Sous le regard attentif de la NASA, SpaceX a réalisé un essai statique d'une procédure d'évacuation de la capsule habitable Dragon V2 si une anomalie survient pendant un vol vers l'ISS. Un autre essai doit avoir lieu, cette fois en éloignant vraiment la capsule de son point de départ.

L’accès a l’espace est difficile, a-t-on coutume de dire. Aussi, il est impératif de se préparer au pire. C’est justement ce que fait SpaceX depuis plusieurs mois : dans le cadre des futurs vols habités que l’entreprise américaine devra assurer seule, des essais sont en cours pour qualifier les procédures à suivre et vérifier la fiabilité des équipements qui seront mis en œuvre le jour J.

L’un de ces entraînements vient justement d’avoir lieu en Floride. Lors d’une mise à feu statique — c’est-à-dire sans décollage –, SpaceX a allumé les différents propulseurs du vaisseau spatial Dragon V2, qui officiera en tant que capsule habitable lorsqu’elle fera la navette entre la Terre et la Station spatiale internationale. Toute la séquence a duré près de 70 secondes.

Il s’agissait d’un test crucial : ces allumages, qui se sont déclenchés selon une séquence bien précise, visaient à vérifier si le Dragon V2 peut être éloigné très rapidement de la fusée si jamais une anomalie sérieuse est détectée après le décollage de celle-ci. Au mois de septembre, SpaceX avait procédé à un essai similaire, mais cette fois en simulant des évacuations avant le vol.

Dragon V2 dispose de deux systèmes de propulsion : il y a tout d’abord Draco (au nombre de seize moteurs) qui sert à manœuvrer en orbite et à corriger la trajectoire de la capsule. Il y a ensuite SuperDraco (huit), qui doit servir à sauver l’équipage en éjectant la capsule si le lanceur est en perdition, mais aussi à freiner l’arrivée de la capsule sur Terre ou en mer (avec l’aide de parachutes).

SuperDraco SpaceX
Le moteur-fusée SuperDraco à l’essai, en 2014. // Source : NASA

Un autre test planifié

Ici, le test a surtout consisté à faire fonctionner pendant près de neuf secondes les huit moteurs SuperDraco — soit la durée qui serait observée si le scénario d’une évacuation pendant le vol s’imposait. Les moteurs Draco ont aussi été utilisés, mais plus brièvement (deux allumages d’une seconde chacun). Ces moteurs pourraient servir dans ce cas de figure à orienter correctement la capsule en cas d’urgence.

Il est à noter que Boeing a réalisé lui aussi un essai similaire avec sa propre capsule, le CST-100 Starliner, au début du mois de novembre. Contrairement à SpaceX qui a produit un test statique, Boeing a vraiment fait partir son véhicule spatial à toute allure depuis le banc d’essai, jusqu’à une zone éloignée de 1,6 km du point de départ. Boeing a aussi été retenu par la NASA pour opérer des vols habités.

Il est prévu que SpaceX fasse de même prochainement. Une date sera prochainement communiquée, lorsque les données de la mise à feu statique auront été entièrement revues et prises en compte, et l’équipement aura été inspecté.

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