Tous les spécialistes des réseaux sociaux vous le diront : les services comme Linkis sont des plaies qui dégradent l'expérience utilisateur de vos followers. Il est temps de les désinstaller.

D’un côté, vous avez du contenu. De l’autre, vous avez des réseaux sociaux peuplés de personnes prêtes à relayer ce contenu. Au milieu de ces deux groupes, une autre catégorie d’application se dresse : les outils tiers qui vous permettent de gérer ce que vous publiez. Tous les professionnels utilisent un outil de ce genre pour multiplier les options et l’analyse statistique. On trouve dans cette catégorie des noms comme Buffer, Hootsuite ou encore, Tweetdeck. Mais ce troisième groupe a un côté obscur constitué d’applications et d’outils qui vendent une meilleure exposition en échange d’une appropriation du contenu publié par les utilisateurs. 

Dans cette catégorie, les noms changent souvent : quand un acteur se fait démasquer, il finit par perdre ses utilisateurs. Mais comme le gain est facile et viral, un autre prend sa place. En ce moment, celui qui sévit le plus sur Twitter se nomme Linkis. L’entreprise propose aux utilisateurs d’ajouter une « Promo Bar » à leurs tweets qui va leur permettre de mettre en avant leur profil sur les liens qu’ils partagent. En pratique, les liens linkis (ou ln.is) « volent » votre popularité, votre réseau de followers et votre action de relai pour faire de la pub pour Linkis, qui, de son côté, vend d’autres services.

Pour vos followers, l’expérience change : les liens linkis.com ne sont pas des liens raccourcis qui redirigent vers l’url originale. Au lieu d’aller sur le site que vous partagez, qu’il s’agisse de Numerama, du Figaro ou de votre blog, ils se rendront sur Linkis.com, qui affichera une barre disgracieuse avec votre pseudonyme et l’article en arrière-plan.

Vous tombez sur un lien linkis et vous souhaitez le partager ? L’adresse que vous copierez depuis la barre d’adresse sera celle de Linkis et non celle du média ou du site que vous croyez visiter. C’est particulièrement désagréable mais également une bad practice qui ne vous apportera pas plus de followers — tout au mieux parviendrez-vous à agacer quelques personnes qui pensaient aller sur le Huffington Post ou Instagram et ont eu la joie de trouver une pop-up publicitaire.

Bien entendu, les autorisations demandées par Linkis sont nombreuses : l’application peut voir vos followers, publier à votre place, connaître votre adresse mail et mettre à jour votre profil. Rien ne dit qu’elle n’utilisera pas ces pouvoirs à l’avenir pour autre chose que le service qu’elle propose.

Pire encore : si vous utilisez Linkis pour partager le contenu que vous créez, il faut savoir que le service indexe toutes les URL qu’il crée, comme le note un blog spécialisé qui remarquait déjà le phénomène en 2015, bien avant qu’il prenne de l’ampleur. C’est-à-dire que si l’adresse linkis.com est plus partagée que la vôtre, elle peut devenir mieux référencée que l’originale. Un spécialiste du marketing numérique remonté contre l’entreprise invite même tous les médias et possesseurs de sites web à envoyer un mail à infos@linkis.com pour demander de ne plus indexer leurs pages, au prétexte qu’ils n’ont ni le droit d’afficher l’intégralité de leur contenu dans une iframe, ni le droit de changer l’URL du contenu sans leur accord.

Comment désinstaller Linkis ? Malicieuse, l’application devient transparente si vous avez eu le malheur de l’installer et beaucoup utilisent aujourd’hui Linkis sans le savoir. Il faudra aller dans vos paramètres et dans Applications pour révoquer ses accès. Si vous êtes connecté, vous pouvez suivre directement ce lien. Une fois que cela sera fait, les liens que vous publiez cesseront d’être convertis en liens Linkis. Et vos followers vous remercieront.

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