Numerama vous propose un récapitulatif des grandes échéances à venir pour la 5G, jusqu'à 2030.

C’est donc au mois de septembre que se dérouleront les enchères principales pour l’attribution des blocs de fréquences qui serviront à la 5G. Le 11 juin, l’Autorité de régulation des communications électroniques a officialisé son calendrier. L’autre option, à savoir des enchères en juillet, a été abandonnée. Les appels de SFR et Bouygues Telecom de reporter le sujet de quelques années n’ont pas non plus été suivis.

Ces enchères constituent en fait la deuxième phase du processus d’attribution mis en place le régulateur des télécoms. Celle-ci entend répartir les fréquences supplémentaires qui n’ont pas été distribuées lors de la première étape. Cela concerne onze blocs de 10 MHz, qui seront accessibles à partir 70 millions d’euros l’unité. Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile sont en lice.

Les quatre opérateurs ont en effet franchi avec succès le premier jalon de la procédure en satisfaisant notamment les exigences fixées par le régulateur (comme la couverture du territoire). Ils ont pu dans ce cadre décrocher un premier bloc de fréquences, de 50 MHz, vendu à prix fixe : 350 millions d’euros l’unité. La deuxième étape devait survenir en avril, mais la crise du coronavirus est passée par là.

Nokia 5G
Une antenne 5G conçue par Nokia. // Source : Nokia

Dans ces conditions, le calendrier initialement prévu pour le déploiement de la 5G n’est plus tenable et des aménagements sont annoncés. Les autres phases du processus d’attribution sont repoussées à octobre et novembre 2020 et le déploiement n’aura lieu qu’à partir des deux derniers mois de l’année. L’obligation de couvrir au moins deux villes par opérateur en 2020 est abandonnée.

La compétition féroce à laquelle on peut s’attendre entre les opérateurs pourrait toutefois faire respecter cette obligation dans les faits, car chacun des acteurs en lice entend bien se montrer en pointe sur ce sujet. D’ici là, les premières offres commerciales seront lancées et de nouveaux smartphones compatibles seront mis en vente. Cela dit, la 5G sera alors très embryonnaire, inutilisable en pratique.

Voilà pour le court terme.

À plus lointaine échéance, il est possible d’aboutir à un calendrier qui donne les grandes étapes à venir pour l’ultra haut débit mobile, et cela jusqu’en… 2030. En effet, de nombreuses indications dans la littérature ouverte (régulateur des télécoms, feuille de route établie par les ministres de l’Union européenne, annonces du gouvernement) offrent une idée des prochains grands jalons.

Ce calendrier sera bien sûr amené à évoluer, au fil du temps.

Le calendrier de la 5G

Les précédentes années ne sont pas indiquées pour plus de lisibilité.

2019

2020

  • Annonce des opérateurs candidats.
  • Attributions des fréquences.
  • Positionnement des opérateurs sur la bande du spectre.
  • Publication des autorisations d’exploitation de la 5G.
  • Premiers déploiements de réseaux.
  • Ouverture commerciale des premiers services 5G.

2021

  • La 5G sera proposée dans plusieurs villes françaises (l’objectif de deux villes couvertes par opérateur pour fin 2020 a été levé du fait des modifications de calendrier à la suite du coronavirus).

2022

  • Chaque opérateur devra avoir déployé 3 000 sites 5G.

2023

  • Disponibilité, au plus tard, de la bande 1,5 GHz pour la 5G.
  • Premier point d’étape sur la mise en œuvre des obligations et sur les besoins.
  • Lancement, au plus tard, des services différenciés (« slicing ») en 5G.

2024

  • Chaque opérateur devra avoir déployé 8 000 sites 5G (dont 4 000 en zone peu dense).
  • Les sites olympiques devraient être couverts en 5G.

2025

  • Couverture des grands centres urbains et des axes de type autoroutier (16 642 km).
  • L’accès à la 5G devra être possible pour deux tiers de la population.
  • Chaque opérateur devra avoir déployé 10 500 sites 5G (dont 2 625 en zone peu dense).

2027

  • Couverture des routes principales (54 913 km).

2028

  • Second point d’étape sur la mise en œuvre des obligations et sur les besoins.

2030

De futures fréquences

La 5G doit permettre de bénéficier de débits allant au-delà de la barre des 10 Gbit/s. Ainsi, même un film en haute définition sera téléchargé dans des délais très courts. Cette norme délivrera aussi un temps de latence fortement réduit et préservera davantage l’autonomie des appareils. Mais au-delà des particuliers, la 5G est très attendue par les industriels : villes intelligentes, objets connectés, voitures autonomes, etc.

Cette norme est une «  génération de rupture [qui] permettra un saut de performance », observe le régulateur des télécoms. Aussi n’est-il pas surprenant de le voir enchaîner les consultations sur d’autres plages de fréquences. C’est le cas des ondes millimétriques (au-delà de 26 GHz) et de la bande L (1,5 GHz). En février 2019 par exemple, des plateformes d’expérimentation sont possibles pour les premières.

https://www.arcep.fr/actualites/les-communiques-de-presse/detail/n/5g-6.html
Atouts et inconvénients de plusieurs bandes 5G. // Source : ARCEP

Et ce n’est pas tout. Le 22 novembre, l’Union internationale des communications (UIT), une agence des Nations unies, a retenu de nouvelles ondes lors de la conférence mondiale des radiocommunications. C’est le cas des bandes  37 à 43,5 GHz, 45,5 à 47 GHz, 47,2 à 48,2 GHz et 66 à 71 GHz. D’autres bandes (700 MHz et celles utilisées pour la 2G, la 3G et la 4G) devraient elles aussi être recyclées pour la 5G à terme.

« Une société numérique ne peut se faire sans réseaux 5G  », déclarait en décembre 2017 la ministre estonienne Urve Palo, lors de l’adoption de la feuille de route. Son gouvernement présidait alors l’Union. « Les citoyens ont besoin de ces réseaux 5G, mais aussi les appareils qui nécessitent un accès internet fiable et à haut débit, pour traiter un volume toujours croissant de données ». Aux opérateurs de faire le reste

(mise à jour du calendrier avec les informations de l’Arcep du 11 juin)

Article publié initialement le 6 décembre 2017

Crédit photo de la une : Claire Braikeh pour Numerama

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