Le jeudi 18 janvier, le Français Ledger annonçait avoir levé 75 millions de dollars. Une des plus prometteuses startups française débute l'année sur les chapeaux de roues et se prend désormais à rêver devenir un géant européen.

Depuis les 30 000 clefs vendues annoncées, de l’eau a coulé : Ledger en compte désormais un million. Une croissance vertigineuse qui vient couronner la très belle année de cette jeune pousse française née à Vierzon, dans le Cher.

À Paris, l’entreprise attise la curiosité et les convoitises : elle recrute à tour de bras, dépasse ses objectifs et est déjà perçue comme la prochaine licorne. « Ce n’est pas tous les jours qu’on voit une telle croissance en France  », nous souffle un proche du dossier financier lors de la soirée organisée par Ledger pour fêter sa levée de fonds.

Une des plus importantes Séries B

Dans un loft réaménagé du deuxième arrondissement, l’entreprise fête ses 75 millions de dollars levés auprès de fonds de capital-risque. Déjà rentable, Ledger a le vent en poupe et n’a eu aucun mal à convaincre des investisseurs. Ils sont par ailleurs réunis ce jeudi soir, coupe à la main, pour applaudir Eric Larchevêque, cofondateur, lorsqu’il déclare vouloir faire de Ledger le premier des géants européens.

Avec « une des plus importantes Séries B dans l’univers de la Blockchain et des cryptomonnaies », comme le rappelle le communiqué de l’entreprise, Ledger a les moyens de ses ambitions. Face à ses investisseurs, M. Larchevêque ironise déjà : « Qu’est ce qu’on va faire de tout cet argent ?  ». Avant de développer ses grands objectifs : investir dans la R&D, s’étendre à l’international et mettre à l’échelle son business.

À terme, la recherche et le développement engagé par la société doivent faire des clefs une porte d’entrée dans le monde des crypto-projets. Lors de son discours, Eric Larchevêque, fondateur, rappelle son intuition : « Tout comme Internet précédemment, la blockchain est un nouveau protocole qui représente un nouveau paradigme et verra émerger des géants technologiques dont, on l’espère, Ledger.  ».

Fabriquer des pioches

Côtés investisseurs, le fonds Draper Esprit a fait de Ledger son premier investissement français, et son premier investissement majeur dans les technologies des cryptomonnaies. Avec malice, une employée du VC nous rappelle : « Il faut se souvenir que ceux qui ont fait fortune lors de la ruée vers l’or, ce n’était pas les pionniers, mais ceux qui fabriquaient des pioches  ».

Et en effet, les cours attractifs des cryptomonnaies font le bonheur et l’obsession de centaines de milliers d’investisseurs pendant que des Ledger et Coinbase jouissent de l’élan et de l’intérêt pour ces technologies.

Les aléas du BitCoin ont encore un effet sur la croissance de la startup, mais sa diversification à venir devrait minimiser les risques liés à ces mécaniques. D’une simple clef portefeuille pour les cryptomonnaies, le Français veut tirer des solutions professionnelles comme le Ledger Vault.

Dans les bureaux investis en décembre par la jeune pousse, les nouvelles recrues et les investisseurs se bousculent ce jeudi soir. Les discussions, alimentées par des excellentes nouvelles, promettent un Nouveau Monde et des géants nouveaux. Des t-shirts maisons sérigraphiés Série B sont prévus. En France, ce n’est pas tous les jours que les startups ont de tels problèmes de riches.

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