Le navigateur web Maelstrom est disponible depuis la mi-avril en version bêta. Développé par BitTorrent Inc, il permet de consulter des sites en P2P. Numerama vous propose un tour d'horizon des grandes fonctionnalités du logiciel.

Depuis la mi-avril, BitTorrenc Inc propose aux internautes de découvrir Maelstrom, un navigateur web dont la particularité réside dans son fonctionnement. En effet, le logiciel permet de consulter des pages en utilisant les spécificités du P2P : au lieu de passer par des serveurs centralisés, les internautes se connectent les uns aux autres pour obtenir les ressources recherchées.

Bien que la conception de Maelstrom soit loin d'être achevée, le logiciel fonctionne. Bâti sur les fondations de Chromium, il ressemble à n'importe quel navigateur : une barre d'adresse est disponible pour inscrire une URL (par exemple www.numerama.com), les pages peuvent être enregistrées dans les favoris, un historique permet de retracer sa navigation et des extensions peuvent être ajoutées.

Mais Maelstrom ne se contente pas de singer les autres navigateurs : il propose aussi une autre manière de surfer sur le net. Bien que la prise en main du logiciel soit simple et conviviale, il est intéressant de faire un tour d'horizon de ce que propose le programme, en particulier du côté des réglages.

Une fois Maelstrom installé (l'exécutable peut être téléchargé sur le site officiel ; seul Windows est supporté, pour l'instant), vous verrez au lancement de l'application une page d'accueil utilisant une adresse bien différente de celle que vous avez l'habitude de voir au démarrage de votre navigateur habituel.

Au lieu de débuter par http://, elle se compose en effet d'un préfixe bittorrent:// suivi d'une partie pointant vers la ressource demandée : 8e65684d700ecc41a09a60ee58991845ea56f734/index.html pointe par exemple vers la page d'accueil du projet Maelstrom. Et pour le coup, on ne peut pas dire que ce type d'adresse soit facile à mémoriser ; il faudra beaucoup utiliser les favoris en attendant système plus lisible.

À l'heure actuelle, peu de sites sont distribués en P2P par BitTorrent sur Maestrom. Sur la page d'accueil, dix-neuf adresses sont proposées : celles-ci pointent vers des mini-jeux, des fichiers à télécharger, de la musique et des applications en ligne. Il s'agit surtout d'une vitrine mise en place en guise de démonstration, afin d'illustrer le fonctionnement de l'accès au site via le protocole BitTorrent.

Pour les utilisateurs expérimentés, il existe des utilitaires qui permettent de mettre à disposition des internautes des sites web en P2P. C'est le cas de torrent-web-tools, à condition d'avoir des pages HTML statiques.

C'est le revers de la médaille du P2P. Le contenu étant distribué entre les utilisateurs, il est quasi impossible de synchroniser les pages pour répercuter sans perte les modifications qui seraient réalisées par les visiteurs des différentes versions distribuées de-ci de-là.

L'autre point qui fera débat concerne l'absence apparent de chiffrement au niveau des accès. En P2P, les participants peuvent potentiellement savoir quelles sont les ressources que l'internaute recherche. Ce n'est pas comme une navigation classique, avec une connexion s'établissant directement entre l'internaute et le serveur, via le fournisseur d'accès à Internet.

Maelstrom est présenté comme un navigateur sécurisé par BitTorrent, et son fonctionnement fait furieusement penser à Freenet, le précurseur du genre. Cependant le chiffrement (sur lequel nous n'avons trouvé aucune information) n'est pas reconnu comme tel par le navigateur, sans doute parce qu'il n'utilise pas les protocoles SSL/TLS recherchés par Chromium .

Lorsque vous cliquez sur l'un de ces sites, un nouvel onglet s'ouvre avec une animation indiquant que l'accès à la ressource est en cours.

Une fois la page chargée, rien ne permet de la différencier d'un accès en HTTP classique, si ce n'est l'URL bittorrent:// située au niveau de la barre d'adresse. Selon nos constatations, en fonction des ressources demandées le chargement peut prendre quelques secondes, sauf si des visites antérieures ont déjà eu lieu (dans ce cas, le chargement sera rapide car maelstrom puisera dans le cache).

Les sites et les images ne sont pas les seuls contenus à être diffusés en P2P. Maelstrom permet aussi de consulter des vidéos par ce système, à ceci près que la vidéo sera streamée via BitTorrent (ce qui n'est pas sans rappeler Popcorn Time et son "Netflix du piratage"). Mais en apparence, ce n'est pas différent d'une vidéo lancée depuis Firefox, Internet Explorer ou Chrome.

Côté paramétrage, Maelstrom produit également un historique des visites, incluant aussi bien les sites web consultés par HTTP que ceux atteints via BitTorrent. Cet historique se trouve dans les réglages, tout comme les options concernant le partage des sites en P2P.

Il est possible de régler l'espace disque que vous réservez au stockage des ressources que vous consultez en P2P (1 Go minimum, Maelstrom recommandant de régler ce paramètre entre 5 et 10 Go. Tout réglage au-dessus de 100 Go est déconseillé pour des raisons de performance).

Maelstrom fournit également une jauge qui permet d'indiquer jusqu'à quel point vous souhaitez aider les autres utilisateurs de Maelstrom : cinq crans sont proposés : aucun torrent actif partagé (ce qui contrevient quelque peu à l'esprit du P2P, où le partage est un élément central de ce type de projet), 4 torrents actifs partagés, 8, 24 ou 256.

Maelstrom propose ensuite des réglages plus classiques pour définir des plafonds de transfert en upload et en download, ainsi qu'une limite globale de transfert. En cochant cette option, l'usager peut ensuite donner une valeur, en Mo ou en Go, à ne pas dépasser pendant une certaine période (plusieurs durées sont proposées, allant de 1 à 31 jours).

Les trois dernières options permettent de renseigner le port à utiliser pour les connexions entrantes (celui-ci peut être choisi aléatoirement à chaque démarrage du logiciel), de régler un serveur proxy lors des téléchargements et d'envoyer des informations anonymes à BitTorrent Inc en cas de crash du logiciel, afin de lui permettre d'améliorer sa stabilité.

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