SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile s'inquiètent des modalités d'attribution des licences 4G. Les trois opérateurs craignent que la puissance financière d'Orange ne favorise trop l'opérateur historique lors des enchères. Ils demandent au gouvernement de les plafonner, afin d'éviter qu'Orange ne se retrouve en situation de domination sur le terrain de la 4G.

Alors que les licences 4G doivent être distribuées au cours de l’été, leurs modalités d’attribution commencent à être sévèrement critiquées par les opérateurs télécoms. Les trois principaux concurrents d’Orange craignent que l’opérateur historique ne soit en position de force lors des enchères, grâce à puissance financière. SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile demandent en conséquence à l’État de les plafonner.

Interrogée par Reuters, une source proche du dossier affirme que « dans un scénario cauchemar, France Télécom mettrait le paquet et rachèterait la moitié des fréquences« . Si cela arrive, alors France Télécom serait en situation de recréer une position dominante dans le secteur de la téléphonie mobile. En effet, les trois autres sociétés n’ont pas la même aisance financière que l’opérateur historique.

Pour ne pas en arriver là, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile demandent que le gouvernement instaure des plafonds afin que les enchères puissent être accessibles à tous. Ces plafonds d’achat ont déjà été expérimentés à l’étranger, notamment au Royaume-Uni, en Allemagne et en Espagne. De cette manière, Orange ne pourrait pas tout rafler lorsque les enchères démarreront.

Par ailleurs, les opérateurs souhaitent la mise en place de mécanismes de protection comme l’obligation de partage de réseau. « Ceux qui sont plus riches pourront acheter davantage de fréquences et offrir un meilleur service à leur clients, mais pour les petits opérateurs ce sera une question de vie ou de mort« , a expliqué Bengt Nordström, directeur de Northstream, une société qui conseille les opérateurs de télécommunications.

Reste à savoir si le gouvernement sera sensible aux arguments développés par les concurrents d’Orange, et à quelle hauteur ces plafonds seront placés. Trop hauts, ils ne seront pas d’une grande aide pour les opérateurs concurrents. Trop bas, ils ne permettront pas au gouvernement de valoriser suffisamment le patrimoine immatériel de l’État. Or, Éric Besson a fait de ce critère un objectif essentiel à atteindre.

L’appel à candidatures devra répondre « à trois objectifs essentiels : la couverture des territoires, l’accroissement de la concurrence et la valorisation du patrimoine immatériel de l’État » avait expliqué le ministre. Le gouvernement espère tirer beaucoup d’argent de ces licences 4G, au moins deux milliards d’euros, afin de les intégrer au budget de l’État.

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