Le salon automobile du Mondial de Paris est l’occasion de découvrir de nouveaux constructeurs, dont plusieurs marques chinoises comme Ora ou BYD. Mais, si on l’attendait d’eux qu’ils viennent casser les prix des véhicules électriques, c’est loupé !

L’arrivée de plusieurs constructeurs chinois en Europe inquiète les politiques comme les constructeurs historiques. Ils craignent que les marques chinoises arrivent avec une offre commerciale particulièrement agressive et low cost. Le salon automobile du Mondial de Paris était l’occasion parfaite de découvrir de près les modèles, qui pourraient bientôt s’inviter sur nos routes, et d’en apprendre plus sur les intentions de BYD et de Great Wall Motors (GWM) pour l’Europe.

Ces deux constructeurs ont mis d’importants moyens sur le salon de Paris pour se faire connaître. Alors que beaucoup s’attendaient à voir des voitures à prix bas, c’est en fait plutôt le marché moyen à haut de gamme que ces marques visent.

ORA recherche encore le distributeur français qui correspond à ses attentes

À l’occasion du Mondial, le groupe Great Wall Motors est venu présenter ses marques Wey et Ora, sur un stand aussi imposant que celui de Renault. Ora est la branche 100 % électrique qui cible une clientèle assez branchée, sans aucun jeu de mot. Si en Chine, la Ora Funky Cat débute à moins de 15 000 €, en Europe, elle arrive avec une fourchette de tarifs allant de 35 000 € pour la version de base à 45 000 € pour la GT.

Ora Funky Cat GT sur le Mondial de Paris // Source : Raphaelle Baut
Ora Funky Cat GT sur le Mondial de Paris // Source : Raphaelle Baut

Ce ne sera donc pas vraiment une concurrente de la MG4 qui débute à moins de 30 000 €. La Ora Funky Cat s’approche plus de la Renault Megane e-tech dans son positionnement tarifaire et ses équipements.

Il faudra cependant attendre encore un peu pour connaître ses tarifs définitifs pour la France. La marque Ora cherche encore le réseau de distributeurs qui pourra correspondre à l’image qu’ils souhaitent véhiculer. L’idée est de créer « des points de vente qui ont une âme, un lifestyle même, et une vraie identité de marque », nous a précisé sa directrice marketing, Rebecca Ophelia Grajecki, qui travaillait précédemment dans le secteur du luxe.

Finalement, dans l’esprit et le positionnement, Ora s’approche plutôt de Mini. On est donc assez loin de l’image des marques low cost chinoises.  

The next Ora Cat // Source : Raphaelle Baut
The next Ora Cat // Source : Raphaelle Baut

D’ailleurs, sur le Mondial de Paris, Ora a également présenté une autre nouveauté. La « Next Ora Cat » prend l’allure d’un grand coupé 4 portes, dont les lignes nous rappellent étrangement celles d’une Porsche Panamera, et l’intérieur celui d’autres modèles de luxe. Avec ce modèle, la marque ne cache pas trop ses intentions d’intégrer l’univers du premium.

Intérieur de la Next Ora Cat // Source : Raphaelle Baut
Intérieur de la Next Ora Cat // Source : Raphaelle Baut

De nouvelles perspectives pour BYD ou Build your dream

On dit beaucoup que ces constructeurs chinois arrivent à peine sur le continent européen, mais ce n’est pas vraiment le cas de BYD. Le constructeur commercialise ses bus électriques depuis de nombreuses années en Europe, une partie de la production est même réalisée en Europe. BYD fournit également des batteries et des composants électroniques.

Conférence BYD pré-salon // Source : Raphaelle Baut
Conférence BYD pré-salon // Source : Raphaelle Baut

Alors que le constructeur a déjà fabriqué 11 millions de voitures pour la Chine, il a décidé de s’exporter sur la partie automobile. Lors de la conférence du Paris Automotive Week Summit, le constructeur indiquait que la Chine et l’Europe représentaient 80 % du marché de la voiture électrique. Il est difficile de laisser passer cette opportunité de croissance. Pour autant, BYD ne prévoit pas d’inonder l’Europe de modèles bon marché.

La marque a donc profité du salon automobile de Paris pour présenter en grande pompe ses différents modèles. Lors d’une soirée de « pré-salon », BYD a dévoilé à la presse et aux influenceurs ses modèles : Atto 3, Han et Tang. La marque en a profité pour confirmer ses tarifs pour la France et partagé le nom des distributeurs de la marque : les concessions By My Car pour la France.  

BYD Atto3 // Source : Raphaelle Baut
BYD Atto3 // Source : Raphaelle Baut

Le modèle Atto3, un produit spécifiquement développé pour la clientèle européenne, est proposé dès 39 990 € dans une version avec une batterie de 50 kWh. Pour le modèle équipé de la batterie de 60 kWh, il faudra augmenter le budget jusqu’à 43 690 €, pour la première des 3 finitions. Ce modèle sera certainement celui qui rencontrera le plus de succès, car il offre un bon rapport qualité/prix et un intérieur un peu original, qui peut se démarquer de la concurrence.

Les deux autres modèles, Han et Tang, s’adressent à des amateurs de véhicules premium. Les deux modèles sont commercialisés en France à partir de 70 800 €.

Intérieur du SUV BYD Tang // Source : Raphaelle Baut
Intérieur du SUV BYD Tang // Source : Raphaelle Baut

BYD a aussi exposé en exclusivité une nouvelle berline nommée Seal qui pourrait concurrencer la Model 3 de Tesla. Encore une fois, on est loin des casseurs de prix que les constructeurs traditionnels et les politiciens redoutent.

BYD Seal // Source : Raphaelle Baut
BYD Seal // Source : Raphaelle Baut

Plus abordables ou presque : les Seres et Leapmotor

C’est le distributeur français de ces deux marques qui a choisi d’exposer sur le Mondial de Paris. Avec des modèles et un positionnement tarifaire plus proche de ce que propose MG. Ils sont finalement les seules à proposer des voitures électriques chinoises un peu plus abordables, comme la Leapmotor T03, mais sans pour autant complètement bouleverser le marché du véhicule électrique avec des prix cassés.

Leapmotor T03 // Source : Raphaelle Baut
Leapmotor T03 // Source : Raphaelle Baut

Seres a même présenté son futur modèle, Seres 5, qui souhaite s’attaquer au marché du premium. Un de plus !

Seres 5  // Source : Raphaelle Baut
Seres 5 // Source : Raphaelle Baut