Le cap est fixé : en 2020, entre cinq et dix villes françaises doivent être couvertes par la 5G. Depuis le 31 décembre 2019, les opérateurs peuvent candidater pour obtenir des fréquences en vue de fournir de l'ultra haut débit mobile.

Le top départ pour la 5G est donné. Depuis le 31 décembre 2019, et jusqu’au 25 février 2020, les opérateurs sont invités à envoyer au régulateur des télécoms un dossier de candidature sur la 5G. Chaque demande sera évaluée et, lors du premier semestre, les lauréats seront connus.Il est attendu qu’Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile obtiennent tous des fréquences.

Et ensuite ? En principe, les premières offres commerciales seront proposées au cours de l’année. Fin 2017, les pays membres de l’Union européenne avaient approuvé une feuille de route fixant le calendrier général du déploiement de l’ultra haut débit mobile. Il était alors question de couvrir au moins une ville par pays. En France, l’objectif est plus ambitieux : il est prévu de desservir entre cinq et dix villes.

5G réseau
Entre cinq et dix villes françaises devraient profiter de la 5G fin 2020. // Source : Kārlis Dambrāns

Il faut dire que les essais sur la 5G ont fleuri sur tout le territoire. Dans plusieurs villes, de Bordeaux à Douai en passant par Lille, Villeurbanne, Nantes ou bien Marseille et Toulouse, Orange, SFR ou encore Bouygues Telecom ont multiplié les annonces sur la 5G. À titre d’exemple, Bouygues Telecom s’est par exemple félicité, début 2019 d’avoir passé un appel 5G « en conditions réelles » à Lyon.

Depuis, les choses se sont accélérées. L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes a présenté les diverses obligations que devront respecter les opérateurs (couverture, calendrier du déploiement, débit, etc.). La procédure d’attribution a aussi été dévoilée, avec un mécanisme mixte (certains blocs seront vendus à prix fixe, d’autres non) et des facilités de paiement.

Que va-t-il désormais se passer ?

En synthétisant les informations données au fil du temps par le régulateur des télécoms, les annonces du gouvernement ainsi que la feuille de route établie par les ministres de l’Union européenne, il est possible d’aboutir à un calendrier qui présente les grandes étapes à venir pour l’ultra haut débit mobile, et cela jusqu’en… 2030. Un calendrier qui sera amené à évaluer, en fonction d’annonces ultérieures.

Le calendrier à venir

2019

2020

2022

  • Chaque opérateur devra avoir déployé 3 000 sites 5G.

2023

  • Disponibilité, au plus tard, de la bande 1,5 GHz pour la 5G.
  • Premier point d’étape sur la mise en œuvre des obligations et sur les besoins.
  • Lancement, au plus tard, des services différenciés (« slicing ») en 5G.

2024

  • Chaque opérateur devra avoir déployé 8 000 sites 5G (dont 4 000 en zone peu dense).
  • Les sites olympiques devraient être couverts en 5G.

2025

  • Couverture des grands centres urbains et des axes de type autoroutier (16 642 km).
  • L’accès à la 5G devra être possible pour deux tiers de la population.
  • Chaque opérateur devra avoir déployé 10 500 sites 5G (dont 2 625 en zone peu dense).

2027

  • Couverture des routes principales (54 913 km).

2028

  • Second point d’étape sur la mise en œuvre des obligations et sur les besoins.

2030

De futures fréquences

La 5G doit permettre de bénéficier de débits allant au-delà de la barre des 10 Gbit/s. Ainsi, même un film en haute définition sera téléchargé dans des délais très courts. Cette norme délivrera aussi un temps de latence fortement réduit et préservera davantage l’autonomie des appareils. Mais au-delà des particuliers, la 5G est très attendue par les industriels : villes intelligentes, objets connectés, voitures autonomes, etc.

Cette norme est une «  génération de rupture [qui] permettra un saut de performance », observe le régulateur des télécoms. Aussi n’est-il pas surprenant de le voir enchaîner les consultations sur d’autres plages de fréquences. C’est le cas des ondes millimétriques (au-delà de 26 GHz) et de la bande L (1,5 GHz). En février 2019 par exemple, des plateformes d’expérimentation sont possibles pour les premières.

https://www.arcep.fr/actualites/les-communiques-de-presse/detail/n/5g-6.html
Atouts et inconvénients de plusieurs bandes 5G. // Source : ARCEP

Et ce n’est pas tout. Le 22 novembre, l’Union internationale des communications (UIT), une agence des Nations unies, a retenu de nouvelles ondes lors de la conférence mondiale des radiocommunications. C’est le cas des bandes  37 à 43,5 GHz, 45,5 à 47 GHz, 47,2 à 48,2 GHz et 66 à 71 GHz. D’autres bandes (700 MHz et celles utilisées pour la 2G, la 3G et la 4G) devraient elles aussi être recyclées pour la 5G à terme.

« Une société numérique ne peut se faire sans réseaux 5G  », déclarait en décembre 2017 la ministre estonienne Urve Palo, lors de l’adoption de la feuille de route. Son gouvernement présidait alors l’Union. « Les citoyens ont besoin de ces réseaux 5G, mais aussi les appareils qui nécessitent un accès internet fiable et à haut débit, pour traiter un volume toujours croissant de données ». Aux opérateurs de faire le reste

(mise à jour du calendrier jusqu’en 2030)

Article publié initialement le 6 décembre 2017

Crédit photo de la une : Claire Braikeh pour Numerama

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