Le régulateur des télécoms annonce que les enchères pour la 5G auront lieu fin septembre. Mais les opérateurs ne pourront se lancer véritablement qu'en octobre ou novembre, le temps de publier les autorisations.

C’est acté : les enchères pour l’attribution des dernières fréquences 5G, dans la bande 3,5 GHz, auront lieu à la fin du mois de septembre 2020. L’Autorité de régulation des communications électroniques vient d’en faire l’annonce dans un communiqué paru le 11 juin. Les enchères se dérouleront entre le 20 et le 30 septembre. Elles devaient au départ survenir en avril, mais le coronavirus est passé par là.

Dans ces conditions, toutefois, le régulateur comprend qu’il n’est plus possible pour les opérateurs d’assurer l’obligation pour chacun de couvrir au moins deux villes en 5G avant la fin de l’année. Le calendrier est trop serré pour être tenu. Aussi décision a été prise de retirer cette obligation du cahier des charges, car si les enchères seront finies en septembre, le processus d’attribution, lui, ne sera pas achevé.

Nokia 5G
Une antenne 5G de Nokia. // Source : Nokia

Deux autres échéances à venir

Après cette date, deux autres échéances doivent encore survenir :

Le placement des opérateurs lauréats sur la bande du spectre électromagnétique — en clair, Orange, Free Mobile, SFR et Bouygues Telecom. Ce positionnement dépendra entre autres du nombre de blocs de fréquences que chaque opérateur détiendra. Cette phase, qui prendra la forme d’une autre enchère, surviendra courant octobre. Chaque opérateur détient actuellement un bloc de 50 MHz.

Puis, en octobre ou en novembre, il y aura la publication des autorisations pour exploiter des réseaux commerciaux en 5G. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que les opérateurs pourront commencer effectivement à déployer leurs installations et à les allumer. Il est à parier que la compétition commerciale les poussera à essayer de couvrir quand même des communes, pour pouvoir communiquer dessus.

Onze blocs de 10 MHz en jeu

Le régulateur des télécoms hésitait entre deux dates pour le report des enchères : soit le mois de juillet, soit septembre. « Cela dépendra de la vitesse de sortie de confinement », avait confié Sébastien Soriano, le président de l’autorité, lors d’un échange avec les membres de la commission chargée de l’aménagement du territoire et du développement durable, au Sénat.

La procédure d’enchères qui surviendra en septembre porte sur des blocs de 10 MHz, qui sont situés dans le segment de la bande électromagnétique allant de 3,4 à 3,8 GHz (que l’on appelle communément bande 3,5 GHz). Onze blocs doivent être vendus au plus offrant, avec un prix de départ de 70 millions d’euros et avec une règle : un opérateur ne peut pas cumuler en tout plus de 110 MHz.

Aucun opérateur ne pourra rafler ces onze blocs, puisque les quatre en lice ont déjà validé la première phase des enchères, leur permettant déjà de recevoir un bloc de 50 MHz. Ils ne peuvent donc, au mieux, qu’en récupérer six de 10 MHz, pour un total de 60 MHz. Pour un prix de 4,2 milliards d’euros — et dans les faits, sans doute bien plus, du fait des enchères qui provoqueront une montée des prix.

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