L'Apple Watch fait peau neuve pour la rentrée. Plus grand écran, plus arrondi dans la forme, plus performante et polyvalente que jamais. La Watch prend une place de plus en plus importante dans la stratégie Apple.

L’Apple Watch, au même titre que les autres smartwatchs, est un drôle de produit. On en voit sur certains poignets mais, quand on en parle, plusieurs personnes affirmeront qu’elle ne sert pas à grand-chose. On dirait qu’elles sont légitimement les plus nostalgiques des montres normales. On ne leur jettera pas la pierre. Pour autant, malgré ces vents contraires, l’Apple Watch est, aujourd’hui, la numéro 1 des ventes dans sa catégorie, toutes technologies confondues — period, comme disent les Américains. Pour fêter dignement ce statut, la firme de Cupertino a décidé d’offrir un ravalement de façade à sa Watch lancée pour la première fois en 2015 avec quelques ratés.

Après trois générations au design identique, il était plus que temps que les ingénieurs se penchent sur la question. Et, en toute franchise, on ne cachera pas notre excitation à la vue des premières photos de l’Apple Watch Series 4, qui est sans aucun doute la meilleure nouvelle qui est arrivée à la montre connectée depuis sa commercialisation. On pèse nos mots.

Apple Watch Series 4 // Source : Ulrich Rozier pour Numerama

Beaucoup plus élégante

L’Apple Watch est sans doute l’objet Apple qui fait le moins l’unanimité. Sa forme rectangulaire, associée à une épaisseur certaine, n’a pas grâce aux yeux de tout le monde. Avec la Series 4, la montre fait une cure d’élégance. Le form factor  est très important quand on parle d’un accessoire de mode et, comme la Watch en est un sans le moindre doute, Apple a eu la riche idée d’arrondir ses angles et de réduire les bords sans trahir le look d’origine qui refuse le circulaire et sans non plus faire fi des bracelets que vous avez peut-être amassés ces dernières années. En résumé, l’Apple Watch Series 4 fait mieux avec la même base.

L’Apple Watch Series 4 épouse bien davantage le poignet

D’autant que la firme de Cupertino a soigné les détails. Plus renfoncés, la Digital Crown et le bouton d’allumage se veulent beaucoup plus discrets. Et, moins épaisse, l’Apple Watch Series 4 épouse bien davantage le poignet. Le paradoxe est posé : plus jolie, un tantinet plus large, la smartwatch est tout de même moins voyante. Un point encore plus vrai pour les modèles LTE, qui ont troqué le point rouge disgracieux pour un liseré de la même couleur du plus bel effet.

Apple Watch Series 4 // Source : Ulrich Rozier pour Numerama

Les plébiscites grimperont d’un cran si l’on opte pour une finition en acier plutôt qu’en aluminium. Avec ce matériau réservé aux modèles plus chers, l’Apple Watch Series 4 brille de mille feux. Au sens propre comme au figuré — surtout avec le coloris Or dont la teinte tire vers le cuivré (comme la tranche des iPhone XS et XS Max). Mariée à un bracelet mailles milanaises, elle se marie avec élégance à un style raffiné. En d’autres termes, c’est une montre connectée qu’on aime porter… comme une montre.

Ce que signifie un grand écran

L’Apple Watch Series 4 passe à un duo de cadrans de 40 et 44 mm, contre 38 et 42 auparavant. Une légère augmentation qui, avec le borderless, permet d’agrandir la surface d’affichage de 30 % malgré des mensurations à peine plus importantes. Une vraie prouesse, même si on pourra toujours trouver à redire sur le borderless : il y a encore quelques millimètres à grignoter pour donner cette impression d’écran infini comme celle recherchée par les constructeurs de téléphones. On ne trouvera rien à redire sur sa qualité : la technologie OLED, maîtrisée comme ici, n’a aucun rival et offre un rendu mariant des noirs profonds à des couleurs éclatantes.

Series 3 38mm versus Series 4 44mm // Source : Ulrich Rozier pour Numerama

Qui dit écran plus grand, dit plus d’espace pour afficher des informations. Sur la Series 4, les photos de votre album iCloud partagé au sein de l’écosystème Apple sont bien plus à l’aise. Les notifications s’expriment bien mieux, tandis que certains cadrans exclusifs en profitent pour rassembler plus de Complications en même temps.

Au-delà de l’esthétique, le gain ergonomique est substantiel et on s’écarquillera moins les yeux à lire des phrases trop petites. À l’usage, et sur la longueur, on gagne vraiment en confort visuel sans en perdre sur le poignet. Même sur le modèle le plus grand. Encore une fois, on insiste sur l’épaisseur : de 11,4 à 10,7 millimètres, cela fait une sacrée différence pour un tel objet.

