Battlefield 2042 peut effrayer celles et ceux qui auraient moins l'habitude des modes en ligne. Tout le contraire d'Halo Infinite, véritable surprise de cette fin d'année.

Cette année, les deux jeux tirés de franchises mastodontes Call of Duty : Vanguard et Battlefield 2042 ont un point commun inattendu : ils déçoivent. Call of Duty : Vanguard affiche un piètre score de 4,2 sur 10 (donné par les utilisateurs de Metacritic). Battlefield 2042 fait encore pire, avec 3,5 sur 10. On pensait que ces valeurs sûres pouvaient résister à tout mais, aujourd’hui, c’est davantage l’anonymat qui les guette.

Pourtant, mes premières parties sur Battlefield 2042 ne préfiguraient pas un tel scénario. Il faut dire que les ambitions derrière le jeu de tir de DICE sont immenses — à commencer par cette opportunité d’être plongé dans des batailles à 128 joueurs, sur des cartes étendues et alimentées par des événements climatiques ébouriffants (du grand spectacle, en résumé). Derrière cette esbroufe, la recette ne semble plus prendre. La faute, notamment, aux nombreux bugs rencontrés par les joueuses et les joueurs (on en a observé quelques-uns). Le premier week-end a carrément été désastreux, selon un article d’Eurogamer publié le 15 novembre.

Une tempête de sable dans Battlefield 2042 // Source : Capture Xbox

Et si Halo Infinite était la surprise multijoueur de cette fin d’année ?

Call of Duty : Vanguard trop scolaire ? Battlefield 2042 mal embarqué (en attendant que les développeurs rectifient le tir) ? Et si le grand gagnant de cette histoire se nommait Halo Infinite… L’exclusivité Xbox, qui a connu un gros retard à cause de premières images risibles, est déjà entre les mains des joueuses et des joueurs. Lundi 15 novembre, après sa conférence commémorant le 20e anniversaire de la première console Xbox, Microsoft a lancé par surprise le mode multijoueur d’Halo Infinite (qui est gratuit). Sur Steam, les premières évaluations sont « plutôt positives ». Quelques parties suffisent pour être conquis, exception faite d’un système de progression un peu trop démotivant (car trop lent).

Halo Infinite // Source : Microsoft

Pourtant, Halo Infinite n’a pas cet argument des 128 joueurs. Aucune de ses bandes-annonces n’en mettent autant dans la vue que celles de Battlefield 2042. Les développeurs de 343 Industries, attendus au tournant, ont opté pour une recette ultra efficace, articulée autour d’un gameplay plaisant. Les mouvements sont dynamiques, le feeling des armes est très bon et il y a un agrément old-school qui fait mouche très vite — le tout avec une solidité technique appréciable (zéro lag, zéro bug). À l’ère du toujours plus d’adversaires, Halo Infinite sait, lui, recentrer l’action sur des petits comités grâce à ses parties courtes en arènes (à 4 contre 4). Même le mode le plus rempli — Big Team Battle — n’accueillera pas plus de 24 joueurs (un record pour la saga). Cet argument de proximité rend l’expérience à la fois plus grisante — les parties s’enchaînent, à l’instar des frags — et plus accessible.

À l’opposé, le gigantisme et le réalisme de Battlefield 2042 peuvent être effrayants, surtout quand on n’a pas le niveau nécessaire pour bien gérer le chaos (la barrière à l’entrée est beaucoup plus élevée). Combien de fois me suis-je retrouvé au milieu de nulle part, servant de cible facile à quelqu’un qui passait par là ? Et je ne parle pas des longues minutes de solitude, en quête d’une escarmouche prenant place au sein de l’une des sept cartes. En ce sens, derrière son gameplay plus technique, voire stratégique, Battlefield 2042 est beaucoup moins amusant. J’en prends pour preuve le titre de cet article de Kotaku partagé le 18 novembre : «  J’adore Battlefield 2042, mais j’ai peut-être un problème  ». Quelques jours plus tôt, le même média titrait « Battlefield 2042 a l’air d’être le mauvais jeu, au mauvais moment ». 

Il y a beaucoup trop de gens dans Battlefield 2042 // Source : Capture Xbox

Battlefield 2042 trouvera peut-être son salut au travers de son mode Portal, qui permet de faire revivre certains anciens opus de la saga (Battlefield 3, Battlefield 1942 et Battlefield Bad Company 2) en proposant un outil de création ultra complet. Outre le potentiel immense (qui dépendra bien évidemment de l’imagination de la communauté), Portal s’appuie sur des sensations d’antan — renvoyant finalement à des époques où les Battlefield faisaient davantage l’unanimité. Pour les puristes, c’est une véritable aubaine, une mine d’or et une excuse pour passer des heures sur Battlefield 2042, malgré tout. Mais les plus nostalgiques trouveront aussi leur compte dans Halo Infinite, qui rappelle vraiment les meilleures heures de la licence Halo.

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