La situation financière de l'audiovisuel public est un sujet permanent au ministère de la culture. Avec la suppression de la publicité sur France Télévisions après 20 heures, les chaînes publiques connaissent de grandes difficultés. Soucieuse de les aider, Aurélie Filippetti annonce un groupe de travail. Diverses pistes seront étudiées, dont les plus périlleuses sur le plan politique comme une taxe frappant les ordinateurs, les smartphones et les tablettes.

C'est une piste régulièrement évoquée mais qui n'a jamais été mise en œuvre, au point qu'elle a aujourd'hui des allures de serpent de mer. Bien qu'écartée à l'heure actuelle, l'extension de la redevance audiovisuelle aux autres écrans (ordinateurs, smartphones, tablettes…) pourrait bien faire son retour dans l'actualité, à la faveur d'une réflexion sur les recettes du service public et la redevance.

Dans un long entretien accordé au quotidien Libération, la ministre de la culture Aurélie Filippetti a confié la constitution d'un groupe de travail parlementaire chargé de plancher sur les sources de financement de l'audiovisuel public. Dans le même temps, elle s'est montrée assez évasive sur les autres solutions pour soutenir France Télévisions, mais aussi Arte, Radio France, l'INA, RFI, France 24 et TV5 Monde.

Y aura-t-il une nouvelle hausse ? Avec la réévaluation précédente de six euros, dont deux d'inflation, c'est assez peu plausible. Mais pas impossible. Aujourd'hui, la contribution à l'audiovisuel public est de 131 euros en Métropole et 85 euros en France d'outre-mer. "On assume nos choix afin de renforcer la solidité de France Télévisions", lance-t-elle, sans pour autant oser dire les pistes franchement étudiées.

La publicité fera-t-elle son retour sur France TV après 20 heures ? Même si le marché a fortement reculé, et si la fragmentation du paysage audiovisuel se poursuit avec l'arrivée de nouvelles chaînes, c'est une piste qui sera étudiée par le groupe de travail. "Je n’ai pas de tabou, mais attention à ne pas faire croire que tout serait résolu avec un retour de la publicité sur France Télévisions, c’est faux", a-t-elle prévenu.

À défaut d'une hausse de la rémunération elle-même, va-t-on assister à un élargissement de son assiette ? Dit autrement, les ordinateurs, les smartphones et les tablettes seront-ils un jour concernés par ce mécanisme de solidarité avec l'audiovisuel public, à partir du moment où ils sont en mesure de redevoir ses programmes ? Sur ce terrain, la ministre ne dit rien.

Pourtant par le passé, Aurélie Filippetti a fait montre d'un certain intérêt pour cette solution, estimant qu'un tel débat doit se faire sans interdit. Si un tel système voit le jour, pas question néanmoins de faire payer plusieurs fois un foyer équipé de divers écrans. Ce serait une redevance unique par foyer. Se pose aussi la question de son montant : celui-ci sera-t-il moins élevé si son assiette est élargie ? Rien n'est moins sûr.

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