Très réussie, l'Apple Watch Series 6 ne révolutionne en rien la gamme de montres connectées commercialisées par Apple. D'autant que sa principale nouveauté, un capteur qui mesure le taux d'oxygène dans le sang, reste anecdotique.

Chaque année, Apple renouvelle son catalogue de produits, avec parfois des évolutions loin d’être marquantes. Pour l’Apple Watch Series 6, officialisée à l’occasion du keynote de rentrée en septembre 2020, la firme de Cupertino continue de capitaliser sur un positionnement axé sur la santé. Après l’ECG (électrocardiogramme) intégré dans la Series 4, la multinationale ajoute un capteur capable de mesurer le taux d’oxygène dans le sang (indicateur lié aux fonctions respiratoires).

Après plusieurs jours avec une Apple Watch Series 6 portée sur le poignet, force est de constater qu’aujourd’hui, Apple peut s’appuyer sur un produit peaufiné, maîtrisé d’un point de vue software comme hardware. Cela sous-entend que la smartwatch n’a plus rien de foncièrement étonnant, en attendant une refonte plus totale.

L’Apple Watch Series 6 // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Deux nouveaux coloris

Mettez une Apple Watch Series 6 à côté d’une Series 4 et d’une Series 5 et vous ne verrez aucune différence. Les trois générations s’appuient sur le même design, révisé en 2018 avec des bords plus fins et un écran plus grand. Ce qui était vrai il y a deux ans l’est toujours aujourd’hui : l’Apple Watch est devenu un objet très élégant, que l’on est fier de porter. Pour se démarquer, la Series 6 hérite de deux nouveaux coloris — rouge et bleu (aluminium uniquement) — mais fait l’impasse sur la céramique. Il y a toujours le titane pour qui voudrait un matériau plus haut de gamme, tandis que certaines teintes ont été retravaillées (par exemple, un or tirant plus sur le jaune).

Il faut retourner l’Apple Watch Series 6 pour voir des changements esthétiques. Comme elle intègre de nouveaux dispositifs liés à la santé, les ingénieurs ont dû revoir leur placement dans la légère protubérance en forme de cercle située au dos du cadran (qui accueille des LED rouges et vertes). Quand on porte la smartwatch, on ne voit rien et, surtout, on ne sent rien.

L’Apple Watch est devenu un objet très élégant

Bien évidemment, il faut accepter le format plus carré de l’Apple Watch et assumer de porter une montre un peu plus épaisse que la moyenne. Le produit se rattrape grâce à ses finitions irréprochables. Plus vous y mettrez le prix, plus la montre sera jolie (l’acier inoxydable reste plus premium que l’aluminium).

L’Apple Watch Series 6 peut aussi bénéficier d’un large choix en matière de bracelets. Depuis le lancement de sa toute première montre connectée, Apple n’a cessé d’ajouter toujours plus d’options. Il y en a pour tous les goûts — et toutes les bourses.

Apple Watch Series 5 (à gauche) versus Apple Watch Series 6 (à droite) // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Les bienfaits du always-on

L’Apple Watch Series 6 hérite de la meilleure fonctionnalité jamais reçue par la gamme : l’écran always-on. Comme la Series 5, on peut donc choisir de laisser l’écran toujours allumé, sachant que l’affichage s’atténue quand on ne l’utilise pas (pour préserver l’autonomie). C’est une évolution plus qu’appréciable : fini le grand carré noir qui trône sur un poignet en attendant d’être illuminé. Grâce à always-on, l’Apple Watch n’est plus un mini-ordinateur que l’on sollicite de temps à autre, mais une vraie montre. C’est une qualité qui change la donne, esthétiquement parlant.

L’Apple Watch Series 6 s’en remet toujours à deux cadrans de 40 et 44 mm, pour autant de tailles d’écran. La technologie employée est une petite dalle OLED, annoncée plus lumineuse que celle de la Series 5. On peut le constater dès le premier allumage de la montre, avec des blancs très aveuglants. Une luminosité accrue sert surtout à gagner en visibilité dans des conditions très éclairées, et à améliorer l’affichage always-on. Elle permet aussi de mieux profiter des nombreux cadrans mis à disposition des utilisateurs. On peut les personnaliser à l’envi en optant pour du fun (les Memojis qui réagissent au doigt) ou du très utile (plein de petits raccourcis et informations utiles pour la journée). Là encore, l’Apple Watch Series 6 peut s’appuyer sur un héritage de plusieurs années, qu’il soit lié au logiciel ou au hardware.

