouvert la vaccination au personnel de santé de plus de 65 ans ou présentant des comorbidités.  Les premières doses viendront de Pfizer et BioNTech.
  • De février à avril 2021  : 14 millions de personnes seront vaccinées. Il s’agit du reste du personnel médical, des personnes âgées hors EHPAD et des personnes présentant une pathologie. Les vaccins Moderna, AstraZeneca, CureVac et Janssen s’ajouteront aux premiers.
  • Au printemps 2021  : la vaccination sera ouverte à toutes et à tous, progressivement. Sous réserve, bien entendu, que les doses suivent : le vaccin Sanofi annoncé en renfort pour cette période a été repoussé pour la fin de l’année 2021.
Olivier Véran présentant la stratégie vaccinale // Source : Capture d’écran Numerama

Le plan de vaccination français selon les recommandations de l’AHS en résumé

  • Vous résidez en EHPAD où faites partie du corps médical à risque de plus de 65 ans : phase 1.
  • Vous avez plus de 65 ans ou faites partie du corps médical de plus de 50 ans : phase 2.
  • Vous avez plus de 50 ans, moins de 50 ans avec une comorbidité ou faites partie des fonctionnaires garantissant le fonctionnement de l’État : phase 3.
  • Vous êtes un professionnel en contact avec le public ou travaillant dans un lieu clos, ou une personne en situation de précarité : phase 4.
  • Vous êtes majeur et n’entrez dans aucune des catégories précédentes : phase 5.

La Haute Autorité de Santé (HAS) en France avait rappelé lors des annonces du laboratoire Pfizer autour d’un vaccin qu’elle cherchait à « identifier les populations à cibler prioritairement  » et le Conseil scientifique en charge de la question avait émis des avis sur le sujet. On connaissait donc les bases scientifiques de cet ordre de priorité : place, en premier lieux, aux personnes les plus à risque. Le 30 novembre 2020, la HAS a détaillé le plan de vaccination en France. On retrouve les principes déjà évoqués, mais avec plus de détails sur les phases de vaccination.

Scientifique travaillant sur un vaccin contre le coronavirus. // Source : AstraZeneca

Phase 1 (critique) : personnes âgées en EHPAD et corps médical

La première phase est évidente : elle concernera les personnes âgées résidant dans des EHPAD ou dans des hébergements collectifs. Comme plusieurs mois de crise sanitaire nous l’ont appris, ce sont les personnes les plus à risque et chez qui le Sars-Cov-2 est le plus mortel — elles représentent « un tiers des décès  ».

D’autres citoyens seront éligibles dès cette phase : le personnel médico-social à risque (plus de 65 ans, comorbidités), le personnel du secteur du transport sanitaire et tous les soignants qui sont amenés à travailler en contact des victimes du coronavirus. Il faudra un travail précis pour cibler les médecins et tout le personnel hospitalier qui est en contact direct avec la maladie dans un cadre professionnel. Comme le dit la HAS, leur « activité ne doit pas s’arrêter  ».

Phase 2 (critique) : personnes âgées et personnel médical

La phase 2 est toujours critique, car elle correspond aussi à des populations ayant un haut taux de mortalité due au Covid-19. Les personnes de 75 ans, puis de 65 à 74 ans avec comorbidité, puis de 65 à 74 ans sans comorbidité, sont concernées.

Du côté du personnel médical, la HAS étend le périmètre de vaccination : dans un premier temps, tous le personnel de plus de 50 ans avec une comorbidité, puis, progressivement, tout le personnel médical, avec ou sans contact direct avec le virus.

On comprend l’idée : protéger les plus vulnérables et assurer que le corps médical dans son intégralité n’ait plus à craindre une contamination en exerçant ses fonctions.

Phase 3 (critique) : personnes et fonctionnaires à risque

Dans cette phase, toujours critique, l’objectif est de « réduire les hospitalisations et les décès  ». Elle se concentre donc sur les personnes de plus de 50 ans, ou de moins de 50 ans avec une comorbidité.

Du côté des professionnels, il faudra vacciner les fonctionnaires qui s’assurent du fonctionnement de l’État — le gouvernement en dressera la liste, mais la HAS évoque le secteur de la sécurité et celui de l’éducation. Ces deux mentions sont compréhensibles : il s’agit de professionnels en contact avec des personnes, souvent dans des lieux clos propices à la transmission du virus.

Phase 4 : professionnels à risque de contact

Si un professionnel n’entrait pas dans les catégories précédentes, c’est à ce moment-là qu’il pourra se faire vacciner en raison de sa probabilité à croiser une personne infectée. La HAS pense aux personnes qui travaillent au contact du public ou dans des lieux clos.

Les personnes en situation de précarité, qui n’ont pas plus de 50 ans ou de comorbidité seront également concernées. La HAS évoque les détenus, les sans domicile fixe ou les résidents d’hôpitaux psychiatriques.

Phase 5 : toute la population majeure

La phase 5 correspond à une mise à disposition du vaccin pour toutes les personnes majeures souhaitant se faire vacciner, avec ou sans comorbidités. Ce sera une phase de normalisation de la vaccination, mais qui devrait intervenir tard : elle sera atteinte quand toutes les populations précédentes, plus à risque, auront été vaccinées.

Article publié initialement le 30 novembre 2020 et mis à jour le 15 mai 2021

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