Jeudi soir, les yeux seront rivés sur Sony, qui tiendra une conférence centrée sur les premiers jeux PS5. Au regard du contexte actuel et de l'avance de Microsoft, il va falloir convaincre.

Sony va sortir du silence concernant la PS5, sa future console attendue pour la fin d’année. Le rendez-vous est pris pour ce jeudi 11 juin, avec une diffusion sur YouTube qui a été repoussée d’une semaine (en raison de la haine raciale qui sévit aux États-Unis). On sait déjà de quoi parlera la conférence : des jeux, un point sur lequel la multinationale n’a pas encore communiqué.

Le contexte actuel ne joue pas en faveur de Sony, qui s’est pour le moment axé sur les caractéristiques techniques de sa console (au design toujours inconnu). Non seulement Microsoft est en légère avance mais, en prime, la pandémie de coronavirus empêche les constructeurs d’organiser des événements pouvant réunir du monde au même endroit (ce qui aide pour diffuser des messages). Malgré cet exercice difficile, Sony devra convaincre et rassurer sur la PS5. On a ciblé trois grands axes importants : les exclusivités, la rétrocompatibilité et la transition depuis la PS4.

Le logo de la PlayStation 5
Sony

Les exclusivités ou le principal argument de la PS5

Sur Xbox Series X, les joueurs auront droit à Halo Infinite. Sur PS5 ? On n’en sait rien. Mais on connaît la ligne éditoriale de Sony : sur PS4, les propriétaires bénéficient d’un catalogue d’exclusivités de qualité. C’est la force de l’entreprise japonaise : ses studios sont capables de proposer d’excellentes expériences. Horizon Zero Dawn, Marvel’s Spider-Man, God of War ou encore Uncharted 4 : A Thief’s End sont autant d’exemples de productions ayant marqué les esprits sur la génération actuelle. Et certaines, comme The Last of Us Part II et Ghost of Tsushima, sont encore à venir.

Tout porte à croire que Sony profitera de son événement de jeudi pour lever le voile sur au moins une exclusivité, une vraie, c’est-à-dire qui ne sera jouable que sur PS5. Cette stratégie serait à l’opposé de Microsoft, dont les futurs titres maison sortiront sur Xbox Series X, Xbox One et Windows 10 (ce qui vaut pour Halo Infinite).

En tout cas, on sait déjà que Sony ne pourra pas en mettre plein la vue, car le flux vidéo sera limité au 1080p (alors que les jeux seront normalement en 4K). Pour séduire, il faudra miser sur des noms et on serait par exemple ravi de voir une suite pour Horizon Zero Dawn.

Horizon : Zero Dawn // Source : Sony

La rétrocompatibilité ou le besoin de rassurer

Sony ne devrait pas avoir trop de mal à captiver l’audience avec un catalogue d’exclusivités. En revanche, il va falloir qu’il se retrousse les manches en ce qui concerne la rétrocompatibilité. Depuis l’annonce des premiers détails sur la PS5, la communication est devenue trouble. Tandis que Microsoft promet de réunir quatre générations sur la Xbox Series X, on serait déjà bien heureux de pouvoir jouer à certains titres PS4 sur PS5. Il s’agit d’un vrai enjeu pour Sony, qui n’est pas aussi à l’aise que son rival sur ce point.

Depuis quelques jours, on sait par exemple que Sony impose aux studios d’intégrer la rétrocompatibilité PS5 dans les futures productions PS4 — sans quoi elles ne seront plus certifiées. Mais on aimerait bien savoir comment cela va se passer pour les jeux plus anciens, sachant que la promesse a disparu du site officiel — ont remarqué certains observateurs.

« Nous nous attendons à ce que l’immense majorité des 4 000 titres PS4 soit jouable sur PS5. Nous avons déjà testé des centaines de titres et nous en aurons testé quelques milliers d’ici au lancement », promettait Sony le 18 mars dernier.

Rétrocompatibilité sur PS5 : changement sur la page officielle // Source : Capture d’écran

La transition ou la nécessité de répondre à Microsoft

Microsoft met en avant la technologie Smart Delivery, intégrée à son écosystème. Grâce à elle, il ne sera pas nécessaire de payer deux fois un jeu qui sortira sur Xbox One et Xbox Series X. En prime, la firme de Redmond promet que le joueur profitera de la meilleure version en fonction de la plateforme sur laquelle il évolue. À l’heure où nous écrivons ces lignes, une dizaine de jeux en provenance des éditeurs tiers est concernée — notamment Cyberpunk 2077 et Assassin’s Creed Valhalla (deux blockbusters attendus pour la fin d’année).

Sur PlayStation 5, Sony n’a annoncé aucun équivalent à date — même si Bungie a récemment ouvert la voie avec Destiny 2 (les joueurs PS4 n’auront pas à racheter les contenus payants). Le Smart Delivery paraît pourtant essentiel pour assurer une transition en douceur, le temps que la Xbox Series X fasse sa place sur le marché. On n’imagine pas la PS5 ne pas proposer la même chose, au regard de l’avantage concurrentiel que cela peut procurer durant les premiers mois du cycle de vie.

Partager sur les réseaux sociaux