La moitié des prochaines productions Marvel ne sortira pas sur grand écran, mais sur Disney+. Peut-on encore parler d'univers cinématographique Marvel ?

L’univers cinématographique Marvel (MCU) pourra-t-il encore longtemps garder son nom ? La franchise de super-héros a présenté, lors du Comic Con 2019 ce 21 juillet, toutes les nouvelles productions prévues pour les deux années à venir, qui seront inclues dans la « Partie 4 » de cette galaxie. Et un aspect n’a pas échappé aux fans : la moitié des contenus ne sortiront pas au cinéma, mais sur Disney+, la future plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) qui sera lancée à la fin de l’année outre Atlantique.

Il s’agit de cinq séries Marvel qui sortiront entre 2020 et 2021. Dans l’ordre  : The Falcon and the Winter Soldier (automne 2020), WandaVision (été 2021), Loki (été 2021), What If… ? (été 2021, série animée) et Hawkeye (automne 2021).

Toutes ces productions ont été incorporées dans une frise chronologique, entre les blockbusters de cinéma qui sortiront sur la même période (Black Widow, Doctor Strange 2, etc). Preuve que Disney, propriétaire de Marvel depuis 2009, compte bien profiter du succès des super-héros pour servir ses ambitions nouvelles dans la vidéo en streaming.

Les nouveaux projets du MCU // Source : Twitter/iamravanan

Le MCU est-il encore le MCU sans cinéma ?

2019 est une année charnière pour la vidéo en ligne : alors que depuis des années, Netflix régnait en maître quasi incontesté (à l’exception de quelques Hulu et Amazon Prime Video), de nombreux producteurs et diffuseurs sont décidé d’investir le marché, à la fois potentiellement lucratif et qui n’est pas encore arrivé à saturation. WarnerMedia va lancer HBO Max (avec Game of Thrones et Friends), NBCUniversal aura également sa propre plateforme (avec notamment la série à succès The Office), tandis qu’Apple TV+ tente également de jouer des coudes, malgré une quantité plus restreinte de contenus.

Disney aura besoin de marques fortes pour agréger de nouveaux abonnés payants (l’abonnement débutera à 6,99 dollars par mois) : en mettant l’accent sur les super-héros Marvel, la multinationale de Bob Iger se garantit déjà d’attirer une partie des aficionados pur jus. Il n’empêche que cet univers, justement, a été bâti depuis 2008 sur un modèle très figé : des blockbusters à très gros budget, avec des effets spéciaux grandiloquents, qui sortent selon une logique promotionnelle précise. Or avec ces séries, Disney fait un saut dans le vide et soulèvent déjà des inquiétudes : la qualité sera-t-elle au rendez-vous ? Quels moyens mettra la multinationale dans ces contenus ? Les scénaristes auront-ils des histoires correctes et bien construites à raconter, ou s’agit-il, cyniquement, d’une tactique pour battre les autres plateformes sur la guerre des contenus, qu’importe le fond ?

Une chose est sûre : l’univers Marvel ne sera plus jamais comme avant. Pour le meilleur ou pour le pire.

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