Réglée comme une horloge

L’Apple Watch n’oublie pas de s’offrir un petit boost au niveau des performances. Mais comme la Series 3 était déjà rapide et fort capable, il apparaît difficile d’apprécier cette évolution presque forcée. Dans le détail, la puce S4 bicœur 64 bits est annoncée comme deux fois plus véloce que la S3. Elle permet néanmoins de ne pas perdre en autonomie : par précaution, Apple promet 18 heures. On parvient à tenir deux jours sans problème, ce qui ne sera jamais suffisant puisqu’il faudra toujours recharger un appareil de plus. Ce n’est pas une sinécure quand on les multiplie.

Apple Watch Series 4 // Source : Ulrich Rozier pour Numerama

Dans les autres petites retouches, Apple a déplacé le microphone entre la Digital Crown et le bouton d’allumage pour éviter les interférences avec les hauts-parleurs, qui ont alors plus de place pour s’exprimer lors des appels téléphoniques — de qualité. Un léger changement qui va de paire avec l’arrivée de l’application Talkie-Walkie intégrée dans watchOS 5. À l’arrière, la céramique noire est associée à du cristal de saphir pour une connectivité accrue. C’est dit.

Pour améliorer l’expérience de navigation, l’Apple Watch Series 4 se paie une Digital Crown avec retour haptique, ce qui permet d’avoir réellement la sensation de tourner une molette quand on la sollicite — soit pas si souvent que cela. Elle siéra parfaitement à la présentation par liste plutôt qu’en grille — les petites bulles — des différentes applications installées dans la montre. Et évitera de faire certaines erreurs lors de la sélection.

Apple Watch Series 4 // Source : Ulrich Rozier pour Numerama

Cap sur la santé

À quoi sert une smartwatch ? Celles et ceux qui y verraient le substitut parfait d’un téléphone peuvent passer leur chemin. Une montre connectée n’est ni plus ni moins que le relais d’un smartphone. Ni indispensable, ni inutile, elle permet d’afficher certaines notifications, d’avoir accès à certaines commandes (pour la lecture musicale par exemple), de consulter ses mails, de Shazamer, de montrer son e-billet SNCF, de lancer un chronomètre/un minuteur ou encore de prendre un appel. L’Apple Watch n’a en revanche toujours pas de paramètre always on, lequel pourrait s’avérer encore plus bénéfique en mode Table de nuit au moment de la recharge nocturne.

Le relais d’un smartphone

L’Apple Watch a encore plus sa place sur le poignet d’une sportive ou d’un sportif, avec un suivi journalier de son activité (calories brûlées) et un enregistrement des exercices pratiqués chaque semaine — et désormais détectés intelligemment par watchOS. D’ailleurs, le géant de la tech adore rappeler que sa montre est un parfait compagnon pour le fitness et les tâches physiques. Et en pratique, c’est tout à fait vrai : elle a remplacé des équipements plus lourds, parfois plus chers sur nos poignets depuis longtemps.

Précise dans la mesure, elle peut même devenir une alliée précieuse pour des sports moins habitués à l’assistance des montres, comme la randonnée, notamment grâce à des applications tierces très bien faites (on pense à ViewRanger, même si l’application native prend désormais l’activité en charge). Elle est enfin un très bon compagnon de yoga et de détente, avec des exercices dictés ou matérialisés au poignet par des vibrations douces. Dans le fond, l’Apple Watch Series 4 ne fait pas grand-chose de plus que celles qui lui ont pavé le chemin — elle fait simplement tout en mieux, avec beaucoup d’élégance.

Sauf peut-être du côté des fonctionnalités liées à la santé. Dans un futur proche, il sera effectivement possible d’obtenir un électrocardiogramme à partir de sa montre grâce à l’ajout d’électrodes placées dans la Digital Crown. Cette spécificité ne concernera pas tout le monde mais pourra peut-être sauver des vies ou prévenir certains accidents. Même son de cloche pour la surveillance permanente du rythme cardiaque — avec paliers à définir –, la détection des chutes et les exercices de respiration qui pourront rassurer les personnages âgées ou souffrantes. Autant d’outils qui en feront éventuellement un « gardien intelligent de votre vie », comme Apple aime le dire.

Apple Watch Series 4 // Source : Ulrich Rozier pour Numerama

En bref

Apple Watch Series 4

Note indicative : 5/5

Avec la Series 4, l'Apple Watch livre sa plus belle montre jamais conçue. Pour épouser toujours plus de poignets et convertir les nombreux réticents, l'objet avait besoin d'un visage revu. Plus doux, plus à même de se fondre. En témoigne un design toujours plus tourné vers la mode et le luxe, exquis pour les yeux, plus confortable pour l'expérience utilisateur. Très loin de ce que propose la concurrence qui n'a pas encore compris pourquoi les humains portaient des montres. 

On gardera néanmoins à l'esprit que l'Apple Watch Series 4, plaisante au regard, ne vient pas révolutionner l'usage. Mais au fond, n'avait-on pas envie, enfin, d'une montre connectée qu'on aime porter sans rougir ?

Top

  • Une réussite en matière de design
  • Un écran plus grand, quel confort
  • Autonomie préservée...

Bof

  • ... mais qui sera toujours trop juste
  • Moins fournie en apps
  • Bracelets un peu chers

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