Le Canada présente deux nouveaux concepts de voitures électriques avec l’ambition de devenir un leader mondial du secteur. Il y a cependant un problème de taille : même si le pays a des usines automobiles, il n’a aucun constructeur national.

C’est un paradoxe qui mérite qu’on s’y attarde. Le Canada assemble des voitures pour le compte de constructeurs internationaux, notamment américains et japonais. Le pays dispose aussi d’une solide industrie de pièces automobiles. Toutefois, il ne possède aucun constructeur national capable de concevoir, produire et commercialiser une voiture sous pavillon canadien. D’où viennent alors ces concepts Vector et Borealis, présentés au salon automobile de Toronto, qui se tient du 13 au 22 février 2026 ?

Il s’agit en réalité du Project Arrow, porté par l’Association des fabricants de pièces automobiles (APMA). Les équipementiers automobiles canadiens ont voulu démontrer leurs ambitions en matière de conception de véhicules électriques complets, souhaitant prouver qu’ils sont prêts à ce que le Canada devienne le leader mondial de la voiture électrique.

Project Arrow, vitrine technologique ou vrai plan industriel ?

Un premier prototype avait été présenté en 2023 au CES de Las Vegas comme un démonstrateur 100 % canadien, intégrant des technologies développées par des entreprises locales. Le Project Arrow répondait alors à l’appel du Premier ministre de l’époque, Justin Trudeau, en faveur d’un avenir sans émissions d’ici à 2050 en réunissant les meilleures entreprises canadiennes.

Project Arrow Borealis présenté au salon de Toronto // Source : APMA
Project Arrow Borealis présenté au salon de Toronto. // Source : APMA

En 2026, deux nouveaux concepts prennent le relais : Vector et Borealis, dévoilés dans la continuité de cette initiative, comme le rapporte InsideEVs le 13 février. La mission dépasse la simple présentation de deux véhicules : il s’agit de prouver qu’un écosystème industriel national peut exister autour du véhicule électrique. La chaîne de valeur est capable de collaborer de la conception à l’assemblage d’un tel véhicule et l’objectif est de rendre ce concept commercialement viable d’ici à 2028.

Néanmoins, entre un démonstrateur technologique et une voiture électrique commercialisable à part entière, il y a un monde. Même si le projet associe plus de 80 fournisseurs automobiles et l’Université Ontario Tech, cela n’est clairement pas suffisant pour dépasser la phase du prototype.

Vector et Borealis : qu’apportent vraiment ces concepts ?

Vector est probablement le concept qui attire le plus l’attention. Il adopte une silhouette de compact assez sportive. Il est composé d’un châssis léger en aluminium et en polymère. Sa puissance atteindrait 650 ch. L’autonomie théorique serait de 550 km, même si aucune donnée sur la taille de la batterie ou sa chimie n’a été dévoilée. C’est sur cette plateforme que l’Association des fabricants de pièces automobiles mise à court terme.

Project Arrow Vector - 100 %  made in Canada // Source : APMA
Project Arrow Vector, 100 % made in Canada. // Source : APMA

Le concept Borealis explore plutôt l’avenir avec un véhicule pleinement autonome de niveau 5, qui pourrait parcourir de longues distances : jusqu’à 1 500 km. Et même si le projet semble un peu trop utopiste pour le moment, le président de l’APMA indique que ces deux plateformes sont « prêtes à l’achat ».

La force de ce projet, c’est qu’il met en avant des technologies développées par des fournisseurs locaux, avec autant que possible des matières premières locales et des véhicules adaptés au climat local. Sur le papier, l’initiative part d’une bonne intention.

Modélisation de l'intérieur du futur Borealis // Source : APMA
Modélisation de l’intérieur du futur Borealis. // Source : APMA

Au fond, Project Arrow ne cherche peut-être pas à faire naître un « Tesla canadien ». L’objectif semble plus stratégique : montrer que le Canada ne veut pas seulement fournir des pièces, mais maîtriser l’intégration complète d’un véhicule électrique et être force de proposition. De la batterie à l’architecture logicielle. Reste une question centrale : un écosystème d’équipementiers peut-il devenir leader sans marque pour l’incarner ? Le Canada aimerait prouver que oui. L’histoire dira si la démonstration suffit, on en doute hélas.

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