En 2020, SpaceX doit débuter les premières rotations d'équipage vers la Station spatiale internationale. Il s'agira d'un saut de géant pour l'entreprise américaine. En attendant, elle propose une vidéo en images de synthèse montrant à quoi cela va ressembler.

C’est devenu une habitude : avant chaque étape symbolique de son aventure spatiale, SpaceX propose désormais une vidéo en images de synthèse qui montre, de manière idéale, de quelle façon elle doit se dérouler. C’est ainsi que l’entreprise américaine a imaginé le vol parfait de Falcon Heavy avant qu’ait lieu le tout premier test grandeur nature, et qu’elle a présenté sa vision d’une mission avec le Starship.

Aujourd’hui, SpaceX propose une nouvelle séquence virtuelle. Ce lundi 30 décembre, Elon Musk, fondateur de l’entreprise, a publié une vidéo sur Twitter qui donne une petite idée de ce à quoi pourrait ressembler une mission devant acheminer des astronautes entre la Terre et la Station spatiale internationale. En effet, SpaceX se prépare depuis plusieurs années à assurer ces opérations, comme Boeing.

Le vol parfait tel que l’imagine SpaceX

Bien sûr, cette simulation de ce vol habité n’est rien d’autre que de la communication. On y voit un équipage de deux astronautes monter à bord de la capsule Dragon V2, dans la lueur d’une douce matinée, avant de procéder aux ultimes manipulations avant la mise à feu — le tout avec un ralenti très cinématographique et une musique forcément très inspirante. On note au passage que ce sont les combinaisons spatiales de SpaceX qui sont représentées à l’image.

Dans l’espace, les différentes phases s’enchaînent alors dans une séquence réduite : séparation du premier étage puis du vaisseau spatial, manœuvre d’approche jusqu’à la Station spatiale internationale et arrimage. Ensuite, au bout de quelques semaines, vient le temps du voyage de retour. Une fois à bord, les astronautes assistent au détachement de la capsule et à son retour sur Terre, freinée progressivement par des parachutes ainsi que par une série de moteurs-fusées.

Un pas de géant à accomplir

SpaceX a déjà démontré depuis de nombreuses années sa capacité à rejoindre l’ISS. En effet, l’entreprise américaine participe depuis 2012 aux opérations de ravitaillement de la station, avec d’autres prestataires. Ses livraisons incluent des vivres, mais aussi des pièces de rechange, des instruments pour conduire des expériences scientifiques ainsi que divers équipements en fonction des besoins à bord.

Mais le transport d’un équipage est une autre paire de manches. On peut se permettre de perdre un cargo de ravitaillement. Pas un vaisseau de transport. Aussi l’entreprise travaille-t-elle d’arrache-pied depuis plusieurs années pour atteindre les seuils d’exigence fixés par l’agence spatiale américaine, qu’il s’agisse de la fusée qui transportera l’équipage, des moteurs-fusée ou bien les systèmes d’évacuation, avant le vol ou pendant le vol. Au cas où.

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Un exemple de test d’évacuation s’il faut quitter en urgence la zone de décollage. // Source : SpaceX

C’est d’autant plus nécessaire que SpaceX a connu en avril un grave incident de parcours : la société a assisté impuissante à la destruction complète de sa capsule habitable, à cause d’une grave « anomalie ». Une enquête préliminaire conduite en juillet a mis en lumière une « défaillance d’un composant en titane dans un environnement de peroxyde d’azote sous haute pression  ». Cela a déclenché l’inflammation du clapet anti-retour puis l’explosion.

Cela étant, l’année écoulée a aussi eu son lot de succès. Quelques semaines auparavant, SpaceX a réussi à envoyer sans encombre la capsule habitable Crew Dragon jusqu’à l’ISS et l’y maintenir une semaine. Elle a ainsi pu être visitée par l’équipage de l’ISS, avant de  revenir sur Terre. Par sécurité, la capsule n’avait accueilli personne à son bord. On y trouvait qu’un mannequin.

2020 devrait toutefois marquer un tournant, car l’entreprise doit en principe procéder à un test grandeur nature avec une capsule habitée dans les mois à venir. Pour le patron de la NASA, cela pourrait même avoir lieu au cours du premier trimestre. Elon Musk est toutefois plus prudent : si la capsule est prête en février, il estime qu’il faudra encore « quelques mois » pour vérifier tous les points de contrôle.

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Crédit photo de la une : SpaceX

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