La Digital Crown de l’Apple Watch Series 6 // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Toujours plus puissante

On n’imagine pas tout ce que peut embarquer l’Apple Watch Series 6 en matière de composants permettant d’assurer un suivi précis et poussé. Jugez plutôt : GPS, boussole, altimètre (toujours activé pour les férus de randonnées), capteurs pour la santé (nous y reviendrons), accéléromètre, gyroscope, compatibilité LTE (en option), haut-parleur, micro, capteur de luminosité… Tous ces dispositifs permettent à l’Apple Watch d’être un outil pertinent du quotidien (par exemple, pour consulter un mail ou un message) et/ou un allié pour une analyse détaillée de ses pratiques physiques (calcul des calories, enregistrement des activités…). L’Apple Watch Series 6 peut compter sur un socle de fonctionnalités et d’applications variées, même si l’ergonomie est parfois moins évidente que sur une tablette ou un iPhone.

Un socle de fonctionnalités et d’applications variées

L’Apple Watch Series 6 embarque la nouvelle puce S6, plus puissante que la précédente. Comme pour les autres produits du catalogue Apple, l’évolution n’est pas criante d’une année sur l’autre. Plus intéressant, en revanche : elle est équipée de la puce U1, déjà présente dans les iPhone 11 et 11 Pro. Elle utilise des signaux radio ultra-large bande (UWB) pour améliorer la communication à courte portée. Moins sujette aux interférences que le Bluetooth, elle permet par exemple de localiser avec précision d’autres objets. Sur les iPhone, elle peut être utilisée pour AirDrop (partage de fichiers) ou encore CarKey (déverrouillage et démarrage d’une voiture compatible).

Côté autonomie, Apple préfère ne prendre aucun risque et rester sur ce chiffre de 18 heures déjà annoncé pour l’Apple Watch Series 5. La sollicitation de la batterie dépend de la manière dont on utilise la montre. Il faut surtout retenir qu’elle peinera à tenir deux journées pleines sans aucune charge, malgré une légère amélioration appréciable. Après une nuit (avec le mode Sommeil activé) et une journée normale achevée à 19h30, il nous restait encore 55 % d’autonomie (90 % au réveil, à 8h30). Cette année, Apple a surtout concentré ses efforts sur le temps de recharge, beaucoup plus rapide qu’avant. Ce changement était nécessaire pour accompagner la nouvelle fonctionnalité Sommeil, qui empêche de recharger la montre pendant la nuit. À noter qu’Apple ne fournit plus d’adaptateur secteur dans la boîte (il y a toujours le câble, en simple USB).

Who’s who ? Apple Watch Series 5 et Apple Watch Series 6 // Source : Maxime Claudel pour Numerama

Toujours plus de surveillance

Apple a toujours voulu vendre l’Apple Watch comme un gardien intelligent de la santé, soit un outil pour voir si tout va bien. Voilà pourquoi les ingénieurs de Cupertino intègrent régulièrement de nouveaux moyens de surveiller certaines données. Tout a commencé avec le rythme cardiaque, indicateur qui peut s’avérer utile pour les sportifs ou celles et ceux sujets à la tachycardie. Avec la Series 4, Apple a poussé le concept d’un cran en introduisant un ECG. Pour aller encore plus loin, la Series 6 se dote d’un capteur servant à mesurer l’oxygène dans le sang.

Pour mieux affirmer cette emphase sur le bien être, le système d’exploitation watchOS 7 propose une nouvelle application Sommeil et un compte à rebours de 20 secondes quand on se lave les mains.

Sommeil

L’application Sommeil n’est pas exclusive à l’Apple Watch Series 6. Comme son nom l’indique, elle permet de calculer sa quantité de sommeil, en portant la montre pendant la nuit. L’idée est de mettre au point un programme complet, avec des heures de coucher et de réveil à suivre pour se créer de bonnes habitudes et une durée idéale à atteindre. Les données, qui restent assez évasives, sont compilées sous la forme de graphiques à retrouver dans un onglet de l’application Santé. Pendant la nuit, l’écran est éteint (il faut tourner la Digital Crown pour rallumer entièrement la montre) et l’Apple Watch fait des mesures régulières — notamment de la fréquence cardiaque. L’iPhone, lui, se met en mode « Ne pas déranger » à l’heure du coucher choisi, dans le but de réduire le temps d’écran.

