Si vous avez envie de revendre vos cadeaux en douce, préférez Leboncoin. Si vous faites fi des normes morales qui ont cours en 2019, alors Facebook Marketplace est une alternative à considérer.

Avec la popularité des plateformes de revente d’occasion, le sujet de la revente des cadeaux de Noël est devenu un marronnier pour la presse qui n’hésite pas à tourner ce phénomène de société sous tous les angles possibles. La question qui préside est souvent la suivante : est-ce bien moral de revendre un cadeau de Noël ?

C’est tout l’enjeu derrière la pratique. Si tout le monde revend, personne ou presque n’ose l’afficher. On n’imagine pas répondre un « oh merci, j’en tirerai 15 € sur Leboncoin  » après avoir découvert l’intégrale de Friends en DVD, même si ce soupçon d’honnêteté pourrait lancer un conversation au demeurant fort intéressante.

Mais si les Leboncoin et autres eBay peuvent se satisfaire de pseudonymes, la solution poussée par Facebook depuis 2016 ans en France a repris l’essence du réseau social : faire communiquer des gens entre eux selon leur véritable identité. Une garantie d’authenticité qui peut aussi être un vrai souci après les fêtes. Après une dizaine d’objets vendus sur Facebook Marketplace, nous vous livrons nos astuces… et nos mises en garde.

Attention, vous ne voulez pas être anonyme

Sur Facebook, une annonce rassure aussi par les informations sur le vendeur // Source : Captures d’écran Numerama

Dans Facebook Marketplace, il y a Facebook. Après plusieurs transactions qui se sont extrêmement bien déroulées, nous avons appris une chose sur cette alternative à Leboncoin : sa puissance vient de ses liens intrinsèques avec les outils du réseau social.

  • Jeter un œil sur le profil public d’un vendeur ou d’un acheteur permet de savoir si ce n’est pas un fake ou une tentative de scam.
  • Utiliser Messenger pour discuter avec de potentiels acheteurs longuement pour éviter tout doute permet de savoir si l’on peut faire confiance à la personne avec qui on discute — sans même évoquer la possibilité de lancer un chat audio sans avoir à donner son numéro de téléphone.
  • Partager une annonce sur des groupes de revente déjà bien établis dans votre région maximise la visibilité de vos propositions et s’intègre dans une mécanique bien rodée et très utilisée sur le réseau social.
  • Partager vos annonces sur votre profil vous permet très souvent de voir que votre cercle restreint est parfois celui auquel vous ne pensez pas, mais qui s’intéresse à vos produits.

Tout cela fait que si vous souhaitez utiliser Facebook Marketplace à son plein potentiel, vous devez utiliser Facebook. Et si vous devez utiliser Facebook, c’est avec votre profil principal : un acheteur sera toujours plus rassuré de voir que vous êtes une personne réelle, qui n’a pas créé son compte juste pour l’occasion (même si vos publications sont inaccessibles). Ce qui implique que vos proches ont des chances de voir ce que vous vendez.

À voir si vous souhaitez être cette personne qui brise les tabous sociaux.

Bien vendre sur Facebook Marketplace

Une fois que c’est acquis, l’outil proposé par Facebook est en réalité extrêmement puissant. Jamais le réseau social de Mark Zuckerberg n’a été aussi pertinent que lorsqu’il a développé des fonctionnalités sur des choses que faisaient déjà ses utilisateurs au lieu de tenter de leur imposer de nouveaux gimmicks empruntés à la concurrence. Les groupes de vente et d’échange étaient florissants sur Facebook et Marketplace n’en est qu’une extension avec une belle interface.

L’onglet Marketplace n’est pas un onglet // Source : Capture d’écran Numerama

Pour vendre, les conseils de base s’appliquent : écrivez une annonce courte et sincère, n’oubliez pas les défauts de vos produits (usure) et pensez à un titre très descriptif permettant de bien référencer votre publication. Il faut en revanche prendre en compte que Marketplace est un réseau très imagé où les photographies sont reines. Les acheteurs vont bien souvent consulter les annonces sur un smartphone, avec une vue au format grille : plus votre photo est jolie, plus vous pouvez avoir un impact. N’hésitez pas à dégager le champ autour de vos objets, ou à ajouter un animal mignon dans le cadre (testé et approuvé).

Marketplace étant entièrement gratuit, n’hésitez pas à commencer par mettre un prix élevé à vos objets : vous pourrez le baisser rapidement et obtenir un « prix barré » sans le moindre coût. Surveillez également vos annonces les plus anciennes : au bout de quelques semaines, vous pouvez les remonter gratuitement en tête de liste.

Cela s’appuie uniquement sur notre expérience, mais nous avons eu beaucoup moins de mauvaise surprise sur Facebook Marketplace un fois une conversation engagée que sur Leboncoin où les esquives de potentiels acheteurs sont légion. C’est peut-être lié, encore une fois, à l’utilisation d’un profil plus précis qui induit une forme d’engagement moral, bien plus que peut le faire un pseudonyme.  Si vous avez publié l’annonce également dans des groupes, n’oubliez pas de les surveiller : sur Facebook, les utilisateurs ne sont pas des pros du web, et beaucoup vous répondront en commentaire sans passer par les outils adéquats.

Dans Messenger, c’est vous qui devez faire attention : Facebook sépare (heureusement) vos demandes liées à Marketplace de vos conversations avec vos amis. L’onglet n’est pas très visible : il apparaît comme une conversation. Si vous ne le voyez plus, cherchez-le dans vos conversations.

Enfin, ne soyez pas effrayés par des messages qui pourraient arriver dans une autre langue. Facebook propose en effet un bouton pour lancer une discussion vis-à-vis d’un objet, et qui dit grosso modo « Bonjour, est-ce que cet objet est toujours disponible ? ». Problème : il s’écrit dans la langue configurée pour le réseau social. Et cette personne qui vous écrit ce message en ukrainien n’est peut-être pas un pro du scam en train de vous piéger, mais votre voisin d’origine slave qui utilise Facebook pour rester en contact avec sa famille. Au début, cela surprend, mais après quelques transactions parfaitement effectuées qui ont commencé par un message automatique incompréhensible, on se dit que le problème vient de la machine et non des humains.

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