La troisième et dernière journée des enchères pour de nouvelles fréquences 5G s'est achevée. Orange remporte le plus de blocs. Pour l’État, l'affaire est une réussite financière, sans pour autant être un trop lourd fardeau pour les opérateurs.

Les enchères pour des fréquences supplémentaires sont désormais terminées. Après trois jours de bataille entre les quatre opérateurs en lice (Orange, SFR, Bouygues Telecom et SFR), tous les blocs qui étaient en jeu ont trouvé preneur. Il y en avait onze de 10 MHz à se partager. Le résultat des courses est le suivant : Orange en récupère quatre, SFR trois, Bouygues Telecom deux et Free Mobile deux.

1,386 milliard d’euros dépensés pour 11 blocs 5G

Pour l’État, l’opération est une réussite sur le plan financier. Au départ, ces 11 blocs valaient 770 millions d’euros (70 millions d’euros le bloc). Grâce aux trois jours d’enchères, le prix global est passé à 1,386 milliard d’euros (126 millions d’euros le bloc) après dix-sept tours de compétition. Après le premier jour, le bloc valait 85 millions d’euros, puis 111 millions d’euros le deuxième jour.

À cette somme, il faut ajouter les 350 millions d’euros que chaque opérateur devra régler pour un premier bloc de fréquences de 50 MHz qui a été attribué d’office au moment de la validation de leur dossier, en début d’année, au moment du lancement officiel de la procédure  d’attribution des licences 5G. Comme il y a quatre opérateurs, le total atteint 1,4 milliard d’euros.

Globalement, l’État récupère donc 2,8 milliards d’euros dans ce processus de valorisation de son patrimoine immatériel — ce que sont les fréquences électromagnétiques à travers lesquelles les communications circulent (2G, 3G, 4G, 5G, Wi-Fi, etc.). C’est un montant très important à dépenser pour les opérateurs, mais des facilités de paiement sont prévues, sur quinze et quatre ans.

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Les opérateurs bataillent pour obtenir des fréquences 5G supplémentaires. // Source : Claire Braikeh pour Frandroid

 

Lors des enchères, les opérateurs avaient la possibilité de postuler au maximum pour cinq blocs. Cette limite a été décidée le régulateur des télécoms (Arcep) pour ne pas se trouver dans la situation où un opérateur très riche empêche les autres de pouvoir en récupérer, ce qui aurait pu entraîner par la suite une distorsion de la concurrence sur le marché de la 5G — qui irait en effet chez un opérateur n’ayant presque pas de fréquences ?

La répartition des blocs illustre le rapport de force très différent entre les opérateurs. Orange s’en tire le mieux, avec quatre blocs (même s’il en visait cinq au départ).  SFR a obtenu les trois blocs qu’il visait, tout comme Free Mobile, avec deux. Bouygues Telecom a dû faire l’impasse sur un bloc, puisqu’il n’en récupère plus que deux.

Pour autant, ce n’est pas encore terminé. Il est prévu une enchère « de positionnement » en octobre pour déterminer la place des blocs de chaque lauréat dans la bande 3,5 GHz, qui est utilisée pour lancer la 5G en France. Ensuite, il faudra encore délivrer les autorisations d’utilisation des fréquences et les publier au Journal officiel. Viendra ensuite le moment où les offres commerciales pourront être lancées, et le réseau, construit.

(mise à jour avec le bilan des enchères)

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