Les opérateurs viennent de passer le plus dur dans le processus d'attribution des licences 5G avec la fin des enchères. Néanmoins, il leur reste encore quelques obstacles à franchir.

Les enchères pour les fréquences 5G sont désormais terminées. Les opérateurs ont engagé près de 2,8 milliards d’euros pour se partager plusieurs blocs de fréquences (quatre de 50 MHz et un onze de 10 MHz, pour un total de 310 MHz) qui se situent dans la bande dite de 3,5 GHz — plus exactement entre 3,4 et 3,8 GHz. C’est avec elle que l’ultra haut débit mobile fera ses débuts en France.

Mais la fin des enchères 5G ne signifie pas l’épilogue de la procédure d’attribution des fréquences.

Encore deux étapes à franchir pour les opérateurs

Maintenant, il faut placer les différents blocs de chaque lauréat (Orange en a cinq en tout, SFR quatre, Bouygues Telecom trois et Free Mobile trois) dans le segment entre 3,4 et 3,8 GHz, car certaines positions sont plus intéressantes que d’autres. Pour cela, le régulateur des télécoms (Arcep) prévoit une nouvelle enchère courant octobre, pour que les lauréats bataillent à nouveau pour trouver leur place.

« Cette enchère permettra aux lauréats d’exprimer leurs préférences de position dans la bande ainsi que de position relative avec les autres lauréats », déclare l’Arcep. Cependant, ces enchères devraient être nettement plus modestes que celles ayant porté sur les blocs, qui étaient l’enjeu principal. En tout, Orange dispose de 90 MHz, SFR de 80 MHz, Bouygues Telecom de 70 MHz et Free Mobile de 70 MHz.

Les bandes de fréquence 5G identifiées. Pour les débuts de la 5G en France, c’est le segment entre 3,4 et 3,8 GHz qui est exploité. // Source : ANFR

Viendra ensuite une étape réglementaire, probablement en octobre ou en novembre, qui consistera pour l’Arcep à délivrer les autorisations d’utilisation des fréquences et à les faire publier au Journal officiel. Ce sera une simple formalité et personne ne s’attend à ce que l’on bute sur cette étape. Les licences pour l’exploitation sont accordées de base pour 15 ans, avec la possibilité de les prolonger de 5 ans.

À ce moment-là, les opérateurs pourront vraiment se lancer, en dévoilant leurs offres commerciales (comme Free Mobile, qui entend le faire autour des fêtes de fin d’année, alors que Bouygues Telecom, lui, a dégainé dès juillet), mais aussi en allumant leur réseau, qui sera forcément embryonnaire — aussi, l’achat d’un smartphone 5G parce qu’il est 5G n’est pas intéressant.

Enfin, il restera à construire le réseau. Si l’on se base sur le temps qui a été nécessaire pour déployer la 4G, il faudra au moins dix ans. Rendez-vous en 2030 ?

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