Alors que la reprise épidémique fait planer la menace d'une cinquième vague, Emmanuel Macron a pris la parole ce 9 novembre pour annoncer de nouvelles mesures de lutte contre le Covid-19. Parmi elles, l'obligation d'une dose de rappel vaccinal pour les plus de 65 ans.

Cela faisait plusieurs mois qu’Emmanuel Macron n’avait pas fait d’allocution solennelle sur la situation sanitaire de la France, mais la reprise épidémique fait planer la menace d’une cinquième vague de Covid-19. Le président de la République a donc pris la parole ce 9 novembre à 20h pour dévoiler de nouvelles mesures destinées à endiguer la progression du coronavirus. « La cinquième vague a commencé en Europe », avertit Emmanuel Macron.

Le président de la République a notamment annoncé qu’une dose de rappel vaccinal serait obligatoire, dès le 15 décembre, pour les personnes plus de 65 ans qui souhaiteraient conserver un pass sanitaire valide par ce biais. Il a également encouragé les personnes encore non-vaccinées à ne pas tergiverser : « Mon premier message est un appel à l’esprit de responsabilité des 6 millions d’entre vous qui n’ont encore reçu aucune dose de vaccin. Vaccinez-vous. »

Les derniers arbitrages ont été faits ce matin lors d’un conseil de Défense, mais différents scénarios étaient à l’étude depuis des semaines. Des modifications du code de TousAntiCovid-Verif avaient d’ailleurs donné des indices sur le contenu des annonces, en amont de l’allocution présidentielle.

Le résumé de l’allocution d’Emmanuel Macron ce 9 novembre

  • Une campagne de rappel sera lancée en décembre pour les personnes âgées de 50 à 64 ans.
  • À partir du 15 décembre, les personnes de plus de 65 ans et les personnes « les plus fragiles » devront justifier d’un rappel pour prolonger leur pass sanitaire.
  • La cinquième vague a commencé en Europe
  • En dix mois, plus de 100 millions de doses de vaccin ont été injectées en France
  • Six millions de Français n’ont reçu aucune dose de vaccin
  • La construction de réacteurs nucléaires va être relancée en France
Allocution d’Emmanuel Macron du 9 novembre. // Source : Capture d’écran YouTube Emmanuel Macron

Une troisième dose de vaccin contre le covid

C’était l’une des prises de position les plus attendues de l’allocution : va-t-il y avoir une dose de rappel sur les vaccins anti-Covid pour certaines catégories de la population ? Emmanuel Macron a répondu à la question ce 9 novembre : à partir du 15 décembre, une dose de rappel va être requise chez les personnes de plus de 65 ans et les populations les plus fragiles qui ont déjà un schéma vaccinal complet, et souhaiter le conserver. À noter que les personnes atteintes de comorbidités sont encouragées à faire cette dose de rappel, mais ne seront pas contraintes de le faire.

Jusqu’à présent, plusieurs catégories de personnes étaient éligibles à une troisième dose, mais celle-ci n’était pas obligatoire. Elle était proposée aux personnes de plus de 65 ans, aux résidents d’Ehpad, aux personnes à risques, aux professionnels de santé et enfin aux personnes ayant reçu le vaccin monodose Janssen. Cela représente 7,7 millions de personnes. Mais la campagne de rappel peinait à décoller (moins de 50 % des personnes éligibles ont reçu cette dose booster).

Les rumeurs sur l’obligation imminente d’une troisième dose n’ont cependant visiblement pas échappé aux Français et aux Françaises. Doctolib a révélé que les prises de rendez-vous pour une dose de rappel ont fortement augmenté ces derniers jours, avec 98 000 demandes enregistrées soit deux fois plus que la moyenne des sept jours précédents.

Le recours au pass sanitaire validé avant l’allocution

Quelques heures avant l’allocution présidentielle, le Conseil Constitutionnel a validé le recours au pass sanitaire jusqu’au 31 juillet 2022. Il a en revanche censuré la possibilité pour les directeurs et directrices d’établissements scolaire d’avoir accès au statut vaccinal des élèves.

Pour être valide, le pass sanitaire d’une personne doit comporter l’un des trois documents suivants :

Un pass sanitaire est nécessaire pour accéder à de nombreux lieux accueillant du public — restaurant, salle de sport, cinéma, etc.

Le bilan actuel de l’épidémie Covid-19 en France

Les vaccins contre le Covid, notamment ceux basés sur la technique dite d’ARNmessager continuent de susciter des interrogations chez certaines personnes. Ils ont cependant permis de stabiliser la situation sanitaire en France ces derniers mois. Comme le révèle VaccinTracker, à ce jour, 76,6 % des Français ont reçu au moins une dose de vaccin et 74,9 % ont reçu toutes les doses qui étaient requises jusqu’à présent.

Les chiffres les plus récents suggèrent cependant une reprise épidémique. Comme le révèle les dernières données du site CovidTracker, le taux de nouvelles contaminations s’établit désormais à 6 959 nouveaux cas chaque jour, ce qui représente une hausse de 23 % par rapport à la semaine précédente.

Il y a désormais, en moyenne, 83 admissions en soins critiques chaque jour ce qui, là encore, est une hausse significative (de 49 % cette fois) par rapport à la semaine dernière. Au 8 novembre, on comptait par ailleurs 40 décès hospitaliers dûs au Covid-19 chaque jour.

Nucléaire : la construction de réacteurs relancée en France

En pleine COP26, le président de la République a également consacré une partie de son allocution à l’énergie. « Si nous voulons notre énergie à des prix raisonnables, il faut économiser notre énergie et investir sur l’énergie décarbonée sur notre sol  ».

Le point à retenir du discours d’Emmanuel Macron, dans ce domaine, concerne le nucléaire. « Nous allons, pour la première fois depuis des décennies, relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays ». Emmanuel Macron estime que le renforcement du nucléaire permettra d’assurer « l’indépendance énergétique de la France » et de réduire les émissions de gaz à effet de serre du pays.

Reste à voir à quels types de chantiers précisément le président fait référence. En octobre dernier, la France avait annoncé un investissement d’un milliard d’euros dans le développement de Small Modular Reactor (SMR), des mini-réacteurs nucléaires dix fois moins puissants que des réacteurs classiques. Le président a précisé que la France continuerait aussi de développer les énergies renouvelables.

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