Alors que Deezer a limité l'écoute gratuite à 5 heures par mois, le président d'Universal Music France, Pascal Nègre, estime que ça n'est toujours pas assez. Il réclame que la plateforme interdise l'écoute répétée des mêmes titres, et menace de retirer son catalogue si Deezer n'obtempère pas.

Lundi, Deezer a annoncé le lancement de sa nouvelle formule, qui n’autorise plus que 5 heures d’écoute gratuite par mois, soit 10 minutes par jour. Pas assez rude pour Pascal Nègre, qui reste accroché à ses demandes de plafonnement par titres formulées en début d’année.

« La situation est explosive ». Selon nos confrères d’Electron Libre, qui corroborent des bruits de couloir que nous avions entendu lundi, Pascal Nègre serait sur le point de claquer la porte de Deezer. Le célèbre patron d’Universal Music France aurait déjà annoncé il y a plus de 15 jours au SNEP (Syndicat National de l’Edition Phonographique) son intention de retirer le catalogue de la maison de disques de la plateforme de streaming, dans un bras de fer avec le site racheté en partie par Orange. Un geste qui sera difficilement accepté par les abonnés, Universal dominant les top 100 albums (39 % de parts de marché) et singles (60 %).

Les maisons de disques voudraient que Deezer imite le modèle de Spotify, qui limite l’offre gratuite à 5 écoutes par titre, et non 5 heures. Une formule qui se serait avérée payante. « Spotify, qui bénéficie d’un accord avec le fabricant de mobile HTC et l’opérateur 3, a fait un bond de 160 000 à 227 000 abonnés au Royaume-Uni en à peine 2 semaines !« , remarque Electron Libre. Or Deezer rapportant à l’industrie 9 millions d’euros pour 7 millions d’utilisateurs, les labels seraient plus que pressés de voir le site français imiter son concurrent, alors que Deezer mise davantage sur l’audience pour valoriser la société.

« Universal Music aurait demandé à Deezer une garantie sur ses parts de marché sur le premium, ce qui serait contraire à la charte Hoog signée par la maison de disques en début d’année« , écrit Electron Libre. « L’accord entre Deezer et Orange pourrait être remis en cause si Universal quitte définitivement le navire, en retirant son catalogue. Certaines clauses entre l’opérateur et le service de streaming le permettent« .

Selon nos confrères, la crise irriterait jusqu’au gouvernement, qui verrait d’un très mauvais oeil le retrait d’Universal du site que Christine Albanel avait dressé en exemple d’offre légale lors des débats parlementaires de la loi Hadopi. Elle serait d’autant plus mal venue que la Haute Autorité lance la semaine prochaine sa campagne de communication, avec spots TV, pour vanter les mérites de son offre légale aux usages PUR.

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