Après avoir été évoquée un temps, la perspective d'une fusion entre SFR et Numericable a cédé sa place à un autre scénario : celui du rapprochement entre Free Mobile et SFR. Une note chez Natixis a évoqué cette éventualité. En outre, des discussions auraient été engagées entre les deux opérateurs. Mais les obstacles internes, politiques et réglementaires sont multiples.

Écrasé par une dette abyssale, Vivendi songe depuis des mois à se séparer de quelques filiales pour faire rentrer de l'argent frais. Plusieurs scénarios ont été écrits jusqu'à présent, comme le rachat d'Activision Blizzard par Microsoft. Plus récemment, c'est une fusion entre Numericable et SFR qui a été évoquée. Mais depuis quelques jours, c'est la perspective d'une fusion entre SFR et Free qui est dans l'air du temps.

Le journal La Tribune évoque l'existence d'une note rédigée par les analystes de Natixis, dans laquelle est défendu le scénario d'un rapprochement entre les deux opérateurs. Selon eux, la fusion entre SFR et Free aurait du sens et pourrait passer sans difficulté le filtre réglementaire. En tout cas pour ce qui est du mobile. Car dans l'ADSL apparaîtrait alors un duopole, entre Orange d'un côté et Free/SFR de l'autre.

L'Autorité de la concurrence et l'Arcep pourraient alors s'opposer à ce scénario, ne serait-ce que pour préserver la concurrence dans l'accès à Internet filaire. Car non content de créer un duopole, ce scénario aboutirait à un chamboulement des équilibres. Orange, l'opérateur historique, deviendrait minoritaire, avec moins d'abonnés que le nouveau couple SFR/Free.

En plus des synergies entre les deux groupes au niveau des investissements, Free pourrait aussi dénoncer son contrat d'itinérance avec Orange et passer exclusivement par le réseau de SFR, sans payer le moindre droit de passage. Le quatrième entrant n'aurait alors plus besoin d'ériger son propre réseau et attendrait immédiatement un haut niveau de couverture de la population.

Des discussions seraient engagées

Selon le scénario retenu par Natixis, Free se concentrerait sur les solutions téléphoniques à bas coût et l'ADSL. De son côté, SFR se chargerait d'occuper les autres segments, allant des mobiles subventionnés aux offres destinées aux entreprises et aux administrations. SFR se chargerait en outre du déploiement de la 4G et de la fibre optique.

À en croire Les Échos, des discussions ont été engagées entre la filiale de Vivendi et Iliad, la société-mère de Free. Mais celles-ci ne seraient pas aussi avancées que celles actuellement en cours entre SFR et Numericable. Les responsables commerciaux et techniques des deux opérateurs tiennent déjà des réunions, alors que les échanges avec Free démarrent à peine.

Officiellement, les deux opérateurs affirment qu'il n'existe aucun projet en ce sens. Car si par certains aspects, l'union de SFR et Free serait logique, elle rapprocherait deux mondes finalement très différents. D'autant que les deux opérateurs ont déjà croisé le fer devant les tribunaux, ce qui ne constitue pas le meilleur des socles pour démarrer une nouvelle relation.

Reste, enfin, l'avis du politique. Le gouvernement serait-il favorable à un retour en arrière lorsque le secteur des télécoms était dirigé par trois opérateurs ? C'est ce qui surviendrait en cas de mariage entre SFR et Free. Ne resterait alors plus que la nouvelle entité, Orange et Bouygues Télécom, la plupart des autres MVNO, hormis Virgin Mobile et ses 2 millions d'abonnés, faisant de la figuration.

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