2020 est l'année de la 5G pour la France. Alors que la procédure d'attribution des fréquences suit son cours, les opérateurs référencent des smartphones 5G dans leurs boutiques et se préparent à dévoiler des forfaits dédiés.

Y a-t-il des smartphones 5G vendus en France ?

Oui. Chez SFR, qui a été le premier à en ajouter dans sa boutique, trois modèles sont proposés depuis le 16 octobre 2019 : le Samsung Galaxy Note 10+ 5G, le Huawei Mate 20 X 5G et le Xiaomi Mi Mix 3 5G. Toutefois, les acheter aujourd’hui ne vous permettra pas d’accéder immédiatement à la nouvelle norme de téléphonie, car le réseau 5G de SFR n’est pas encore ouvert.

Du côté d’Orange, deux smartphones sont proposés avec cette norme : il s’agit du Samsung Galaxy S10 5G et de l’Orange Neva Jet. Ils seront rejoints le 10 mars par trois autres modèles : les Galaxy S20 5G, Galaxy S20+ 5G, Galaxy S20 Ultra 5G, Galaxy S10 5G, qui sont ouverts à la précommande. Ces trois modèles sont également annoncés chez SFR avec une date d’expédition prévue le 9 mars.

Concernant Bouygues Telecom et Free Mobile, les boutiques ne proposent pas encore de modèle compatible avec la 5G, mais là encore quelques smartphones à venir sont d’ores et déjà affichés : il s’agit du Samsung Galaxy S20 5G et de ses deux variantes, le Galaxy S20+ 5G et le S20 Ultra 5G. Ils seront expédiés à partir du 9 mars. Idem chez Free, avec des livraisons à partir du 10 ou 20 mars (S20 Ultra 5G).

En dehors des boutiques des opérateurs, il est bien sûr possible d’acquérir ces modèles (ou bien de passer une précommande) auprès d’autres commerçants, puisque ces références existent aussi sur les sites de la Fnac, Amazon, Auchan ou encore Boulanger, pour n’en citer qu’une poignée. Seulement là encore, il faut bien avoir à l’esprit qu’il n’existe aucun réseau commercial 5G ouvert dans l’Hexagone.

Le réseau 5G est-il disponible en France ?

Il n’existe aujourd’hui aucun réseau commercial 5G ouvert en France, pour la simple et bonne raison que les blocs de fréquences que pourront utiliser les quatre opérateurs (Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile) ne leur ont pas encore été distribués ! La procédure d’attribution n’est lancée que depuis le 31 décembre 2019 et que l’on ne sait pas encore qui sont les lauréats.

L’attribution des fréquences doit survenir à la fin de l’année 2020, puisque le coronavirus a perturbé le calendrier initial. Viendra ensuite le temps des premiers déploiements et de l’ouverture commerciale des réseaux, avec des formules spécifiques proposées par les opérateurs. Il était souhaité au départ que l’ultra haut débit mobile soit proposé dans cinq à dix villes en métropole, mais cet objectif n’est plus envisagé.

À quoi sert un smartphone 5G ?

Aujourd’hui, à faire tout ce que l’on peut faire avec un smartphone, sauf à profiter des débits de la 5G, puisqu’il n’y a aucun réseau opérationnel en France. Vous pouvez donc envoyer et recevoir des appels téléphoniques, composer des messages, surfer sur le net en 3G et 4G, mais pas faire de la 5G. Cette situation ne durera évidemment pas puisque le top départ de la 5G en France est prévu fin 2020.

Dans un usage courant, la nouvelle norme de téléphonie mobile se traduira principalement par une hausse spectaculaire de la capacité de téléchargement. D’ailleurs, la 5G est parfois qualifiée de fibre optique « sans fil ». Globalement, les débits en 5G seront jusqu’à 10 fois plus élevés que ceux de la 4G, avec des pointes possibles à 20 Gbit/s, là où la 4G voit son plafond théorique être limité à 150 Mbit/s.

Outre des performances supérieures pour récupérer des données, la 5G a d’autres atouts dans sa manche. Le délai de transmission (c’est-à-dire la latence entre l’émetteur et le récepteur) doit être divisé par un facteur dix, et être de l’ordre de la milliseconde. La 5G doit aussi se montrer plus fiable et être capable d’accueillir un grand nombre d’appareils connectés en simultané.

Quand pourra-t-on utiliser la 5G sur un smartphone 5G ?

C’est la question cruciale et il n’est pas possible de donner une réponse générale pour la simple et bonne raison que le déploiement ne se fera pas d’un coup. Orange, SFR, Free Mobile et Bouygues Telecom récupéreront normalement des blocs de fréquences 5G d’ici la fin du premier semestre et annonceront dans la foulée l’ouverture de leur réseau, avec des forfaits dédiés.

À cause du coronavirus, c’est véritablement en 2021 que la couverture des premières villes surviendra. Les obligations pour 2020 (deux villes couvertes par opérateur avant la fin de l’année) sont abandonnées. En 2022, chaque opérateur devra avoir déployé 3 000 sites 5G. Deux ans plus tard, ce nombre devra passer à 8 000 (dont la moitié en zone peu dense pour limiter la fracture numérique entre les territoires).

Plusieurs autres objectifs sont prévus entre 2025 et 2030, année où le réseau devra être 100 % 5G. Cela veut dire la couverture des grands centres urbains et des principaux axes de transport (autoroutes, lignes de train, routes nationales et départementales). La 5G sera une réalité pour une majorité de Français et de Françaises vers 2025, puisque à cette date il est visé une couverture des deux tiers de la population.

Xiaomi Mi Mix 3 5G
Le Xiaomi Mi Mix 3 5G. // Source : Xiaomi

Quels forfaits 5G ?

Aucun opérateur n’a encore dévoilé ses cartes dans ce domaine. Le prix et le contenu des abonnements dépendront de plusieurs facteurs : la concurrence, d’abord, avec des acteurs comme Free Mobile qui pourraient avoir envie d’appliquer une politique tarifaire agressive, à l’image de ce qui avait été fait en 2012 avec l’arrivée de l’opérateur dans le marché de la 3G et de la 4G.

Deux autres inconnues sont aussi à intégrer dans l’équation : les investissements que les quatre opérateurs devront consentir pour bâtir leur réseau, même si l’éventualité d’une mutualisation totale ou partielle des infrastructures est une idée envisagée par les états-majors, et l’acquisition des licences 5G elles-mêmes, qui coûteront au minimum 2,17 milliards d’euros.

Les premières cartes devraient être abattues ce printemps. C’est en tout cas ce qu’avait annoncé le PDG d’Orange, en septembre dernier. Le premier à se lancer pourra donner le ton du marché, mais c’est une situation périlleuse, car les suivants pourront verser dans la surenchère et proposer des prix plus bas. Cela étant, il est attendu des tarifs un peu plus élevés que ceux que l’on voit en 4G.

Orange et SFR semblent plutôt partisans d’un rehaussement des prix, a priori de quelques euros.

Quant au contenu des forfaits à proprement parler, la bataille devrait porter logiquement sur l’enveloppe de données mobiles (de plusieurs dizaines, voire de quelques centaines de Go… ou peut-être sans restriction ?) et les débits, puisque tout le reste est déjà mis à disposition soit en illimité (notamment les appels téléphoniques, les SMS, les MMS, en France), soit avec une qualité de service déjà élevée.

Article publié initialement le 25 février 2020

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