Entre SFR et Free Mobile, la fusion ne devrait pas avoir lieu. Consultée, l'Autorité de la concurrence a expliqué qu'elle s'opposerait à un tel projet : la nouvelle entité aurait en effet un poids trop important dans le secteur de la téléphonie mobile et dans l'Internet fixe.

Entravé par une dette considérable, Vivendi a engagé une réflexion l'an dernier pour la réduire, en cédant certaines filiales, sans pour autant affecter outre mesure ses activités dans les télécommunications et les médias. Divers scénarios ont émergé ces derniers mois, certains crédibles, d'autres beaucoup moins, comme la revente d'Activision Blizzard à Microsoft ou celle de SFR, qui pourrait aboutir à une fusion avec Free.

Concernant la perspective d'une fusion entre SFR et Free, des informations publiées en octobre 2012 par le journal Les Échos ont donné du corps à cette hypothèse. Selon le quotidien économique, des discussions ont été engagées entre la filiale de Vivendi et Iliad, la maison-mère de Free. Cependant, les obstacles techniques, réglementaires, politiques et même internes sont nombreux.

Devant l'agitation causée par ces rumeurs, le PDG de SFR a reconnu que "tout le monde peut s'allier avec tout le monde", tout en rappelant que cela ne valide pas plus une hypothèse qu'une autre. "En ce moment, tout le monde discute avec tout le monde, les jeux sont ouverts", a ajouté Stéphane Roussel, soulignant en outre qu'il y a aujourd'hui trop d'opérateurs en France et qu'une concentration est inévitable.

La fusion entre SFR et Free pourrait-elle se faire ? Probablement pas, souligne BFM TV. Le quatrième opérateur et le géant spécialisé dans la communication et le divertissement sont allés consulter de façon informelle et chacun de leur côté l'Autorité de la concurrence sur cette éventualité. Or, l'autorité administrative indépendante est opposée à tout rapprochement entre les deux opérateurs.

Ce n'est pas tant dans les télécommunications mobiles que se situe le problème. En effet, le nouvel ensemble aurait encore face à lui des concurrents de premier ordre (Orange et Bouygues Télécom), ce qui éviterait un effondrement du jeu de la concurrence. De plus, les usagers auront toujours la possibilité de choisir entre au moins trois opérateurs (sans compter les opérateurs de réseau mobile virtuel).

Ce serait dans le marché de l'Internet fixe. En effet, si le poids de la nouvelle firme serait problématique sur le marché de la téléphonie mobile, il serait néfaste au niveau des accès filaires bas, haut et très haut débit. Cela donnerait naissance un duopole avec Orange et en définitive seuls deux opérateurs régneraient sur ce secteur, ce qui pose des risques évidents de dérives anticoncurrentielles.

Pour espérer avoir le feu vert de l'Autorité de la concurrence, il faut que SFR jette son dévolu sur un opérateur de plus petite envergure ou absent du marché français. Numericable est une piste possible puisque son poids dans l'Internet fixe est moindre que celui de Free et qu'il est un MVNO dans le secteur de la téléphonie mobile. Un proche du dossier a même indiqué que "c'est la piste la plus active actuellement".

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