Les NFT sont devenus si populaires que leur création et leur vente représentent une part de plus en plus importante des transactions sur la blockchain de l’Ethereum.

La plateforme de vente de NFT la plus populaire, OpenSea, a battu un record : au mois de janvier 2022, plus de 5 milliards de dollars de NFT ont été échangés. Une somme colossale et historique qui montre que, près d’un an après le début de leur popularité, le succès de ces non fungible tokens (jeton non échangeable) semble bien parti pour durer. Les NFT, ces certificats de propriété numérique, sont devenus un véritable phénomène de société et on permis à un marché de l’art virtuel extrêmement actif de se créer — un marché qui pèse maintenant plusieurs milliards de dollars.

Mais les NFT n’ont pas eu un impact important que sur le marché de l’art : ces tokens sont devenus tellement populaires qu’ils représentent maintenant une part très importantes de toutes les transactions qui ont lieux sur la blockchain de l’Ethereum, sur laquelle ils sont majoritairement en circulation. Et au mois de janvier, le trafic des NFT a été tel sur le réseau que l’équivalent de plus d’un milliard de dollars en ETH ont été détruits — une somme dont ils sont en grande partie responsable.

boredapeyatchclub1
Des NFT de Bored Ape Yacht Club // Source : Bored Ape Yacht Club

L’équivalent d’un demi milliard de dollars détruits à cause des NFT

Pour pouvoir comprendre pourquoi toute cette quantité d’argent a été détruite, il faut comprendre le concept du coin burn. Ce nom désigne une opération qui consiste à détruire automatiquement, à chaque transaction, des unités de crypto-monnaie. Concrètement, pour chaque opération sur la blockchain, les utilisateurs doivent payer des base fees, des sortes de frais de service : ce sont ces frais qui sont détruits en étant envoyés sur une eater adress, une adresse sans clé et qui ne pourra jamais être utilisée.

La pratique peut paraître contre-intuitive, surtout au vu du prix que certaines crypto-monnaies atteignent aujourd’hui et l’énergie nécessaire pour leur production. Mais pour les mineurs, il s’agit de limiter le nombre d’unités d’ETH en circulation afin de faire augmenter leur prix. La destruction volontaire de ces unités permet donc de tirer artificiellement les prix vers le haut.

Le coin burn a été instauré très récemment sur la blockchain de l’Ethereum, avec le hard fork London, au mois d’août 2021. La pratique, encore récente, n’a donc pas encore été trop étudiée, mais elle permet pour la première fois de chiffrer la popularité des NFT — et de mieux se rendre compte de leur importance sur le réseau.

Le cabinet spécialisé Nansen Analytics a ainsi publié un rapport, consulté par The Coin Telegraph, qui révèle que l’équivalent de 1,096 milliard de dollars en ETH a été détruit au mois de janvier. Plus intéressant encore, le site Ultra Sound montre que les transfert NFT sont responsables de 43% de tout le coin burn, soit près de 471 millions de dollars. OpenSea est même le premier burn leader, avec 66 840 ETH détruits (soit 184 488 029 dollars), devant les opérations classiques sur la blockchain.

Les NFT occupent donc une partie très importante de la blockchain de l’Ethereum, devant même le secteur de la finance décentralisée, qui est pourtant l’un des grand pôle de développement de la blockchain. La preuve que ces tokens vont encore longtemps rester populaires.

burn_nft
Les transferts de NFT sont à l’origine de 43% de tout le coin burn du mois de janvier // Source : Ultra Sound
burn_opensea
OpenSea est à l’origine de beaucoup de coin burn // Source : Ultra Sound