Nintendo fait renaître de ses cendres The Legend of Zelda: Link's Awakening, avec un remake beaucoup trop mignon sur Switch. Il ne faut pas se fier aux apparences. Graphismes, gameplay, ressenti : on passe en revue le jeu.

Immense succès de Nintendo, la Switch est choyée comme l’a rarement été une console. Après avoir pu compter sur un titre majuscule comme The Legend of Zelda : Breath of the Wild au lancement et en attendant la suite annoncée plus ambitieuse, la Switch accueille The Legend of Zelda : Link’s Awakening le 20 septembre (le même jour que la sortie du modèle Switch Lite, tout-terrain pour les joueurs occasionnels). Le titre parlera aux fans de la licence et/ou aux propriétaires d’une Game Boy. Et pour cause : il s’agit d’un remake du jeu éponyme sorti en 1993 sur l’illustre console portable. Si on veut être plus précis, il s’agit d’un remake de la version DX, disponible quelques années plus tard sur Game Boy Color.

Gif Legend of Zelda : Link’s Awakening

The Legend of Zelda : Link’s Awakening est le quatrième opus de la saga. S’il abandonne certains éléments en route (où est Zelda ?), il repose sur les mêmes leviers que les autres. Il prend la forme d’une vaste aventure dans laquelle on est invité à aider des personnages, combattre des monstres, résoudre des énigmes et traverser des donjons. Non sans récupérer des nouvelles aptitudes au passage.

Choupi tout plein

Avec son quart de siècle bien tassé au compteur, The Legend of Zelda : Link’s Awakening avait bien besoin d’un petit ravalement de façade. Oubliez le rendu 2D et pixelisé de l’époque, le titre fait bel et bien peau neuve sur la Switch. Nintendo a décidé d’opter pour une direction artistique qui tire vers le dessin animé avec des personnages rondouillards, des couleurs chatoyantes et une patte un peu plastique. Ces arguments ne plairont pas à tout le monde (il faut aimer les choses mignonnes) mais force est de reconnaître qu’ils ne manquent pas de charme. Dans l’esprit, ils font penser à The Legend of Zelda : The Wind Waker et son cel-shading (plus proche du cartoon).

Le jeu cache une exigence d’un autre âge

On est en tout cas très loin d’un voyage sombre à la The Legend of Zelda : Twilight Princess. Ce choix artistique est néanmoins trompeur : si choupi soit-elle, la version Switch de The Legend of Zelda : Link’s Awakening n’a rien d’une promenade de santé pour un public jeune. Les joueurs doivent être prévenus et il ne faut pas se fier aux apparences. Sous ses airs inoffensifs, le jeu cache une exigence d’un autre âge. En prime, l’histoire n’est pas toujours des plus joyeuses. C’est un autre point à prendre en compte.

Convaincant pour les yeux et jamais avare en effets visuels ou en animations soignées,  The Legend of Zelda : Link’s Awakening doit parfois composer avec quelques ralentissements disgracieux (en mode portable). Un constat qui se vérifie dès l’introduction et les premiers pas dans le village : à partir du moment où l’écran devient surchargé d’éléments à afficher, le moteur graphique rappelle que la Nintendo Switch reste une console qui manque d’un soupçon de puissance. Naturellement, les chutes de framerate sont inexistantes quand les environnements se resserrent — c’est-à-dire dans les donjons et les maisons.

The Legend of Zelda : Link’s Awakening // Source : Nintendo

Le même jeu, à quelques détails près

Nintendo a énormément concentré ses efforts sur la forme. Dans le fond, The Legend of Zelda : Link’s Awakening n’a presque pas changé. Échoué sur une île mystérieuse, Link doit rassembler des instruments magiques pour réveiller le Poisson-Rêve et retourner chez lui. Ce fil rouge accouche d’une longue aventure qui consiste à rendre Link plus puissant et mieux équipé pour contourner les obstacles qui se dressent sur son chemin. Les mécaniques, un tantinet poussiéreuses, sont les mêmes qu’à l’époque et bien que la carte soit ouverte, certaines zones sont accessibles uniquement avec la compétence adéquat. Pour s’en sortir, il faut faire les donjons les un après les autres, dans un ordre déterminé.

