Dans les bureaux des jeunes startups américaines, une étrange révolution est en marche : on ne code plus en baskets. Inspirées, consciemment ou non, par le personnage Don Draper de la série Mad Men — directeur artistique arpentant son agence publicitaire en chaussettes — de plus en plus d’entreprises imposent le déchaussage à l’entrée. Cette culture du travail en pantoufles, voire pieds nus, est mise en lumière par le New York Times dans un article paru le 2 janvier 2026.
La culture du « 996 » en toile de fond
Adepte de la pratique, Ben Lang, employé de la startup de codage Cursor, poste régulièrement sur son compte X des photos de chaussures éparpillées à l’entrée des locaux de la société basée à New York. Dans l’une des dernières, postée en septembre 2025, il assure que « l’équipe de Cursor rajeunit ». Ben Lang est d’ailleurs derrière un « annuaire des bureaux sans chaussures », accessible depuis le site noshoes.fun. Une vingtaine d’entreprises appliquant la politique du déchaussage y sont recensées.
Si certaines d’entre elles affirment vouloir créer une ambiance chaleureuse par une telle pratique, il s’agirait davantage d’un prolongement de l’ère du télétravail, enclenchée par la pandémie de coronavirus en 2020 selon Nick Bloom, spécialiste de la culture du travail et professeur d’économie à l’Université de Stanford.
Dans les colonnes du quotidien américain, il souligne que ce phénomène est « cohérent avec la culture du ‘996’ en vigueur dans la Silicon Valley, où l’on travaille de 9h à 21h six jours par semaine », avant de préciser : « Si vous passez 12 heures au travail, autant porter vos pantoufles au bureau puisque vous ne pouvez pas les porter à la maison. »
Des licornes nées sabots nus
Cette lubie serait-elle devenue un indicateur financier ? Plusieurs entreprises autrefois adeptes du « no shoes » ont depuis atteint le statut très sérieux de licorne, à l’exemple de Substack, plateforme de newsletter qui a fait ses débuts sans chaussures dans l’appartement de son cofondateur. Mark Zuckerberg aurait également lui-même foulé les moquettes de Facebook pieds nus à Palo Alto.
Pour autant, cette utopie du pied déchaussé n’est pas sans risques, entre potentielles mycoses, ongles d’orteils peu esthétiques et autres surprises visuelles dont personne n’avait besoin. Sur X, une internaute ironise, disant espérer que ces bureaux « investissent dans des désodorisants ». En attendant la prochaine grande innovation managériale, une certitude demeure : dans certaines startups, le succès se mesure désormais autant en valorisation boursière qu’en tolérance olfactive.
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