Universal Music a décidé de faire plier Deezer par tous les moyens. La maison de disques a déposé une plainte en référé auprès du TGI de Paris. Elle accuse la plate-forme musicale d'exploiter son catalogue sans accord. Derrière ce conflit se joue également la crédibilité de la Hadopi qui a aussi pour mission de promouvoir et favoriser l'offre légale.

Universal Music est finalement passé à l’attaque. La maison de disques française a déposé une plainte en référé auprès du tribunal de grande instance de Paris. Elle accuse Deezer de contrefaire son catalogue, dans la mesure où le site de musique en ligne n’a pas renouvelé son accord d’exploitation. Selon l’Express, qui rapporte l’information, la situation dure depuis le mois de janvier.

La plainte d’Universal Music est la traduction logique des tensions qui se sont accumulées ces derniers mois avec Deezer. La maison de disques avait menacé de retirer son catalogue de la plate-forme de streaming. Toutefois, le retrait ne concernerait pas la version payante du site. Selon nos confrères, les abonnés ayant souscrit une offre premium continueraient d’accéder aux artistes licenciés chez Universal Music.

En portant plainte, la major ne veut pas uniquement régulariser l’accord d’exploitation. Elle aimerait aussi contraindre Deezer à suivre le chemin emprunté par Spotify. Le service musical suédois a en effet bridé sa version gratuite en limitant le nombre d’écoutes par titre à cinq et à 10 heures d’écoute par mois. Le site avait présenté au début du mois sa nouvelle offre, se contentant de limiter l’écoute gratuite à 5 heures par mois.

Comme le souligne l’Express, la plainte d’Universal Music tombe très mal pour le site de streaming. La plate-forme musicale doit renégocier son accord commercial avec Orange, ce dernier étant rentré au capital de Deezer à hauteur de 11 %. Les négociations risquent d’être beaucoup plus défavorables, puisqu’il aura sans doute perdu le catalogue le plus important de l’industrie musicale. Une perte que ne pourra pas ignorer l’opérateur.

La concurrence risque en tout cas de se frotter les mains. Face au partenariat Orange – Deezer s’est noué récemment un autre binôme : SFR – Spotify. Or comme cela a été souligné sur Twitter, la plainte d’Universal Music arrive assez opportunément. Rappelons en effet que SFR est une filiale du groupe Vivendi… tout comme Universal Music. Drôle de coïncidence.

Le conflit ouvert entre Universal Music et Deezer entraîne aussi une autre question : quid du label PUR pour le site de streaming ? Deezer est en effet demandeur du label offre légale de la Hadopi depuis avril dernier. La crise entre les deux parties est évidemment du plus mauvais effet, à l’heure où le label, acronyme de Promotion des Usages Responsables, doit apparaître sur les sites labellisés par la Haute Autorité.

« Cet épisode est symptomatique de l’inefficacité de la Haute Autorité » souligne l’Express. « Elle ne peut rien faire si la première major avec près de 40 % de parts de marché en France décide de retirer son catalogue à une plate-forme, quitte à mettre son avenir en péril« .

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