La Nasa a résolu hier un des mystères de l'atmosphère de Mars : où s'est il enfuit et qu'est-ce qui a causé sa perte de densité ?

C’est en grandes pompes que la Nasa a annoncé hier sa nouvelle découverte liée à l’atmosphère de Mars. L’agence spatiale américaine avait prévenu la presse et le monde de la recherche : il fallait s’attendre à quelque chose de gros. Après la preuve que de l’eau à l’état liquide coule sur la planète rouge lors de la saison la plus chaude, nous nous attendions effectivement à une révélation scientifique du même acabit.

L’atmosphère de Mars s’est déversée petit à petit dans l’espace à cause des éruptions solaires qui n’ont été dévié par aucun champ magnétique

Cette fois, c’est à une énigme qui passionnait depuis longtemps les astrophysiciens que la Nasa a répondu : où est passée l’atmosphère de Mars ? Pour expliquer le phénomène découvert de la manière la plus simple possible, on peut dire que l’atmosphère de la planète s’est déversée petit à petit dans l’espace à cause des vents solaires qui n’ont été déviés par aucun champ magnétique. Peu après la naissance de notre système solaire, des vents solaires qui se sont rués à 1,6 millions de kilomètres par heure ont fait perdre à l’atmosphère martienne sa densité qui la protégeait d’un assèchement. Et c’est en refroidissant il y a plusieurs millions d’années que Mars aurait perdu ce fameux champ magnétique qui lui permettait de détourner les vents solaires — champ magnétique qui protège encore la Terre.

C’est grâce à la sonde MAVEN qui a pu observer les effets d’une tempête solaire sur les ions présents dans l’atmosphère martienne en mars dernier que cette découverte a pu être faite. Elle a vu que, quand une tempête de ce genre se présentait, des particules présentes dans l’atmosphère martienne étaient violemment expulsées dans l’espace et très probablement au-delà des limites du système solaire. Une petite tempête augmentait la vitesse de la perte des particules de l’atmosphère dans l’espace d’un facteur de 10 à 20, ce qui nous permet d’imaginer ce que la planète subit lors d’une grosse tempête. Une vidéo a été publiée par la Nasa pour expliquer le phénomène en image.

Sur cette reconstitution, on peut voir à quoi aurait pu ressembler la planète si elle n’avait pas perdu ce bouclier magnétique contre les colères du Soleil. Cela permet aux scientifiques de la Nasa d’affirmer qu’il y a 4,3 milliards d’années, Mars était probablement habitable et que sa surface était recouverte d’océans plus denses en eau liquide que l’Océan Arctique de notre bonne vieille Terre. D’ailleurs, comme l’atmosphère, la sonde MAVEN a révélé que l’eau de ces océans primitifs avaient été aspirée par l’espace après s’être évaporée, au moment où la planète a perdu ses défenses.

Pour résumer ces découvertes, on peut dire que si Mars est aujourd’hui la planète inhospitalière et sèche qu’on connaît, c’est parce qu’un changement climatique brutal et dramatique a refroidi le cœur de la planète jusqu’à la priver de son champ magnétique qui permettait de dévier les vents solaires. Une fois cette barrière levée, le Soleil a attaqué la couche protectrice de l’atmosphère martienne et l’espace a fini par aspirer son atmosphère… et ses océans. L’atmosphère martienne est aujourd’hui, heureusement pour les projets d’exploration humains, tout juste capable de faire en sorte que les vents solaires n’atteignent pas le sol de la planète.

Est-ce que la Terre pourrait être touchée par une phénomène similaire ?

Est-ce que la Terre pourrait être touchée par une phénomène similaire ? Oui, a répondu la Nasa, si nous perdions notre champ magnétique. Pas de panique pourtant : il reste encore très puissant et il faudrait que le cœur de notre planète connaisse un refroidissement extrême pour que cela se produise. En revanche, dommage pour Mars, ce phénomène est irréversible.

En guise de lot de consolation, on sait aujourd’hui que ces conditions entraînent un phénomène comparable à une aurore boréale qui illumine le ciel de la planète rouge. « Dommage qu’aucun astronaute ne soit là-bas sur une chaise longue pour l’admirer  », a commenté Nick Schneider, directeur scientifique des instruments de la sonde MAVEN.

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