Les développeurs n’ont pas cherché à rendre la tâche plus accessible que dans la version d’origine, tout du moins dans les fondamentaux. N’attendez pas de The Legend of Zelda : Link’s Awakening un journal de quêtes avec navigation intégrée. Le périple de Link réclame de prêter attention aux détails pour enchaîner les diverses tâches à accomplir (quitte à prendre des notes pour se souvenir des passages qui se débloqueront plus tard). Cette structure, loin d’être fluide et assistée, repose parfois sur une logique douteuse. Elle a tendance à faire tourner le joueur en rond jusqu’à ce qu’il rattrape le bon wagon. Si jamais vous vous demandez quoi faire, n’oubliez pas que les guides de l’ancien jeu sont toujours d’actualité pour le nouveau (les niveaux sont les mêmes)…

The Legend of Zelda : Link’s Awakening gagne en confort et souplesse

The Legend of Zelda : Link’s Awakening profite quand même de son arrivée sur Switch pour réactualiser un tout petit peu le gameplay. Les touches supplémentaires par rapport à la Game Boy permettent de bénéficier de raccourcis pour les pièces d’équipement (bombes, arc, plume pour sauter…) tandis que certains objets clés n’ont plus besoin d’être sélectionnés pour être utilisés (exemple : les bracelets pour soulever des choses lourdes). Ces ajustements n’empêchent pas les allers/retours avec l’inventaire pour répondre aux différentes situations. Mais ils les réduisent de manière drastique.

Dans le même ordre d’idées, la carte est beaucoup plus pratique (on peut zoomer et dézoomer ou encore mettre des marqueurs) et c’est un gros plus pour s’y retrouver. Avec cette somme de petits changements, The Legend of Zelda : Link’s Awakening gagne en confort et souplesse, sans jamais se trahir. Ce feeling préservé fait du remake un jeu avant tout conçu pour les fans de Zelda et de Nintendo au sens plus large (il y a de nombreuses références à l’univers Mario).

The Legend of Zelda : Link’s Awakening // Source : Nintendo

Au-revoir les photos

La déclinaison Switch de The Legend of Zelda : Link’s Awakening reprend le contenu DX — y compris le donjon optionnel intitulé Le Palais de la Couleur. Elle troque en revanche les douze photos que l’on pouvait ramasser au profit d’un outil de création pour concevoir ses propres donjons (on aurait préféré les photos). Avis à celles et ceux qui ont déjà passé des centaines d’heures à imaginer des niveaux dans Super Mario Maker.

Pour prolonger la durée de vie qui dépasse les dix heures (voire plus sans soluce), The Legend of Zelda : Link’s Awakening comporte quelques tâches annexes. Elles s’articulent autour de l’exploration de l’île pour récupérer des coquillages bien cachés (pour recevoir une épée plus puissante) et des quarts de cœur (pour pourvoir encaisser plus d’attaques adverses). En termes d’ambitions, on est bien évidemment très loin de The Legend of Zelda : Breath of the Wild (mais la comparaison n’a, au fond, pas lieu d’être).

En bref

The Legend of Zelda: Link's Awakening

Note indicative : 4/5

Difficile de ne pas tomber sous le charme fou dégagé par le remake remaster + de The Legend of Zelda: Link's Awakening (si on aime les rendus mignons). Derrière ce visage Playskool, Nintendo n'est pas tombé dans le piège de l'édulcoration à outrance pour plaire à un public plus vaste jeune. Un excellent point.

Ce nouveau The Legend of Zelda: Link's Awakening est fondamentalement le même. Mêmes mécaniques, même énigmes, même découpage parfois illogique, même exigence dans l'approche de l'aventure. Nintendo s'est simplement contenté de lustrer la prise en main pour qu'elle soit plus agréable. Pour le reste, armez-vous d'une soluce et/ou faites appel à votre mémoire avant de dévorer cette Madeleine de Proust aussi sucrée que les années 90. 

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  • Mignon comme tout
  • L'essence de l'originale préservée
  • Une aventure copieuse

Bof

  • Un peu trop "mignon comme tout"
  • Mécaniques vieillottes et logique d'un autre temps
  • Quelques ralentissements

Crédit photo de la une : Nintendo

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