L’application Sommeil bouscule les habitudes concernant l’utilisation que l’on fait de l’Apple Watch, qu’on avait tendance à laisser en charge la nuit pour bénéficier d’une autonomie pleine chaque jour. Pour qui voudrait surveiller ses nuits, il est préférable de recharger la montre avant de passer au lit (votre iPhone vous préviendra quand la recharge sera complète). Au réveil, la batterie est loin d’être vidée avec une capacité restante oscillant autour des 90 % — soit largement de quoi tenir jusqu’au soir.

L’application Sommeil sur l’Apple Watch Series 6 // Source : Maxime Claudel pour Numerama

ECG

Depuis l’Apple Watch Series 4, Apple permet aux propriétaires de ses montres d’obtenir un électrocardiogramme en 30 secondes. Il s’agit d’une représentation des impulsions du cœur, doublé d’un moyen de vérifier rapidement qu’il n’y a pas de trouble au niveau du rythme cardiaque. Un ECG réalisé sur l’Apple Watch ne peut pas se substituer à un vrai diagnostic médical. En outre, il est incapable de détecter une crise cardiaque à venir, la présence d’un caillot de sang (AVC) et certaines pathologies cardiovasculaires (hypertension, insuffisance cardiaque congestive, cholestérol).

Mesure de l’oxygène dans le sang

La mesure de l’oxygène dans le sang est la grosse nouveauté de l’Apple Watch Series 6. Dans le domaine médical, cette donnée permet d’évaluer les capacités respiratoires, en s’assurant que la quantité d’hémoglobine oxygénée dans le sang est suffisante. Est considéré comme normal un taux compris entre 95 et 100 %. Pour mesurer la saturation en oxygène, l’Apple Watch Series 6 s’appuie sur des capteurs conçus pour absorber la lumière réfléchie par le sang et, ainsi, déterminer sa concentration. « Sa valeur obtenue (SpO2) est quasi équivalente à celle de la saturation en oxygène de l’hémoglobine circulant dans le sang (SaO2) », explique le Dr Jean-Philippe Maistre, médecin-urgentiste à Nanterre, cité par Le Journal des Femmes.

Mesure du taux d’oxygène dans le sang sur l’Apple Watch Series 6 // Source : Maxime Claudel pour Numerama

L’Apple Watch Series 6 mesure régulièrement, seule, le taux d’oxygène dans le sang, mais on peut lancer une mesure afin d’obtenir un résultat en 15 secondes. Seul hic : les capteurs sont assez sensibles au placement de la montre sur le poignet (elle ne doit être ni trop bas ni trop haut) et aux mouvements. Durant notre test, on a obtenu trois résultats différents après autant de mesures consécutives sans bouger (90 % puis 99 % puis 0 résultat). Autant dire que la fiabilité n’est pas au rendez-vous. Apple précise que les données ne peuvent pas être utilisées à des fins médicales. Là encore, il s’agit davantage d’un outil de surveillance pour, éventuellement, déceler un problème à creuser. En l’état, la fonctionnalité reste limitée.

En bref

Apple Watch Series 6

Note indicative : 5/5

L’Apple Watch Series 6 n’est en aucun cas un must-buy pour les propriétaires de la génération précédente. Le capteur permettant de mesurer le taux d’oxygène dans le sang reste anecdotique et constitue un ajout trop mineur pour remplacer sa montre acquise l’an dernier.

Si peu évoluée soit-elle par rapport à l’Apple Watch Series 5, la dernière smartwatch d’Apple reste un produit aujourd’hui maîtrisé par la firme de Cupertino. Design idéal et élégant, écran toujours allumé, fonctionnalités pertinentes, vrai marché d’applications, ergonomie excellente… L’Apple Watch est la meilleure montre connectée du marché et la Series 6 ne vient pas nuire à ce constat. À la bonne heure.

Top

  • Un produit aujourd'hui maîtrisé
  • Design, finitions, choix dans les finitions
  • L'écran always-on

Bof

  • La mesure du taux d'oxygène dans le sang, peu précise et anecdotique
  • Peu de changements par rapport à la Series 5
  • Autonomie qui pourrait être améliorée

Crédit photo de la une : Maxime Claudel pour Numerama

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